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Les chômeurs aussi vont souffrir des mesures drastiques du nouveau gouvernement minoritaire

par Piet van der Lende
Le secrétaire d'État démissionnaire Thierry Aartsen vendredi après l'échec du sommet des Nations unies sur le plastique. © Phil Nijhuis/ANP

Le lundi 23 février, le nouveau gouvernement minoritaire dirigé par Rob Jetten prendra ses fonctions. Le programme gouvernemental de ce cabinet annonce des mesures terribles en matière de sécurité sociale et de soins de santé. […] Un vent glacial va souffler. La situation des chômeurs bénéficiant de l’aide sociale et les conséquences de la réduction de l’allocation de chômage restent un peu sous-estimées dans l’actualité.

À mon avis, le nouveau gouvernement va également prendre des mesures sévères pour remettre les chômeurs au travail (c’est-à-dire les pousser à accepter des emplois précaires). Un nouveau ministère sera créé pour mettre tout cela en œuvre, sous la direction de Thierry Aartsen, membre pur et dur du VVD. Ce ministère s’appellera le ministère du Travail et de la Participation, et viendra s’ajouter au ministère des Affaires sociales et de l’Emploi déjà existant. La loi sur la participation relèvera du nouveau ministère.

Augmentation du salaire minimum

L’accord de coalition le formule ainsi : « C’est pourquoi nous nous engageons de manière ambitieuse à sortir le plus grand nombre possible de personnes de la pauvreté ou à empêcher qu’elles y tombent. Nous constatons également que, bien que le nombre de personnes en situation de pauvreté diminue et soit historiquement bas, la gravité de cette pauvreté augmente. Nous trouvons cette évolution préoccupante et prenons donc des mesures ciblées pour aider ce groupe vulnérable, composé en grande partie de travailleurs pauvres. Nous investissons dans la politique de lutte contre la pauvreté et dans une approche efficace de la prévention de l’endettement. Nous aidons également les malades chroniques à payer leurs frais médicaux. »

Cette citation exprime bien les mesures prises par le parti de droite VVD pour lutter contre la pauvreté. Mis à part l’affirmation contestable selon laquelle la pauvreté est en baisse, aucune mesure n’est prise pour augmenter le salaire minimum. En mars 2024, la Chambre des représentants a débattu de l’augmentation du salaire minimum légal. Une large majorité de la Chambre souhaitait alors que le salaire minimum augmente de 1,2 % à compter du 1er juillet de cette année-là. Selon MKB Nederland (la fédération néerlandaise des PME), cela entraînerait la perte de milliers d’emplois. L’ancien député VVD Aartsen, aujourd’hui ministre, s’est donc opposé à cette augmentation. Selon lui, cette proposition de loi ferait perdre toute motivation au travail. « Cela entraînerait une augmentation des allocations et il n’y aurait aucune différence si vous travailliez davantage. C’est pourquoi je trouve cela imprudent », a-t-il déclaré. Tous les arguments contre une forte augmentation du salaire minimum ont été efficacement réfutés dans la campagne Voor 16 (Pour 16) menée par la confédération syndicale FNV, notamment l’argument selon lequel cela coûterait des emplois et que les gens ne travailleraient plus. Mais Aartsen fait la sourde oreille. Il est impossible de discuter avec un tel homme. Selon lui, pour sortir les gens de la pauvreté, il faut les aider à trouver un emploi, mais les rangs toujours plus nombreux des travailleurs pauvres montrent que cela ne fonctionne pas pour beaucoup d’entre eux.

Exigences linguistiques et réductions de prestations

Le contrat de coalition stipule en outre : « Nous voulons que davantage de personnes trouvent un emploi grâce à la loi sur la participation, surtout dans ce marché du travail tendu. En revanche, nous n’exigerons pas constamment de la petite partie de la population qui est réellement incapable de travailler qu’elle le fasse. »Les communes ont maintes fois fait valoir que la moitié à deux tiers des personnes concernées par la loi sur l’insertion professionnelle sont en fait inaptes au travail et qu’il est illusoire d’espérer augmenter l’accès à un emploi rémunéré pour ce groupe. Mais l’accord de coalition nie cette réalité. Il est question d’un « petit groupe ».

Mais qu’adviendra-t-il du reste du groupe, dont beaucoup ne sont pas aptes au travail ? L’accord de coalition stipule : « Nous réformerons la Participatiewet (loi sur la participation) en misant sur un accompagnement très intensif, en investissant dans les communautés et en collaborant étroitement avec les employeurs (sociaux). Nous poursuivrons dans la voie que nous avons empruntée, en nous appuyant davantage sur la confiance, tout en veillant au respect effectif des obligations qui y sont liées, telles que l’exigence linguistique ou la lutte contre la fraude. Nous nous inspirons à cet égard de modèles qui ont fait leurs preuves, comme celui de Rotterdam. » En d’autres termes, le grand groupe de chômeurs bénéficiant de l’aide sociale fait l’objet en permanence d’appels et de pressions, et se voit imposer des conseillers d’orientation professionnelle sous la menace de déductions de prestations, ce qui contribue à aggraver leur état de santé. De plus, des exigences impossibles à satisfaire, qui figurent dans cette loi mais qui sont restées lettre morte jusqu’à présent, seront imposées, telles que l’exigence linguistique et des mesures disproportionnées de lutte contre la fraude.

Que pense Aartsen des sanctions financières ? Il y a quelque temps, il a été annoncé dans les médias que toutes les personnes bénéficiant du statut de réfugié n’allaient pas trouver un emploi. « Supprimez ces allocations », a déclaré Aartsen. Ainsi, pour les réfugiés sans emploi qui ont souvent subi des traumatismes, il ne souhaite même pas leur laisser une chance de s’en sortir progressivement, éventuellement avec un avertissement. Non, il veut immédiatement supprimer l’aide sociale dont bénéficient ces réfugié·es, le dernier filet de sécurité qu’il leur reste. Nous sommes plus éloigné·s que jamais de l’objectif de voir disparaître toute la politique de sanctions.

Publié le 13 février 2026 par Grenzeloos, traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro