La présentation publique de la charte de KMPM marque une étape positive dans les rapports entre une grande partie des organisations indépendantistes de Martinique. La création de KMPM résulte d’une politique d’interventions communes (soutien au combat contre le « vol de terres », soutien à la Kanaky, action d’éducation populaire à propos de la spoliation impérialiste d’Haïti…) mais aussi de discussions pour dégager des principes politiques communs.
La nouveauté par rapport aux expériences antérieures, c’est que le mot d’ordre d’indépendance est lié à la volonté de se battre pour une « société débarrassée de l’exploitation de l’Homme par l’Homme ». Anticolonialisme, anticapitalisme, internationalisme, démocratie réelle, féminisme et écologie « décoloniale » sont clairement affirmés dans la charte.
La charte exprime aussi une volonté de s’engager dans les luttes populaires pour faire face aux problèmes quotidiens des masses, et chercher des solutions sur la base des positions communes. L’accent est mis sur l’unité à défendre pour résister et vaincre.
Un débat fraternel tenu le 22 mai a permis de vérifier l’espoir créé par cette initiative nouvelle et la possibilité de débattre sereinement d’une question comme le passage de la lutte anti-esclavagiste des siècles passés au combat pour la libération nationale aujourd’hui.
Il nous semble important de replacer la démarche du KMPM dans le contexte de recherches systématiques d’unités d’action dans les dossiers qui nous assaillent : chlordécone, lutte contre la répression, solidarité avec la Palestine, avec Cuba, etc.
Quand on pense que sur le plan électoral, des alliances parfois fort nouvelles existent et recoupent alliances et oppositions diverses, on se rend compte de l’existence d’une recomposition politique susceptible de donner naissance à des énergies et des réflexions nouvelles. Il reste qu’au-delà des chartes, des collectifs, des alliances électorales les plus diverses, le besoin d’un programme ouvrier et populaire partagé persiste. L’urgence de la Martinique et celles du monde nous imposent de ne pas l’oublier.
Publié dans Révolution socialiste n°448 le 25 mai 2026