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Élections Présidentielles Françaises

Bien évaluer les risques, voilà qui nous conduit à mesurer d'emblée les enjeux internationaux des dites élections. Nul doute qu'elles seront observées de partout. Bien des Palestinien·nes, bien des Cubain·es, bien des Bolivien·nes, etc., aimeraient glisser un bulletin dans les urnes françaises de 2027 !

Parce que tout le monde constate que la crise, sans précédent du système monde par la conjonction de ses éléments (géopolitiques, politiques, sociaux, environnementaux…), entraîne une radicalisation vers la droite et vers la gauche.

Au Royaume-Uni, en Allemagne, aux USA, en Espagne, pour ne prendre que quelques pays du même bloc géopolitique que la France, les forces qui montent sont soit du côté des néo-fascistes, soit du côté de la gauche anticapitaliste. Une victoire des néo-fascistes genre Le Pen/Bardella dans la septième puissance du monde, qui se trouve être celle dont nous dépendons, modifierait sérieusement les conditions dans lesquelles se déroule la lutte des classes dans le pays, et bien au-delà. Le mode d'insertion de la France dans le système monde, découlant en grande partie de l'Histoire, renforce notre conviction. En prenant les choses par un petit bout (nullement anecdotique !), il faut imaginer les néo-fascistes, racistes et enragés qui grouillent dans les forces de répression et ailleurs, libérés de toute retenue par la présence de l'un des leurs à la tête de l'État, pour en avoir une idée.

La fureur de Trump contre le gouvernement espagnol du simple fait de sa position digne sur les questions de la Palestine ou de Cuba est éloquente. Un chef d'État français qui défendrait le Liban, agirait pour un front de pays opposés à la marche à la guerre à partir de l'Iran, qui prendrait des mesures contre le blocus de Cuba, qui mettrait fin à la Françafrique, qui soutiendrait en interne et en externe la lutte contre l'écocide mondial, qui lancerait aux peuples un appel à la lutte contre l'impérialisme, serait une bouffée d'oxygène pour tou·tes les partisan·es de la paix dans le monde.

On voit donc que le mot d'ordre « tout sauf Le Pen/Bardella » est insuffisant et dangereux. On en voit le résultat : il n'a jamais donné que Macron comme président. Nous avions un peu choqué avec notre affirmation que Macron était le plus court chemin vers Le Pen. De fait, deux mandats toxiques ont mis Le Pen aux portes du pouvoir. Pas besoin d'être extralucide pour comprendre qu'un Glucksmann, un Cazeneuve, un Hollande au pouvoir ne produirait pas un résultat bien différent.

Les politiques pro-capitalistes, même déguisées en variantes « gauche modérée » ou « gauche anti-mélenchoniste », ne provoqueraient que déception des masses, que dégoût servant de carburant aux droites extrêmes. Il faut bien tenir compte de ce que la vie politique nous enseigne par ses expériences répétées : Trump est arrivé au pouvoir non pas malgré les positions pro-système de Kamala Harris, mais grâce à celles-ci.

Les extrêmes droites anglaises et allemandes progressent grâce à la trahison des dirigeantEs du parti travailliste (le Labour) en Grande-Bretagne et du SPD (Sociaux-démocrates) en Allemagne. Les chances de voir brisé ce cercle vicieux en France, dépendent objectivement de la possibilité d'avoir face à Le Pen/Bardella, une coalition de gauche déterminée autour de la force la plus crédible électoralement à cet égard, représentée par la candidature Mélenchon.

Publié dans Révolution socialiste n°449 le 01 juin 2026