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Coupe du monde : les travailleurs du California Stadium obtiennent le droit de faire grève contre l’ICE

UNITE HERE Local 8 members at the Hilton Embassy Suites have been on strike since June 18. © UNITE HERE Local 8.

Une série de grèves ont eu lieu dans la restauration en raison de la Coupe du monde. Pour les salaires, des contrats, ou pour se défendre face à l’ICE !

Grâce à une victoire syndicale alimentée par la Coupe du monde, les employé·es des services de restauration du SoFi Stadium de Los Angeles ont obtenu le droit de se mettre en grève si l’ICE venait à menacer leur sécurité.

Les 2 000 cuisinier·es, barmans·maid, plongeur·ses, serveur·ses et agent·es d’accueil du stade disposaient cet été d’un levier de négociation majeur : huit matchs de la Coupe du monde au programme. Leur victoire est intervenue quelques jours après un vote à 96 % en faveur de l’autorisation de grève.

Leur prochaine convention collective expirera fin avril 2028, quelques semaines avant les Jeux olympiques d’été de Los Angeles.

« Les travailleurs représentés par la section locale 11 du syndicat UNITE HERE se sont dotés d’un outil important pour assurer leur sécurité et celle de leurs communautés », a déclaré Cassandra Gomez, avocate principale au National Employment Law Project.

Elle a qualifié cette victoire de « particulièrement significative » car à Los Angeles, suite à la récente autorisation de la Cour suprême, l’ICE a déployé des « patrouilles mobiles » qui opèrent en se fondant sur le profilage racial plutôt que de se lancer à la poursuite de personnes spécifiques.

Deux fusillades mortelles impliquant des agents de l’ICE ont semé la terreur au cours de la semaine dernière et suscité l’indignation dans tout le pays. Le 7 juillet, à Houston, des agents ont abattu Lorenzo Salgado Araujo, un père de trois enfants d’origine mexicaine, alors qu’il se rendait à son travail sur un chantier de construction. Le 13 juillet, dans le Maine, des agents ont abattu Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, sous les yeux de sa femme et de sa fille de trois ans. « Elle portait encore son pyjama Bluey », a déclaré un voisin.

Les employés du stade de Los Angeles ont également obtenu des augmentations salariales significatives : les barman·aids et les serveur·ses verront leurs pourboires automatiques augmenter de 30 %, et les employé·es ne recevant pas de pourboires reprendront le travail avec une augmentation de 9 dollars de l’heure.

Un tournant décisif

Pendant ce temps, dans le centre-ville de Philadelphie, autre ville hôte de la Coupe du monde, 200 employé·es des hôtels Sheraton et Warwick ont obtenu en juin des conventions collectives qui porteront les salaires à 30 dollars de l’heure d’ici 2028.

La section locale 274 du syndicat UNITE HERE a également obtenu des augmentations des retraites, ainsi qu’une réduction des quotas quotidiens pour les femmes de chambre.

Au Sheraton, les salarié·es ont fait grève pendant neuf jours ; au Warwick, ils et elles sont allé·es jusqu’à voter l’autorisation d’une grève. Deux autres événements touristiques majeurs ont accentué la pression sur les hôtels pour qu’ils parviennent à un accord : la célébration du 250e anniversaire du pays et le match des étoiles de la Ligue majeure de baseball.

La grève du Sheraton a bénéficié du soutien d’autres syndicats et d’élu·es. Les membres de l’IATSE (Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de ciném) ont refusé de franchir le piquet de grève pour préparer des événements à l’intérieur. Le Conseil de district 33 de l’AFSCME, la Fédération des enseignants de Philadelphie et l’Association des agents de bord ont apporté de la nourriture lors des rassemblements.

La section locale 274 a mené cette année une campagne en faveur de nouvelles conventions collectives plus avantageuses dans huit hôtels du centre-ville ; sept d’entre eux ont désormais conclu des accords, qui expireront tous en 2028.

« Un salaire de 30 dollars de l’heure changera la donne pour moi », a déclaré Shafeek Anderson, qui travaille depuis sept ans au Sheraton. « Cela signifierait que je pourrais enfin commencer à épargner pour l’avenir ».

Départ en grève à 6 h du matin

À Seattle, les employé·es de l’hôtel Hilton Embassy Suites sont en grève depuis le 18 juin.

« Certaines personnes ont quitté leur poste en plein milieu de leur service, à 6 heures du matin, pour nous rejoindre », a déclaré Hayden Eyerly, réceptionniste. « L’ambiance était électrique, et elle l’est restée depuis. »

Ils et elles réclament des salaires plus élevés, l’amélioration de leur couverture santé et le droit de s’absenter sans sanction disciplinaire si des agents de l’immigration se trouvent dans le bâtiment.

Permettre aux employé·es de rester chez eux si l’ICE se trouvait sur place « serait simplement faire preuve d’un peu d’humanité, si Hilton acceptait de le faire », a déclaré M. Eyerly. « Nous essayons simplement de nous préparer de manière préventive à tout ce qui pourrait se produire ici à Seattle, comme nous l’avons vu dans d’autres régions du pays. »

Pendant la grève, Seattle a accueilli cinq matchs de la Coupe du monde au stade Lumen Field, situé juste en face de l’hôtel. « Des supporters se sont joints au piquet de grève et se sont mis à scander des slogans », a déclaré M. Eyerly. « Certains ont même apporté des tambours. »

Les membres du syndicat Teamsters chargés du ramassage des ordures à l’hôtel ont refusé de franchir le piquet de grève. La maire Katie Wilson a déplacé un événement qui devait initialement se tenir à l’hôtel.

Les matchs de la Coupe du monde au stade de Seattle sont désormais terminés, mais les membres maintiennent leur piquet de grève. « C’est frustrant au quotidien, mais cela ne fait que renforcer notre détermination à aller jusqu’au bout », a déclaré à KING 5 News Jus Adsuara, agent d’entretien des espaces publics à l’hôtel.

« Les personnes qui se battent à mes côtés ici continuent de m’inspirer chaque jour », a déclaré Eyerly. « Même lorsque j’ai du mal à scander des slogans parce que mes cordes vocales sont à vif, je trouve l’énergie de continuer grâce à eux. »

Les « créatures de la mer » en grève

À quelques miles de là, les employé·es se sont également mis en grève au restaurant d’huîtres The Walrus and the Carpenter, nominé pour le prix James Beard.

Leur syndicat indépendant, United Creatures of the Sea, s’est constitué l’année dernière après que le restaurant est passé d’un système de pourboires à des frais de service — ce qui a entraîné une forte baisse de salaire. « Je crois que je suis resté éveillé toute la nuit à me documenter sur le format des cartes d’autorisation », a déclaré l’ancien serveur Ford Nickel, désormais secrétaire-trésorier du syndicat.

Après des mois de négociations, les employés ont voté à l’unanimité en faveur d’une grève pour pratique déloyale en matière d’emploi. « Personne n’avait jamais participé à une grève auparavant, et personne n’avait la moindre idée de ce à quoi cela était censé ressembler », a expliqué Nickel. « Je me disais : “Je ne sais pas si les gens vont scander des slogans, peut-être qu’ils vont trouver ça ringard.” Eh bien non ! Tout le monde était partant. »

Un esprit de solidarité a porté les grévistes. Ils et elles se sont rendus aux piquets de grève de l’hôtel ; les grévistes de l’hôtel sont venus aux leurs. D’autres employé·es de restaurant leur ont apporté de la nourriture et de l’eau.

Nickel a estimé que 80 % des clients potentiels avaient choisi de ne pas fréquenter le restaurant après avoir vu le piquet de grève. « Il y avait des gens que nous voyions depuis quatre à six ans », a-t-il déclaré. « Ils nous disaient : “Oh, vous l’avez fait ! On se reverra quand vous rouvrirez, quand vous aurez un contrat. »

Après huit jours de grève, les United Creatures of the Sea ont repris le travail avec une réduction des frais de service de 6 % et un retour au système des pourboires.

Publié le 14 juillet 2026 par Labor Notes

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