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États-Unis : Trump fait campagne sur l’anticommunisme

par Dan La Botz
© Andrea Hanks / White House

À l’occasion de deux discours prononcés pour la fête nationale, Donald Trump a appelé les ÉtasunienNEs à célébrer le 4 juillet en glorifiant l’histoire du pays et en se mobilisant contre le communisme « sans Dieu ». 

Ce discours répond clairement à l’élection récente au Congrès de trois membres des Democratic Socialists of America (DSA), élus sous l’étiquette démocrate. Trump a clairement fait savoir qu’il entend présenter ces éluEs, les autres progressistes et le Parti démocrate comme des « communistes maléfiques », dans le but de conserver une majorité républicaine au Congrès lors des élections de novembre.

Répression de la gauche

Dans le même temps, le département de la Justice de Trump a inculpé et fait condamner plusieurs militantEs de gauche — opposantEs à l’ICE ou soutiens de la Palestine — pour des crimes passibles de lourdes peines de prison, allant de plusieurs années à plusieurs décennies. La combinaison de cette nouvelle rhétorique anticommuniste et de l’intensification de la répression contre la gauche, sous couvert de lutter contre une prétendue organisation terroriste intérieure appelée « antifa », laisse penser que nous pourrions entrer dans une nouvelle période de répression anticommuniste comparable à celles des années 1920 et 1950. Si tel est le cas, c’est l’ensemble de la gauche qui sera en danger. Et cela pourrait bien constituer une nouvelle étape dans le passage de l’autoritarisme au néofascisme.

Dans ses discours, Trump a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis étaient « la plus grande civilisation de l’histoire de l’humanité ». Selon lui, le communisme est « la plus grande menace pour notre pays », plus grave encore que les deux guerres mondiales ou les attentats du 11 septembre 2001 contre New York et Washington.

« Nous assistons aujourd’hui à une résurgence de la menace communiste dans notre pays, notamment de la part de nouveaux arrivants qui adhèrent à des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre grande réussite… Le communisme est une menace mortelle pour la liberté américaine. »

Trump n’a pas mentionné les DSA, pourtant principale organisation de gauche remportant actuellement des élections. Il a préféré désigner le Parti communiste, qu’il décrit comme étant « composé d’immigréEs illégaux, de criminels et de tous ceux qui ne veulent pas travailler ». En réponse, Rossana Cambron, coprésidente du Parti communiste des États-Unis, a déclaré : « Le mouvement MAGA va perdre les élections de mi-mandat, et Trump est désespéré. »

Trump a également affirmé que le Parti démocrate était devenu communiste : « Ils deviennent un parti communiste, pas des sociaux-démocrates. Ce sont des communistes jusqu’au bout. »

Retour de la peur rouge

Les États-Unis ont déjà connu deux grandes « peurs rouges » (Red Scares), l’une dans les années 1920, l’autre dans les années 1950. La première est née dans le contexte de la révolution russe de 1917, de la vague de grèves ouvrières et des attentats anarchistes de 1919. Le ministre de la Justice A. Mitchell Palmer organisa alors des rafles qui conduisirent à l’arrestation de 3 000 personnes et à la déportation de centaines d’autres. Cette vague répressive frappa durement les Industrial Workers of the World, le Parti socialiste et le tout jeune Parti communiste.

La seconde « peur rouge », dans les années 1950, fut largement menée par le sénateur républicain Joseph McCarthy, qui prétendait avoir découvert une infiltration massive du Parti communiste au sein du département d’État. À la tête de la sous-commission permanente d’enquête du Sénat, McCarthy lança des investigations très médiatisées sur une prétendue infiltration communiste des administrations fédérales, des universités et de l’armée. Environ 500 personnes furent appelées à témoigner devant cette commission et plusieurs centaines d’autres devant la Commission des activités anti-américaines de la Chambre des représentants. Beaucoup perdirent leur emploi, furent expulsées de leur logement ou inscrites sur des listes noires. Le Parti communiste fut pratiquement interdit et plusieurs de ses dirigeantEs emprisonnéEs.

Les deux précédentes « peurs rouges » ont renforcé les courants les plus à droite des partis démocrate et républicain et poussé de nombreux militantEs de gauche dans la clandestinité ou hors du mouvement. Nous ne savons pas encore quelles seront les conséquences de la nouvelle « peur rouge » de Trump, mais elle doit être considérée comme une menace sérieuse pour la gauche, les syndicats et les mouvements sociaux.

Le 5 juillet 2026, traduit pour L’Anticapitaliste

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