Entretien avec Can Koçak par Ian Parker. Can Koçak est le représentant en Grande-Bretagne du Parti des travailleurs de Turquie (Türkiye İşçi Partisi), un parti socialiste qui compte actuellement trois députés. Un quatrième, Can Atalay, a été élu en 2023, est emprisonné et a été déchu de son mandat par le Parlement en janvier 2024, une décision que la Cour constitutionnelle a déclarée nulle et non avenue.1Koçak enseigne le journalisme à l’Université du Sussex. Cet entretien est issu d’une réunion publique organisée par AntiCapitalist Resistance à Manchester le 2 septembre, ainsi que de la discussion qui l’a suivie. Les questions posées par la salle ont été intégrées à celles de l’intervieweur. Les notes sont de la rédaction.
Ian Parker : Nous avons proposé le thème du « fascisme rampant » en partie à cause de la situation en Grande-Bretagne. Le fascisme semble frapper à la porte ici, avec Reform UK et tout le reste, et l’idée sous-jacente était que la Turquie pouvait peut-être nous apporter quelques enseignements. Est-ce la bonne manière de poser la question ?
Can Koçak : En partie. Il y a bien cet aspect-là, et je ne veux pas le minimiser. Mais le fascisme est aussi quelque chose qui s’installe progressivement de lui-même. Il pénètre peu à peu la vie quotidienne. Dans le contexte turc, nous parlons d’institutions vidées de leur substance de l’intérieur, de médias progressivement instrumentalisés, et d’aucune mesure prise isolément qui apparaisse comme la fin de la démocratie. Personne n’annonce : « La démocratie prend fin maintenant et le fascisme commence maintenant. » C’est l’accumulation de toutes ces mesures qui finit par constituer un ordre autoritaire.
Je voudrais toutefois dire une chose à propos de cette manière de poser le problème. Cela ne devrait pas être un moment de commémoration, ni de compassion à l’égard de pays prétendument perdus d’avance. Pour une solidarité véritablement internationaliste et anti-impérialiste, nous devons nous rappeler qu’il s’agit du même combat. Il ne s’agit pas de dire : « Racontez-nous votre situation pour que nous soyons mieux préparés à affronter la nôtre. » Il s’agit de nous rassembler pour mener une lutte commune.
La participation aux élections en Turquie est très élevée, bien plus qu’ici. Est-ce un signe de bonne santé démocratique ?
Dans un sens, oui. Cela montre que les gens s’intéressent à la politique, qu’ils s’y investissent. Mais je dirais que c’est aussi un problème, parce que c’est pratiquement la seule manière dont les gens peuvent participer à la politique en Turquie. Toutes les autres voies ont été vidées de leur substance, rétrécies ou fermées.
C’est pourquoi les trois thèmes qui sont ressortis de notre dernier congrès général, en novembre 2025, il y a quelques mois — enfin, pas quelques mois, presque un an maintenant, le temps passe vite — étaient l’indépendance, la démocratie et le socialisme. Lorsque nous parlons de démocratie en ce sens, nous entendons l’ouverture de nouvelles voies permettant aux gens de prendre part à la politique, de prendre leur propre destin en main.
Le chiffre de participation se situe quelque part dans la seconde moitié des 80 % — j’aurais dû le vérifier avant de venir ici. Environ 80 %.2
Et quel est le coût de cette focalisation ?
Deux choses. D’abord, on commence à construire des récits autour de figures providentielles. Telle personne va venir nous sauver ; telle personne va fonder un nouveau parti, elle sera candidate à la prochaine élection présidentielle, elle nous sauvera. Ce qui s’est produit dans l’opposition en Turquie — et je me retrouve à devoir reconnaître que la gauche turque est tombée dans ce piège encore et encore —, c’est qu’après chaque défaite commence la recherche d’un nouveau dirigeant, d’un nouveau parti. Ces recherches sont une forme de fuite. Trouver le prochain bon dirigeant demande beaucoup moins d’efforts que de s’organiser, que de parler aux gens et de les convaincre, que de construire patiemment des relations, des programmes et de nouvelles formes de solidarité. Quelqu’un va venir et le faire à notre place.
La deuxième chose, c’est qu’on se laisse prendre dans certains récits. On regarde les sondages d’opinion et on se dit : bon, cette fois, ils vont forcément perdre, ils ne peuvent tout de même pas se remettre de ça. J’ai cru comprendre que vous aviez ici des discours assez similaires. Nigel Farage ne peut quand même pas survivre à cette histoire de don de cinq millions de livres.
En 2023, vous aviez une crise économique et un tremblement de terre, et Erdoğan a malgré tout gagné.
Oui. L’AKP est redevenu le premier parti et a de nouveau formé le gouvernement. Cela fait maintenant vingt-quatre ans qu’ils sont au pouvoir ; ils sont arrivés en 2002.
On peut relier cela à plusieurs choses. La crise économique était bien réelle et elle frappait durement la population. Mais des régimes autoritaires de ce type ne survivent pas uniquement par la force — même si la force joue elle aussi un rôle réel —, mais également grâce à leur alliance historique et idéologique avec le capital lui-même. C’est ainsi qu’une crise économique ne se traduit pas nécessairement par une défaite électorale.
Plus concrètement, il y a la fragmentation de l’opposition. Le mouvement ouvrier, le mouvement écologiste, le mouvement des femmes, les mouvements LGBT, les mouvements pour le droit à la ville : tous disposent d’une présence relativement forte, tous ont remporté d’importantes conquêtes historiques, et tous ont échoué à se coordonner autour d’un programme commun. Une alternative de gauche doit trouver le programme capable de réunir ces luttes disparates.
Vous parlez de « régime du palais ». Qu’est-ce qui a changé dans la manière dont il parle de lui-même ?
Après deux décennies au pouvoir, ils ne se sentent plus obligés de se légitimer en tant que parti politique. Ils parlent au nom de l’État lui-même. Ils appellent cela la raison d’État, ou l’intelligence de l’État. Plutôt que de s’expliquer devant l’opposition et la population, ils exigent de l’opposition qu’elle explique pourquoi elle ne se range pas aux côtés de l’État. Puisque je représente la raison de l’État, pourquoi n’êtes-vous pas avec moi ? Voilà la logique.
Ce discours neutralise un registre que l’opposition trouve très commode : mettre au jour les contradictions et traquer les scandales. Il y a deux ans, vous disiez X, aujourd’hui vous dites Y. Cela importe finalement assez peu lorsque l’autre camp prétend représenter l’État lui-même.
Quelqu’un dans la salle a trouvé cela étrange. Farage dirait qu’il représente la nation contre l’État. Trump dit qu’il représente le peuple contre l’État. Incarner l’État semble assez inhabituel pour l’extrême droite.
C’est une très bonne remarque. Cela revient presque à dire : nous représentons l’establishment. Mais il y a une nuance, parce que cela se rapproche de la manière dont Trump se présente comme le défenseur des valeurs américaines, ou Farage comme le défenseur des valeurs britanniques, d’une conception authentique de ce que signifie être britannique. Je pense que l’« intelligence de l’État » renvoie plutôt à quelque chose de cet ordre.
À l’échelle mondiale, nous considérons le régime comme faisant partie de ce que nous appelons un ordre sombre, ou une internationale d’extrême droite. Il suffit de regarder les liens et les alliances avec d’autres contextes autoritaires, tous ces régimes soutenus par les États-Unis et par les différents Trump, même si, dans leurs discours, ils semblent parfois s’opposer. J’ajouterais également le régime de Netanyahu à cet ordre sombre, en alliance avec Erdoğan.
Vous avez dit que la gauche avait certaines choses à surmonter. Lesquelles ?
D’abord, cette culture interne de la polémique, cette manière opportuniste de marquer des points en exploitant les erreurs des autres.3La métaphore que j’utilise pour décrire cela est celle du football. Pensez aux matchs à cinq que l’on joue entre amis : des règles informelles et, surtout, pas de hors-jeu. Il est donc très facile d’attendre dans la moitié de terrain adverse que le ballon arrive jusqu’à vous et de marquer un but facile. Je retrouve la même chose dans la politique de gauche.
Il y a ensuite ce sectarisme de clique qui produit des micro-milieux dans lesquels tout contact avec l’extérieur finit presque par être ressenti comme une contamination.
Et puis il y a ce dont nous parlions : laisser l’attente d’un nouveau parti ou d’un nouveau sauveur se substituer à un véritable travail d’organisation. Ce que nous voulons à la place, c’est une gauche qui s’enracine localement, qui accumule des victoires concrètes, même modestes, et qui ne gaspille pas son énergie à se battre en son propre sein.
Comment cela fonctionne-t-il concrètement pour votre parti, qui prend malgré tout les élections au sérieux ?
Nous pensons qu’il devrait exister d’autres manières de faire de la politique, mais les élections sont aussi ce qui, en Turquie, mobilise légalement les gens ; il faut donc composer avec cela. Dans l’idéal, nous considérons les élections non comme une fin en soi, mais comme un outil. Notre objectif ultime est de porter la classe ouvrière au pouvoir, et nous savons que cela ne se produira peut-être pas lors des prochaines élections. Mais nous essayons de devenir suffisamment puissants pour compter dans les dynamiques politiques qui mobilisent la population.
Nous sommes très actifs dans les syndicats. Ces deux dernières années, nous avons organisé de nombreuses réunions publiques locales, notamment sur les marchés de quartier, et cela s’est révélé très utile.
On nous a interrogés sur la diversité politique en Turquie, et en particulier sur la question kurde. Quelle est la position de votre parti sur l’autodétermination ?
Très clairement, nous la concevons comme Lénine la concevait : le droit des peuples à déterminer leur propre avenir.
Historiquement, nous avons participé à des alliances électorales avec les partis kurdes. Et c’est aussi pour cela que notre nom n’est pas le « Parti des travailleurs turcs », mais le « Parti des travailleurs de Turquie », afin d’englober les différentes composantes ethniques de la Turquie.
Et le processus de paix ?
On semble assister à une évolution vers une reconnaissance un peu plus poussée de l’identité kurde. Ce que fait le régime peut se résumer ainsi : urbanisez-vous, adaptez-vous et obéissez. Il y a une visibilité de l’identité, une certaine reconnaissance de celle-ci, parallèlement à la répression des droits politiques. Des responsables politiques kurdes, des responsables politiques turcs de gauche, des militant·es, et même des humoristes, sont emprisonnés pour ceci ou cela. L’un de nos députés, qui porte d’ailleurs le même prénom que moi, Can Atalay, est emprisonné depuis des années malgré des décisions nationales et des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme allant à l’encontre de cette détention. Visibilité et répression vont donc de pair. Une dépolitisation par la reconnaissance.
Je vais vous en donner la version footballistique — et désolé, c’est ma deuxième référence au football. La plus grande ville de l’est du pays est Diyarbakır, qui compte la plus importante population kurde, et elle possède une équipe appelée Amedspor, Amed étant le nom kurde de Diyarbakır. Ce qui nous ramène encore une fois à la question des noms, puisqu’il existe une tension autour de la manière dont ces villes sont nommées. Amedspor évolue désormais en première division et, avec la montée du nationalisme, l’équipe se heurte partout où elle va à de l’hostilité et à des chants racistes. Les Kurdes ont tendance à être très politisés, presque nécessairement. Et un article que j’ai lu expliquait que, dans les stades, ils répondent aux chants racistes par des chants encore plus virulents, en employant eux-mêmes un langage raciste ou sexiste. La rivalité footballistique devient alors un instrument de dépolitisation. Cela correspond aussi au paradigme : urbanisez-vous, adaptez-vous et obéissez.
Un camarade turc présent dans la salle a replacé le processus de paix dans un cadre régional, en le faisant remonter à la chute d’Assad et en l’interprétant comme la conséquence d’intérêts impérialistes ayant besoin d’écarter le PKK avant de pouvoir traiter avec le nouvel État syrien. Les discussions entre Erdoğan et Öcalan ont commencé trois ou quatre mois après la chute de Damas, et l’argument était qu’il s’agissait d’un seul et même projet cohérent, et non d’une coïncidence.
Je prendrais cet argument au sérieux, et cela m’a fait penser à quelque chose de voisin : à quel point ces questions dépendent du contexte. Il existe une véritable tension entre, d’un côté, les régimes islamistes au Moyen-Orient et, de l’autre, l’islamophobie en Occident, et ces deux réalités entrent en collision au sein des mouvements de gauche dans différentes parties du monde, parce que la gauche en Turquie et ailleurs dans la région a effectivement subi la répression de régimes islamistes.
C’est aussi une manière de décrire la façon dont le fascisme s’installe progressivement. Ce que le mouvement laïque au sens large en Turquie redoute depuis des décennies, c’est : allons-nous finir par être gouvernés par la charia ? Ce que la gauche n’a cessé d’essayer d’expliquer, c’est que personne n’arrive en annonçant que, dès demain, nous serons gouvernés par la charia. Ce sont les mesures appliquées au quotidien qui transforment peu à peu votre vie de tous les jours. Des gens se font tabasser parce qu’ils boivent de l’eau pendant le ramadan. Cela arrive en Turquie. Tous les ans.
Prenons maintenant le cas de l’Occident. En venant ici depuis Londres, je me suis arrêté à Stockport, ce qui m’a rappelé les agressions au couteau d’il y a quelques années. Pardon, Southport, une ville au nom assez proche. À cause de la désinformation en ligne, les gens ont décidé que l’auteur était un homme musulman, ce qui n’était pas le cas, et ils se sont attaqués à des musulmans et à des mosquées. L’islamophobie est donc un problème sérieux dans ce contexte, et, dans une perspective internationaliste, ce sont précisément ce type de questions auxquelles nous devons réfléchir collectivement. Nous le faisons rarement.
On nous a demandé si la Turquie connaissait un mouvement de masse ou si tout se réduisait aux élections. On pourrait soutenir qu’en Grande-Bretagne, nous n’avons pratiquement rien d’autre que les élections, ce qui explique pourquoi chaque nouveau parti de gauche ici s’est construit autour d’une personnalité politique particulière qui n’allait jamais être ne serait-ce qu’à moitié aussi bonne que nous l’espérions.
Plus largement, la situation est assez similaire en Turquie. Tout est centré sur la politique électorale, sur la politique des partis. Mais il y a aussi des victoires notables du mouvement ouvrier et des syndicats. Les mineurs, en particulier, se sont fait beaucoup entendre récemment, avec plusieurs vagues de grèves et de grèves de la faim couronnées de succès. On voit donc de petites victoires, mais qui restent significatives. Dans l’ensemble, toutefois, la même focalisation sur les élections demeure.
Nous avons tendance à penser que le fascisme surgit après la défaite de la classe ouvrière, à partir de la démoralisation provoquée par l’échec, et lorsque la classe dominante arrive au bout des autres solutions qui s’offrent à elle. Un camarade a avancé que la Grande-Bretagne ne dispose pas d’une gauche organisée suffisamment forte pour pousser le capital à recourir à cette solution, et que nous ne glissons donc peut-être pas vers un fascisme pur et simple. Pour que la Turquie emprunte cette voie, il faudrait une crise profonde et qu’il n’existe plus aucun autre moyen de conserver le pouvoir. En êtes-vous arrivés à ce stade ?
Je pense effectivement que nous en sommes à ce stade depuis déjà un certain temps.
Cela dit, cet argument est intéressant. Lorsque nous parlons d’un nouveau parti, d’un nouveau dirigeant, d’un nouveau sauveur, je pensais aussi au centre rassurant. Pour être juste, je pensais à Andy Burnham. Et si l’on compare avec le début du XXe siècle, tout l’équilibre politique s’est quelque peu déplacé vers la droite. Il n’y a plus tant d’options de gauche que cela. On a presque l’impression que l’extrême droite est devenue une sorte de sens commun relativement répandu.
L’indépendance était l’un des trois thèmes de votre congrès. Vu de Grande-Bretagne, ce mot a une connotation assez négative, puisque nous sommes une ancienne puissance impériale.
Il s’agit ici d’une indépendance davantage métaphorique que formelle. La Turquie est un État indépendant, une république indépendante. Mais regardez les rapports de dépendance. Nous estimons que le régime actuel exécute dans une large mesure les volontés des États-Unis, de Trump ou, plus généralement, de l’Occident. Erdoğan s’est servi des migrants syriens et afghans comme monnaie d’échange face à l’Europe : si vous ne me donnez pas X et Y, je laisserai ces gens entrer sur le territoire européen. Leur relation avec Trump, avec les États-Unis et, quoi qu’ils en disent, avec Israël, est liée à ce que ces puissances veulent que la Turquie devienne. On a parfois l’impression que nous sommes les hommes de main de cet ordre trumpien au Moyen-Orient.
Un camarade présent dans la salle, parlant cette fois en historien, a fait remarquer que la Turquie se trouve au point de pression entre trois continents, ce qui explique que la ville ait successivement été Byzance, Constantinople et Istanbul. Il a évoqué le pacte de défense de La Mecque signé en août avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, ainsi que la première réunion du comité tenue à Istanbul la semaine précédant la nôtre, et y a vu l’émergence tâtonnante d’un nouveau bloc sous-impérialiste, cherchant à se ménager un espace face à la Russie, à la Chine, aux États-Unis et à l’Union européenne.4
Je serais d’accord pour dire qu’il s’agit d’un nouveau type de coalition face à la Russie et à la Chine, mais je ne dirais pas qu’elle s’oppose plus largement à l’OTAN. C’est un autre type d’alliance, et c’est précisément le genre d’alliance qui contraint ces pays, Turquie comprise, à jouer le rôle que je viens de décrire : celui que les États-Unis leur ont assigné au Moyen-Orient.
Le régime se tourne-t-il plutôt vers l’héritage ottoman ou vers Atatürk ?
Principalement vers l’héritage ottoman, et l’opposition entre laïques et islamistes découle surtout des premiers affrontements du régime d’Erdoğan avec le régime républicain, dont toute la vision reposait sur l’intégration à l’Occident. Mais ce qui s’est produit, c’est qu’ils ont commencé à se réconcilier avec la figure d’Atatürk. Dans leur discours plus récent, Atatürk et Erdoğan sont présentés comme nos deux pères fondateurs. Ils ne sont plus en conflit institutionnel avec la République. Ils disent en substance : vous avez eu cent ans de cela, maintenant nous aurons cent ans sous l’égide de notre second père fondateur.
Vous vouliez terminer sur Louis XVI.
Le 14 juillet 1789, il écrivit dans son journal : rien d’important ne s’est passé aujourd’hui.5Il utilisait ce journal pour noter les jours où il allait à la chasse, et comme il n’était pas allé chasser, rien d’important ne s’était donc produit. Il n’avait pas su reconnaître le moment déterminant du siècle.
La leçon à en tirer, c’est que les points de rupture de l’histoire échappent généralement à ceux qui les vivent. C’est pourquoi je ne pense pas que nous puissions nous fier à deux sentiments très tranchés. Le premier est la certitude du pessimisme : rien ne changera, nous ne pouvons rien changer. Le second est l’optimisme du type : j’ai regardé les sondages, untel va forcément perdre. Ce qui détermine le moment, c’est la base sociale et organisationnelle que nous construisons avant que ce moment n’arrive.
Publié le 2 septembre 2026 par International Viewpoint
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Can Atalay a été élu député de Hatay en mai 2023 alors qu’il était emprisonné dans le cadre du procès lié au parc Gezi. La Cour constitutionnelle a constaté à trois reprises des violations de ses droits : en octobre 2023, en décembre 2023 et en février 2024, lorsqu’elle a estimé que la déchéance de son mandat parlementaire était nulle et non avenue. La troisième chambre pénale de la Cour de cassation a refusé d’appliquer les deux premières décisions, déclarant en janvier 2024 que la décision de la Cour constitutionnelle était dépourvue de valeur juridique. Le Parlement a donné lecture de la décision de la Cour de cassation le 30 janvier 2024 et a prononcé la déchéance de son mandat, sans le rétablir depuis. La Cour européenne des droits de l’homme n’a pas encore rendu de jugement sur le fond dans son affaire ; elle a demandé les observations du gouvernement turc en septembre 2024 et l’affaire est toujours pendante. Il est toujours en prison.
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Le taux de participation en mai 2023 a été de 88,92 % aux élections législatives, de 87,05 % au premier tour de l’élection présidentielle et de 84,15 % au second tour, le 28 mai, selon le Conseil électoral suprême (décision du YSK 2023/1255).
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Cette question est abordée (en turc) ici.
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L’Accord conjoint de défense de La Mecque a été signé le 7 août 2026 par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et prévoit qu’une attaque contre l’un des signataires est considérée comme une attaque contre tous. Son premier Comité stratégique politique et de défense s’est réuni à Istanbul le 31 août 2026. Les articles de presse contemporains décrivent systématiquement ce pacte comme trilatéral.
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Cette référence renvoie à un texte (en turc) disponible ici.