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Non à l’OTAN !

par Collectif
Au sommet de 2024, avec Biden au centre. © The White House
numéro

Le 4 avril 2026, à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de l’OTAN, s’est tenu le Webinaire mondial antimilitariste, organisé par l’initiative « No to NATO », créée à la suite de l’appel du Parti ouvrier de Turquie (TIP), au sein duquel militent les membres de la Quatrième Internationale dans ce pays. Réunissant des intervenant·es de plusieurs dizaines de pays et près de 200 participant·es, ce webinaire a appelé à l’organisation d’un Sommet international anti-impérialiste pour la paix en juin 2026, en réponse au sommet de cette organisation criminelle prévu en Turquie. Nous publions la déclaration finale du webinaire.

Nous vivons une période où la menace que fait peser l’impérialisme sur les peuples du monde et l’agression impérialiste dans notre région s’intensifient. Le 4 avril, date anniversaire de la fondation de l’OTAN – organisation de guerre de l’impérialisme –, des représentant·es d’organisations de gauche, socialistes et révolutionnaires de différents pays, ainsi que des militant·es et intellectuel·les issus de mouvements sociaux, se sont réuni·es lors d’une rencontre en ligne. Les guerres en cours et le rôle de l’OTAN en leur sein ont été discutés, de même que les champs de lutte contre ces guerres. Les participant·es ont également débattu des moyens d’organiser l’opposition au sommet de l’OTAN prévu à Ankara les 7 et 8 juillet 2026, et ont souligné l’importance de la solidarité internationale dans ce processus. Au cours de cette réunion, des points de vue communs ont été exprimés sur les éléments suivants.

Le bras armé de l’impérialisme

L’impérialisme étatsunien et Israël agissent en hors-la-loi, visant les peuples de Palestine, du Liban, d’Iran, du Yémen et d’autres pays. Les États-Unis, qui soutiennent le régime sioniste israélien, appuient le génocide mené en Palestine et bombardent l’Iran afin de garantir les intérêts de ce régime. L’OTAN, par son rôle militaire et politique, se trouve au cœur de ces attaques. L’Union européenne et ses principales puissances impérialistes sont également complices, soutenant l’agression israélo-étatsunienne contre les peuples d’Asie occidentale tant sur le plan politique que militaire. Depuis les bases de l’OTAN dans la région – en particulier celles situées en Turquie – des renseignements militaires et un soutien logistique sont fournis aux États-Unis et à Israël. Les bases étatsuniennes en Grèce et les bases britanniques à Chypre jouent également un rôle crucial dans le maintien de cette agression. Nous disons toutes et tous non à l’OTAN et aux bases militaires étatsunienne en Asie occidentale.

Depuis sa création, l’OTAN a servi d’instrument de destruction pour l’ordre capitaliste, comme le montrent de nombreux exemples. Tout en promettant la « paix » dans le cadre de la stabilité globale du système capitaliste, l’OTAN a soutenu des structures contre-guérilla dans de nombreux pays et est intervenue dans les affaires intérieures de nombreux États, réprimant violemment les luttes et les mobilisations de la classe ouvrière. Aujourd’hui, nous constatons également les conséquences destructrices de la militarisation et de la formation de blocs militaires à travers l’OTAN, notamment sur l’axe Russie–Ukraine1.

Un autoritarisme réactionnaire

Avec le retour de Trump au pouvoir pour un second mandat, ce processus contre-révolutionnaire est devenu encore plus évident. L’OTAN contraint tous ses États membres à augmenter leurs dépenses militaires. La pression visant à consacrer 5 % des budgets nationaux aux dépenses militaires révèle une fois de plus la nature de l’OTAN comme instrument de guerre impérialiste. Allouer 5 % des budgets publics – ressources créées par les travailleur·ses – à la militarisation signifie retirer ces ressources des biens publics et des besoins sociaux des populations. Tandis que les ressources des travailleur·ses sont détournées vers l’industrie de l’armement, les politiques militaristes créent également un terrain favorable à la montée de l’extrême droite. Dans une grande partie du monde, en particulier en Europe, les partis d’extrême droite – qui progressent à travers des politiques contre les immigré·es, contre les femmes et les LGBTQI+ – poussent les masses non pas à lutter contre ce système, mais à y trouver une place oppressive, renforçant ainsi le processus contre-révolutionnaire.

La barbarie impérialiste

La guerre ne provoque pas seulement la mort et la destruction, elle entraîne aussi des migrations massives. En raison des attaques et des conflits en cours, les peuples de la région sont contraints à des déplacements de grande ampleur. Dans les pays d’accueil, les migrant·es constituent généralement une main-d’œuvre à bas coût pour le système capitaliste, tout en étant confronté·es au racisme et à des violations systématiques de leurs droits. Parmi elleux, les femmes, les enfants et les personnes LGBTQI+ sont les plus durement touché·es par la discrimination et la pauvreté.

Cette barbarie à l’échelle mondiale confronte également l’humanité à une destruction écologique et à des catastrophes. Le ciblage de centrales thermiques lors des attaques contre l’Iran et la menace d’utilisation d’armes nucléaires placent non seulement la région, mais le monde entier, au bord d’une catastrophe écologique majeure.

Aujourd’hui, il est plus important que jamais de renforcer et d’élargir la lutte contre l’OTAN. À un moment où le régime d’accumulation du capital entre dans une nouvelle phase agressive et où l’agression impérialiste s’accélère, ce qu’il faut faire est clair : l’OTAN doit être dissoute et toutes les guerres motivées par l’agression impérialiste doivent cesser immédiatement. Les voies nécessaires doivent être ouvertes pour cela, et les luttes anti-OTAN doivent se construire dans la solidarité internationale.

Afin de renforcer cette lutte, le contre-sommet prévu à Ankara en juillet constitue un moment important. Ce sommet – où sera discuté l’objectif d’augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB, où l’agression en Asie occidentale sera légitimée et où l’ouverture d’une nouvelle base militaire en Turquie pourrait également être mise à l’ordre du jour – doit être accueilli par une réponse forte.

Les participant·es à la réunion du 4 avril se sont accordé·es sur les points suivants :

• Une mobilisation large doit être organisée en opposition au sommet de l'OTAN prévu à Ankara les 7 et 8 juillet.

• Afin de faire entendre la voix des peuples contre ce sommet impérialiste, un « Sommet international anti-impérialiste pour la paix » doit être organisé à Istanbul le 4 juillet. 

• Face à un sommet où les dirigeant·es des États membres de l’OTAN se réuniront pour élaborer de nouveaux plans d’agression, la voix de la paix et de la solidarité internationale doit être élevée.

• Pour organiser ce Sommet international anti-impérialiste pour la paix, toutes les organisations, mouvements et personnes de gauche, révolutionnaires, socialistes et antimilitaristes doivent soutenir et élargir cet appel dans un esprit de solidarité. 

• Le Sommet international anti-impérialiste pour la paix doit créer un espace permettant aux peuples de différents pays et à leurs représentant·es de faire entendre leur voix et de discuter des moyens de lutter contre l’impérialisme.

Le 4 avril 2026

La liste des personnalités et des organisations signataires est disponible sur le site notonato2026.org. Les intertitres sont de la rédaction.

  • 1

    Cette formulation est caractéristique de formules de compromis problématiques, puisqu’elle sous-entend que l’OTAN serait la seule alliance militaire, oubliant ainsi l’Organisation du traité de sécurité collective, organisée autour de la Russie, et oubliant au passage que c’est bien la Russie qui a déclenché la guerre, pas l’OTAN… (NdR).

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