Du 16 au 19 juillet 2026, le siège du journal Almounadila socialist a accueilli la première édition des Journées socialistes, un espace de formation politique, de réflexion stratégique et d’échanges militants consacré à l’approfondissement du projet socialiste révolutionnaire.
Organisée selon une méthodologie participative fondée sur l’échange des expériences, les discussions collectives et l’élaboration commune des analyses, cette rencontre a réuni des militant·es engagé·es dans les luttes sociales afin de renforcer les outils théoriques et politiques indispensables à l’intervention dans la période actuelle.
Les travaux ont porté sur les principaux défis auxquels sont confrontées la classe ouvrière, dans son acception la plus large, ainsi que les peuples opprimés, dans un contexte marqué par l’aggravation de la crise multidimensionnelle de la civilisation capitaliste, la montée des nouvelles extrêmes droites et des forces réactionnaires, l’accélération de la catastrophe écologique et l’offensive généralisée contre les droits sociaux, démocratiques et les libertés. Face à cette situation, la construction d’une alternative écosocialiste, féministe, internationaliste et démocratique apparaît plus que jamais comme une nécessité historique.
Le programme de formation s’est appuyé sur plusieurs textes fondamentaux de la Quatrième Internationale, enrichis par des discussions portant sur les transformations du capitalisme contemporain ainsi que sur les enjeux politiques, sociaux et écologiques auxquels sont confrontés les mouvements populaires. L’objectif était de mieux comprendre les dynamiques de la situation internationale et d’en tirer les conséquences pour les tâches des révolutionnaires, en articulant constamment l’élaboration théorique avec l’expérience concrète des luttes au Maroc et dans la région.
La rencontre s’est ouverte par la discussion du manifeste programmatique de la Quatrième Internationale Manifeste pour une révolution écosocialiste – Rompre avec la croissance capitaliste. Ce texte montre que le capitalisme extractiviste conduit l’humanité vers une impasse en détruisant les équilibres écologiques, en épuisant les ressources naturelles et en subordonnant toujours davantage les besoins humains à la logique du profit.
Les discussions ont mis en évidence les principaux fondements de l’alternative écosocialiste : rompre avec le productivisme capitaliste, instaurer une planification démocratique de l’économie, respecter les limites écologiques de la planète et réorienter la production vers la satisfaction des besoins sociaux plutôt que vers l’accumulation privée du capital.
La deuxième session a été consacrée à la résolution « La nouvelle montée du mouvement des femmes ». Les débats ont porté sur le renouveau des mobilisations féministes à l’échelle internationale, sur les perspectives qu’elles ouvrent ainsi que sur les défis qu’elles posent au mouvement socialiste. Ils ont réaffirmé que la lutte contre le patriarcat est indissociable de la lutte contre le capitalisme et toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Les échanges ont également approfondi plusieurs notions centrales du féminisme socialiste, notamment la reproduction sociale et l’intersectionnalité, comme outils d’analyse des rapports de domination et d’élaboration d’une stratégie d’émancipation. Une attention particulière a été accordée aux réalités du mouvement féministe au Maroc et dans la région.
Une autre session a porté sur la résolution « Notre orientation et nos tâches dans les mouvements sociaux ». Les discussions ont réaffirmé la nécessité pour les socialistes de contribuer au renforcement des mouvements sociaux tout en respectant pleinement leur autonomie, de favoriser l’auto-organisation, la démocratie de base, l’unité des résistances et la convergence des luttes. Les débats se sont également appuyés sur l’expérience des mouvements sociaux au Maroc et dans la région afin d’en dégager les acquis, les limites et les enseignements stratégiques.
Les Journées se sont conclues par la discussion de la résolution « Alors que les crises du capitalisme convergent, le défi de savoir comment avancer pour celleux d’en bas ». Ce texte analyse les tâches stratégiques du mouvement socialiste dans une période caractérisée par l’imbrication des crises économique, sociale, écologique, géopolitique et démocratique. Il met également en lumière le contraste entre la multiplication des résistances populaires à travers le monde et la faiblesse d’une alternative politique globale, conséquence durable de l’effondrement des régimes bureaucratiques d’Europe de l’Est. Les discussions ont porté sur les conditions de reconstruction d’une force sociale et politique capable de porter un projet écosocialiste révolutionnaire.
Tout au long des Journées, la méthode de travail a privilégié les présentations introductives, les ateliers en groupes, les débats en séance plénière et l’élaboration collective des synthèses. Cette démarche a favorisé une participation active de l’ensemble des militant·es et un enrichissement collectif des textes à partir de leurs expériences concrètes de lutte.
Les Journées ont également réservé une place importante aux discussions sur la situation politique au Maroc, les évolutions de la gauche, les enjeux des prochaines échéances électorales et les tâches immédiates de l’intervention militante, dans le souci constant d’articuler l’analyse théorique aux défis politiques concrets.
L’autogestion a constitué une dimension essentielle de cette expérience. Les participant·es ont assuré collectivement, à tour de rôle, la préparation des repas, l’organisation des espaces communs et les différentes tâches nécessaires à la vie quotidienne au local. Cette pratique relevait d’un choix politique et pédagogique : faire de la formation elle-même un espace d’expérimentation des valeurs socialistes, fondé sur l’égalité, la responsabilité partagée, la solidarité et la remise en cause des divisions hiérarchiques et genrées du travail. Car la formation révolutionnaire ne consiste pas uniquement à étudier des textes ; elle suppose aussi de construire des pratiques collectives cohérentes avec le projet de société que nous défendons.
Cette première édition des Journées socialistes a confirmé, une nouvelle fois, l’urgence de renforcer la formation théorique et politique afin de comprendre les transformations du capitalisme contemporain et de doter les militant·es des outils d’analyse indispensables à l’interprétation du monde comme à sa transformation. Contribuer au développement des luttes de la classe travailleuse, des femmes, de la jeunesse et de l’ensemble des classes populaires, tout en reliant les combats quotidiens à la perspective stratégique du dépassement du capitalisme, demeure une tâche centrale pour toutes celles et tous ceux qui militent pour une société écosocialiste, démocratique et émancipatrice.
La rédaction du journal Almounadila socialist remercie chaleureusement l’ensemble des formatrices et formateurs, des participant·es ainsi que toutes les personnes ayant contribué au succès de cette initiative. Elle réaffirme que les Journées socialistes s’inscrivent dans un processus de long terme visant à approfondir la formation théorique et politique, à renforcer les capacités militantes et à faire vivre le projet du socialisme révolutionnaire au cœur des résistances sociales et populaires.
Le 26 juillet 2026