Pour une lutte d’ensemble contre la dictature et le capital !
Dans une déclaration du 16 juin 1974, la Coordination Générale des Commissions Ouvrières (C.O.) lance un appel pour la préparation d’une grève générale de 24 heures. Indépendamment du contenu de cet appel et des méthodes de lutte qu’il préconise, notre organisation appuie la convocation d’une lutte d’ensemble et se prépare à agir pour aider à sa réalisation.
La nécessité d’une lutte unifiée — dans tout le pays — se fait de jour en jour plus impérieuse, étant donné la situation économique et politique que traverse le pays et les exigences que les luttes mêmes de cette année ont mises en avant.
(a) La combativité ouvrière croissante a donné lieu à un regain impressionnant de luttes. Face à la hausse du coût de la vie, les travailleurs — passant outre les échéances et les formes de négociation des contrats collectifs — ont présenté leurs revendications au patronat et sont entrés en lutte. D’un bout à l’autre de l’État espagnol, des centres de lutte les plus avancés au cours de ces dernières années (Catalogne, Euskadi…), aux localités sans tradition (Cáceres, Malaga, Huelva, Cadix…), en passant par des centres où le mouvement ouvrier connaît un processus de recomposition (Madrid, Vigo, Valladolid, Saragosse…) les mots d’ordre d’augmentations égales, de paiement à 100 % des jours de maladie, de la semaine de 40 heures, de la réintégration des travailleurs licenciés, etc., ont été mis en avant dans la plus grande partie des luttes ouvrières de ces derniers mois.
Mais, en même temps, ce large mouvement a montré deux faiblesses fondamentales : tout d’abord sa discontinuité dans le temps. Ainsi, la dictature s’est trouvée dans une situation où elle pouvait réprimer les luttes une à une sans risquer de se voir confrontée à un vaste mouvement d’ensemble. Ainsi également, dans les deux luttes les plus avancées de cette année (Pampelune avec la lutte d’Authi et Baix Llobregat avec la lutte d’Elsa y Solvay), le mouvement de solidarité qui aurait permis de remporter une grande victoire contre le patronat a fait défaut.
L’autre faiblesse a été l’absence d’une riposte de masse au jugement des 10 de Carabanchel (procès de 10 dirigeants des C.O. parmi lesquels le militant communiste Camacho) et à l’assassinat de Puig Antich. La faible mobilisation face à ces attaques de la dictature n’a cependant pas représenté un recul du mouvement de masse, comme l’a montré le regain des luttes avant et après le procès 1001 (procès des 10 de Carabanchel appelé également « 1001 » car le total des peines de prison requises était de 1001 années) et le 2 mars, date de l’assassinat de Puig Antich. On ne doit donc pas parler d’échecs mais d’occasions manquées pour développer des luttes politiques de masse qui auraient fait reculer la dictature, comme cela avait été le cas pour Burgos.
(b) Une autre caractéristique des luttes de cette année est l’approfondissement de la lutte d’autres secteurs et l’entrée en lutte de nouvelles couches de la population. En ce qui concerne les premiers, on peut souligner les luttes des professeurs et des étudiants (des lycées et universités) contre la loi de sélection qui, malgré la protestation massive qu’elle a soulevée, a été approuvée, ce qui ne manquera pas de produire d’autres luttes, dans lesquelles la classe ouvrière — la plus frappée par la sélection — devra jouer le rôle qui lui revient dans la lutte contre la rentabilisation capitaliste de l’enseignement ; les professions libérales, qui rejettent toujours plus le cadre des collèges professionnels et organisent la lutte en dehors des limites imposées par la dictature. L’incorporation des techniciens à la lutte des ouvriers (comme à la Standard de Madrid) représente un nouvel indice de la radicalisation de ce secteur.
Les médecins internes des hôpitaux et les travailleurs de la Santé Publique ont commencé leurs luttes (Madrid, Bilbao, San Sebastian, Santiago, Séville) contre l’exploitation dont ils sont l’objet et les mauvaises conditions dans lesquelles ils doivent s’occuper des malades.
Parmi les nouveaux secteurs en lutte, il faut signaler les ouvriers agricoles et les petits propriétaires paysans, et, particulièrement, la grève d’un mois de 12 000 prolétaires agricoles, dans le Marco de Jerez. Également significative est la lutte des petits commerçants de Madrid, qui montre la perte d’appui dans les secteurs petits-bourgeois, pour un régime qui apparaît aux yeux de ces couches comme le soutien direct des grands propriétaires terriens, des intermédiaires, des centrales laitières, etc., responsables directs de l’aggravation de la situation des petits commerçants et de la hausse des prix des produits agricoles sur le marché.
(c) C’est la situation économique, marquée par la hausse vertigineuse du coût de la vie, que l’on retrouve à la base de toutes les luttes. La bourgeoisie, essayant de faire retomber sur les travailleurs le poids de la crise économique impérialiste, va tenter de surmonter ses difficultés en licenciant des milliers de travailleurs. Les mesures de restriction d’entrée de la main-d’oeuvre émigrée dans des pays européens comme la France et l’Allemagne sont suivies dans notre pays par des attaques contre l’emploi : discrimination dans l’emploi des femmes et des jeunes, mise en faillite de nombreuses entreprises, augmentation du chômage dans l’industrie du bâtiment, menace de chômage dans la branche automobile pour la fin de l’année, etc.
Ainsi, pour riposter à ces deux effets de la crise économique de la bourgeoisie, il est nécessaire de mener une lutte articulée contre la cherté de la vie et contre le chômage, dans tous les secteurs frappés par l’anarchie capitaliste.
(d) La dictature franquiste, forme de domination de la bourgeoisie depuis 35 ans, est directement confrontée au problème de sa succession. Ses difficultés découlent en grande partie de l’absence d’une alternative de rechange au rôle d’arbitre entre les différentes fractions de la bourgeoisie que joue Franco. La disparition de Carrero Blanco a signifié effectivement la disparition du seul aspirant bonaparte préparé pour son rôle. À court terme, il a été impossible de trouver une personnalité politique capable de remplir le vide laissé par l’amiral. Arias ne pouvait absolument pas être cette personnalité et c’est pourquoi nous qualifions son gouvernement de « provisoire » : gouvernement de l’enterrement du Généralissime, mais pas gouvernement de l’après-franquisme.
L’approche de la disparition du dictateur a posé le problème en pleine lumière. L’absence d’une réponse satisfaisante pour l’ensemble de la bourgeoisie (et Juan Carlos ou Arias, ou les deux ensemble, n’offrent pas assez de garanties) stimule l’accentuation des tensions entre ses différentes fractions et peut les amener au bord de l’explosion. Nous disons « au bord » car il est clair que si Franco peut dire un mot ou faire un geste d’approbation vers Arias et son gouvernement, les différentes familles et couches politiques se soucient beaucoup de devoir s’affronter ouvertement au gouvernement actuel. C’est pourquoi la vie de Franco — aussi courte soit-elle encore — bloque l’explosion de ces dissensions. C’est pourquoi également un fait biologiquement inévitable — la mort du dictateur — va avoir immédiatement, dans ce pays, des conséquences politiques très importantes.
Et toutes ces tensions, difficultés et divergences ne sont pas étrangères au développement du mouvement de masse. D’une part, la puissance de ce mouvement qui s’est manifestée depuis Burgos, a été à la base de ces difficultés ; d’autre part, toutes les divergences inter-bourgeoises agissent dans le sens d’un affaiblissement des attaques contre la classe ouvrière et ses alliés.
(e) Dans une telle situation, pour avancer vers une grève générale qui regroupe et unifie les luttes dispersées, qui exige la satisfaction des revendications en suspens, la liberté des militants arrêtés et emprisonnés, les libertés démocratiques qui permettent de renforcer l’organisation et la lutte du prolétariat et des autres secteurs opprimés, etc., il est nécessaire de ne laisser passer aucune lutte importante sans une solidarité active qui surmonte les faiblesses signalées. Il est également nécessaire de ne laisser sans réponse aucune attaque répressive de la dictature, qu’elle vienne de sa police ou de ses tribunaux d’exception.
Et il est nécessaire de placer au centre de cette grève générale — à côté des revendications en suspens — la lutte pour le renversement de la dictature, instrument direct de 35 années d’exploitation et d’oppression politique.
La déclaration de la coordination générale des C.O.
L’appel de la Coordination générale des C.O. présente une analyse de la situation et des perspectives de la préparation de la grève générale à partir d’un point de vue que les marxistes-révolutionnaires ne peuvent que critiquer. Notre appui à l’appel concret de la grève générale ne doit pas nous empêcher de formuler les critiques que nous considérons nécessaires au document de la coordination générale des C.O.
(a) Il nous faut tout d’abord souligner une chose : l’absence totale de démocratie interne aux C.O., ou, ce qui est la même chose, la manipulation bureaucratique des organes de direction. Ainsi, sans être consultés, les membres des C.O. se sont intégrés dans des opérations comme l’Assemblée de Catalogne et maintenant la Junte Démocratique. La même chose s’est passée au sujet de l’appel à la grève générale : non seulement l’idée d’une lutte d’ensemble n’a pas été discutée par les commissions ouvrières de base, mais son contenu — élaboré par la fraction du Parti Communiste espagnol (PCE) dans les C.O. — n’a été soumis à aucune discussion. Nous soulignons que notre critique ne se réfère pas au fait que les C.O. expriment des opinions politiques — ce avec quoi nous sommes d’accord — mais au fait que ces opinions sont imposées sans la moindre possibilité de discussion interne et de confrontation entre les positions des différents courants politiques qui existent dans les C.O.
(b) À cette absence de discussion et, en définitive, de participation de tous les militants regroupés dans les C.O. aux décisions les plus importantes, s’ajoute le fait que, après l’appel, la coordination des C.O. n’a pris aucune mesure pratique pour la préparation de la grève générale, en se mettant en rapport avec les autres commissions et les organes de lutte dans les entreprises, les quartiers, les écoles, à la campagne, avec les organes de lutte des professions libérales, avec les partis politiques, afin de préparer la lutte. Elle n’a pas non plus commencé à développer une campagne d’agitation pour populariser l’idée et les objectifs de la grève générale. Si elle continue dans cette voie, la coordination des C.O. se trouvera dans une position irresponsable et suicidaire.
(c) Une autre caractéristique de l’appel est l’insistance sur l’utilisation des possibilités légales et en particulier au sein du syndicat vertical. « Il n’est pas possible de se développer et d’avoir une influence réelle dans les affrontements seulement à partir des positions clandestines. Encore moins à partir de positions qui s’opposent éternellement aux responsables syndicaux… » « Il est nécessaire, aujourd’hui plus que jamais, alors que toute notre expérience prouve la justesse de notre ligne, d’utiliser plus les moyens et les instruments légaux. »
Mais les luttes ouvrières de ces dernières années, surtout depuis Burgos, se sont justement caractérisées par un débordement systématique des canaux légaux de la dictature. Le recours à l’action directe (arrêt de travail, grève, assemblée, manifestation) s’est généralisé. Même les luttes revendicatives qui acceptaient, au départ, la médiation des représentants légaux, se sont toujours terminées en dehors de la CNS (syndicat vertical), vu l’inefficacité de ces canaux légaux pour la lutte de la classe ouvrière.
On nous donne deux raisons pour justifier l’acceptation des canaux légaux de la CNS. La première consiste à nous présenter des statistiques des luttes dans lesquelles les représentants légaux ont joué un rôle de premier plan, un rôle de direction. La seconde est celle qui prétend que la seule façon de faire progresser la lutte des secteurs retardataires est l’utilisation des responsables syndicaux, dans la mesure où ces secteurs n’ont pas encore fait l’expérience du piège qu’était le syndicat vertical.
Nous ne nions pas qu’il existe des représentants légaux combatifs. Nous ne croyons pas non plus que tous les secteurs de la classe ouvrière du pays ont fait l’expérience du caractère traître de la CNS. Mais nous estimons qu’il existe des organisations comme les C.O. et d’autres organes d’entreprises (pour l’unification desquels les militants trotskystes luttent) capables de se placer à la tête de la lutte dans tous les secteurs et dans toutes les circonstances, et qui ne rendent absolument pas nécessaire l’utilisation des représentants du syndicat vertical. Nous croyons que la tâche de ces représentants légaux combatifs sera plus efficace au sein de la Commission Ouvrière de leur entreprise et s’ils participent, avec tous les autres travailleurs, aux assemblées ouvrières.
Nous pensons que ce sont les C.O. elles-mêmes qui doivent permettre d’éviter que les secteurs retardataires fassent les mêmes erreurs que celles commises par les secteurs avancés au cours de la période de recomposition du mouvement ouvrier au début des années 60. Leur tâche est d’expliquer les enseignements des luttes avancées, de tirer les leçons des défaites passées, etc. C’est, en outre, de cette façon que les secteurs qui viennent à la lutte pourront progresser, faisant des pas en avant significatifs en peu de temps, rejoignant des secteurs que nous considérons aujourd’hui « avancés ».
Et nous opposons à la liste des améliorations obtenues par la médiation des représentants syndicaux légaux la liste des revendications satisfaites dans les entreprises qui, débordant les canaux de la CNS, ont développé leurs luttes par l’action directe et de façon démocratique (assemblées, comités élus et révocables, etc.) En outre, dans la plupart des cas la médiation des représentants légaux : (1) s’appuie sur un rapport de forces qui se déplace en faveur du patronat au cours de la négociation, dans la mesure où les représentants légaux s’isolent de tous les travailleurs, situation qui ne peut être évitée que par le biais d’assemblées qui décident des revendications qu’un comité élu doit présenter au patronat ; (2) est une arme utilisée par la direction du syndicat vertical pour renforcer la CNS. Ainsi, nous sommes contre l’« utilisation » du syndicat vertical autant pour des raisons d’efficacité que parce que ce serait se situer à contre-courant de la lutte du mouvement ouvrier contre le syndicat vertical imposé par la dictature aux travailleurs.
D’autre part, la déclaration affirme : « (Il faut)… accélérer le processus des assemblées, surtout dans les lieux de travail, mais en même temps dans les locaux syndicaux. » Nous sommes d’accord si l’on ajoute les points suivants :
(1) Que les assemblées ne se fassent dans les locaux syndicaux qu’en dernier recours. Car nous pensons que le lieu naturel de ces assemblées est l’usine. D’autre part, il est indéniable que les possibilités plus grandes de contrôle de la part des bureaucrates syndicaux, de la police, etc., rendent les dirigeants les plus en vue des luttes plus vulnérables face à la répression, et peuvent empêcher des discussions ouvertes entre les travailleurs.
(2) Qu’elles se réalisent dans les entreprises, les locaux de la CNS ou dans n’importe quel autre lieu, les assemblées ne doivent pas être des organes consultatifs, mais le seul centre de décision de la lutte, se dotant d’un comité élu et révocable pour traiter les aspects les plus concrets (coordination avec les autres entreprises, canalisation de la solidarité matérielle, etc.) et qui, dans ses contacts avec le patron, se limite à transmettre ce qui a été décidé en assemblée.
Pour mener une lutte d’ensemble il est nécessaire de donner des objectifs capables de réunir le plus grand nombre possible de secteurs exploités et opprimés, répondant aux nécessités de la lutte — revendicative et politique — du moment, et cette lutte doit également être le point de départ de nouveaux combats. C’est pourquoi l’apolitisme de l’appel à la grève générale de la coordination des C.O. réduit l’efficacité de la bataille, dans la mesure où la seule lutte contre la cherté de la vie ne permet pas de faire prendre conscience aux secteurs les plus retardés de la nécessité de combattre pour des objectifs politiques.
Mais cet apolitisme n’est pas accidentel. Il obéit aux intérêts du PCE, qui ne veut pas compromettre ses alliances. Pour cela il est nécessaire — sinon il ne serait pas crédible pour des secteurs de la bourgeoisie — qu’il fasse preuve de ses capacités de mobilisation, et qu’il se présente en même temps, comme la seule force capable de contrôler le mouvement et d’éviter une radicalisation et politisation excessives des luttes, qui pourraient effrayer ses alliés éventuels.
Organiser la grève générale et préparer sa victoire : nos propositions
Nous présentons ici les points que nous pensons susceptibles de regrouper tous les secteurs qui combattent la dictature franquiste. Il s’agit de la lutte contre la cherté de la vie, contre la sélection dans l’enseignement, contre la répression et la dictature. Sur cette base, la LCR-ETA (VI) pense que la plateforme ci-dessous est celle qui correspond le mieux aux nécessités de la lutte actuelle.
Contre la cherté du coût de la vie
- salaire minimum de 600 pesetas par jour,
- augmentations égales pour tous de 6 000 pesetas par mois pour les salaires et les retraites,
- échelle mobile des salaires pour les travailleurs, les chômeurs et les retraités, sur la base d’un indice calculé tous les trois mois,
- semaine de 40 heures,
- échelle mobile des heures de travail, c’est-à-dire répartition des heures de travail entre les travailleurs disponibles sans diminution de salaire,
- paiement du salaire à 100 %, en cas de maladie, d’accident, de chômage et de retraite,
- sécurité sociale payée par l’entreprise,
- solidarité avec les luttes des travailleurs de la campagne, des petits paysans, des commerçants. Création de comités de surveillance des prix composés de représentants des différents secteurs populaires.
Contre la sélection dans l’enseignement
- à bas la loi de sélection,
- contre la rentabilisation capitaliste de l’enseignement,
- pour un enseignement obligatoire, polyvalent, laïc et gratuit jusqu’à 16 ans,
- soutien des revendications des professeurs et des instituteurs,
- suppression de toutes les sanctions prises contre les étudiants, les professeurs et les instituteurs.
Contre la répression et la dictature
- halte aux assassinats de militants ouvriers et de militants nationalistes,
- dissolution des corps et institutions répressifs ; abrogation de toute la législation répressive,
- poursuite des responsables des crimes du franquisme,
- libération des prisonniers politiques. Retour libre de tous les exilés politiques,
- liberté d’association, de réunion, de presse, de grève et de manifestation,
- auto-détermination des minorités nationales,
- indépendance immédiate pour le Sahara « espagnol » afin que le peuple du Sahara puisse choisir librement son destin. À bas le colonialisme espagnol en Afrique,
- à bas la dictature,
- à bas la monarchie franquiste.
Comment organiser la grève générale ?
(1) La première tâche est de développer une vaste campagne de propagande et d’agitation sur les objectifs de la grève générale. Pour cela, les C.O. doivent fixer une date pour la grève générale afin de permettre à tous les organes de lutte et à toutes les organisations politiques de la préparer. La nécessité pour chaque organe de lutte et organisation de commencer dès maintenant le travail d’agitation ne doit pas empêcher la recherche de toutes les possibilités d’action unitaire.
(2) Stimulons des luttes sur les lieux de travail et d’étude pour les revendications en suspens ; solidarité avec les luttes en cours et avec les militants frappés par la répression ; organisons des réunions de l’avant-garde et des assemblées pour préparer la grève générale.
(3) Impulsons ces combats par l’action directe : assemblées comme organes de direction des luttes, qui nomment des comités élus et révocables chargés de transmettre les revendications approuvées par les assemblées et d’établir une coordination avec les autres centres de lutte. Face aux tentatives de la dictature d’isoler les luttes, formons des piquets d’extension capables de généraliser la lutte. Contre la répression, organisons des piquets d’auto-défense pour protéger les assemblées, les manifestations, les militants qui se mettent le plus en avant.
(4) L’unité d’action la plus large entre les organes et les organisations, sous la direction des C.O., ne sera possible que si, dès maintenant, les contacts sont pris avec ces diverses forces. Il faut exclure de cette coordination tous les partis qui représentent des secteurs de la bourgeoisie, et il faut convoquer tous les partis politiques ouvriers, avec voix consultative mais pas droit de vote, ce dernier étant réservé aux représentants des organes de lutte des différents secteurs.
(5) Mais les réformistes vont essayer d’arriver à des accords avec des représentants de secteurs de la bourgeoisie, et, en conséquence, subordonner les objectifs et les méthodes de la lutte à leur politique d’alliance.
C’est pour cette raison, et dans le but de créer un cadre capable d’attirer le maximum de militants, y compris ceux influencés par les réformistes, que nous appelons à l’unité d’action entre toutes les organisations qui défendent une ligne d’indépendance de classe en ce qui concerne les objectifs, la tactique, les formes et méthodes d’organisation, pour opposer une alternative de classe à l’orientation réformiste. Cela sera également un moyen pour obliger les réformistes à choisir entre leur origine et leur base ouvrières et leur soumission actuelle à la bourgeoisie par l’intermédiaire de leur politique d’alliance. Ceci ne doit pas être compris comme un refus d’unité d’action avec les partis réformistes. Nous défendons cette unité d’action dans tous les organes de lutte et luttons pour la réaliser entre organisations politiques ; mais nous n’acceptons aucune alliance avec des partis bourgeois et nous exigeons que les réformistes rompent leurs liens avec la bourgeoisie. C’est le seul moyen de réaliser un large front unique ouvrier.
Septembre 1974