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Pourquoi il faut désobéir à l’UE en cas de victoire de la gauche

par Éric Toussaint

Nous publions la vidéo de l’intervention d’Éric Toussaint lors de l’université d’été du QG décolonial qui s’est tenue à Gennevilliers (en région parisienne) du 3 au 5 juillet 2025.

Cette université d’été politique était intitulée « Préparer la victoire, organiser le pessimisme » et était organisée de manière unitaire par une série d’organisations : Faire bloc/faire peuple, l’Union Juive française pour la Paix (UJFP), Tsedek, le QG décolonial, l’Appel contre la guerre permanente et pour une paix révolutionnaire.

Elle a réuni un millier de participant·es en présentiel réparti·es sur les 3 jours. Elle a également été suivie largement en ligne. Le texte de l’appel à cette université est disponible ici.

L’intervention d’Éric Toussaint a eu lieu le dimanche 5 juillet au matin dans le cadre d’un panel intitulé « La gauche de rupture gagne : Que se passe-t-il ? » devant un public d’environ 300 personnes présentes dans la salle.

Dans la perspective d’une possible victoire de la gauche de rupture en 2027 en France, Éric Toussaint a centré son exposé sur la nécessité de désobéir à l’Union Européenne en prenant une série de mesures fortes en faveur des classes populaires, pour améliorer leur pouvoir d’achat et leurs conditions de vie.

Il a donné deux exemples de pays qui, avec succès, ont désobéi par rapport à la finance et au grand capital en revenant sur les expériences réussies de l’Équateur entre 2007 et 2011 et de l’Islande en 2008-2012. Il a également abordé l’expérience de la Grèce en 2015 au cours de laquelle, pour la première fois au 21e siècle en Europe, une force de gauche est arrivée au gouvernement avec un programme de rupture radicale par rapport aux politiques néolibérales. Il a affirmé que l’échec du gouvernement grec est dû à son refus de désobéir à l’UE et à sa volonté de poursuivre le remboursement d’une énorme dette publique illégitime et insoutenable, notamment à l’égard du FMI. Ces remboursements ont vidé les caisses de l’État en moins de 5 mois. La soumission du gouvernement de Tsipras aux créanciers a conduit à l’impasse et à l’échec alors que le peuple grec avait montré sa volonté de résister lors des élections de janvier 2015 et du référendum de juillet de la même année.

Éric Toussaint a rappelé l’expérience enthousiasmante des collectifs d’audit citoyen de la dette publique, qui a connu un important succès de participation entre 2011 et 2014 en France. Il a fait appel aux mobilisations citoyennes et sociales, notamment pour trouver une solution à la question des dettes publiques illégitimes. Il a proposé une voie concrète pour prélever un fort impôt exceptionnel sur la fortune des plus riches afin de financer un important programme d’amélioration des conditions de vie. Il a affirmé qu’il fallait socialiser le secteur des banques et des assurances en transformant celles-ci en un service public intégral. Il a déclaré que si en France, un gouvernement de gauche de rupture prenait des mesures radicales, il pourrait être appuyé par des mobilisations de solidarité au-delà des frontières, notamment dans les autres pays d’Europe.

Les 3 autres intervenant-es dans ce panel « La gauche de rupture gagne : Que se passe-t-il ? » étaient Cédric Durand, Marlene Rosato, Bernard Friot.

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Éric Toussaint

Éric Toussaint, économiste et historien belge, est porte-parole du réseau international du Comité pour l'abolition des dettes illégitimes (CADTM), membre du Comité international de la IVe Internationale et de sa section belge la Gauche anticapitaliste. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont Banque mondiale - Une histoire critique (Syllepse, Paris, 2022) ; Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible (Syllepse, Paris,2020) ; Le Système dette (Les Liens qui Libèrent, Paris, 2017).