Le spectacle est saisissant. Depuis des décennies, les crypto-fachos du FN devenu RN répètent : « Nous sommes propres, blancs comme neige, contrairement à ces politiciens qui détournent les fonds publics ! Il faut les déclarer inéligibles à vie ! » Pawol-la ki té long !
Voici que deux tribunaux condamnent coup sur coup, en un an, en première instance puis en appel, Marine Le Pen et une dizaine de ses thuriféraires, à des peines d’amendes, de prison, d’inéligibilité, pour détournement de fonds publics et autres délits déshonorants associés. Pourtant, toute la bande exulte parce que leur cheffe se déclare candidate pour la quatrième fois à la magistrature suprême de l’État français.
La daronne du gang incriminé est reconnue coupable d’avoir organisé un véritable racket de près de 3 millions d’euros d’argent public, au bénéfice des parents, amiEs et alliéEs, mais tout sourire elle annonce au peuple français, et aux colonies, qu’elle ambitionne de présider à leurs destinées.
À la même occasion, elle entend interjeter appel de sa condamnation auprès de la Cour de cassation, ce qui a pour effet de la déclarer « présumée innocente », dans l’espoir d’une solution encore plus favorable en cas de succès électoral. Un tour de passe-passe judiciaire laissant sidéré le justiciable ordinaire, qui se trouverait derrière les barreaux pour bien moins.
Le plus significatif, c’est que ce bal des hypocrites ne provoque aucun dégoût ni réprobation du côté de la presse dominante : elle, en général si hargneuse contre la moindre prétendue incartade de la gauche radicale, n’a de commentaire que sur les chances de succès de la grossière manœuvre lepéniste, le jeu subtil des avocats, la déconfiture d’un Bardella désinvesti, les calculs d’états-majors partisans, et quelques autres futilités.
En attendant, il est à constater que le premier geste de Marine Le Pen, désormais candidate déclarée, est à la fois un mensonge, une trahison de la parole donnée, une imposture. Elle avait déclaré qu’en cas de deuxième condamnation en appel, elle n’irait pas en cassation : elle le fait sans gêne !
Elle s’était proclamée « Mains propres et tête haute ». C’est plutôt mains sales et tête basse. Elle exigeait : « inéligibilité à vie pour les corrompuEs ».
Condamnée pour détournement organisé de fonds publics, elle demande de l’élire à la magistrature suprême, mettant ainsi la richesse publique à portée de ses douteuses paluches. Les dupes ne pourront pas prétendre n’avoir pas su.
Publié dans Révolution socialiste n°455 le 13 juillet 2026