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L’élection présidentielle française depuis la Martinique (V) – Programmes et dynamiques

par Groupe Révolution Socialiste

Notre précédent article visait à évaluer la proposition programmatique de Jean-Luc Mélenchon concernant l’indépendance de la Kanaky. Du fait de l’alliance conçue sur cette base avec le mouvement national kanak, ce pas en avant dans le sens de l’autodétermination du peuple kanak entre dans une dynamique positive. Toutefois, si celle-ci ouvre bien la voie à une échappée émancipatrice, elle ne débouche pas fatalement sur une certitude de victoire. Il en est d’ailleurs ainsi du reste.

En dépit des cris d’orfraie amplifiés par les médias asservis, le programme de LFI (La France Insoumise) ne revêt pas un caractère à proprement parler révolutionnaire. Son anticapitalisme n’est pas la planification du renversement pur et simple du capitalisme que nous considérons, nous, comme la condition d’une survie digne de l’humanité. Mais le programme auquel LFI accorde une importance cardinale ouvre la perspective d’une rupture claire avec toutes les orientations social-démocrates ou social-libérales d’accompagnement et d’aménagement du capitalisme.

Jean-Luc Mélenchon affirme sans ambiguïté que la seule façon de barrer la route au fascisme des temps modernes, c’est d’affronter le système au nom de l’intérêt collectif humain. L’idée de la VIe République, du référendum révocatoire, traduit la volonté de rupture avec des institutions que la gauche traditionnelle a considérées depuis des décennies comme intangibles.

L’affirmation selon laquelle ce sont les riches qui doivent payer pour le développement des services publics (santé, éducation, transport, etc.), pour l’indispensable bifurcation écologique, pour l’éradication de la pauvreté, pour le développement de la science et de la culture, s’oppose à ce que la politique officielle (majorité des socialistes compris) a répété et pratiqué pendant de longues années.

Pour que son programme entre vraiment dans la vie, la politique de LFI préconise la désobéissance à l’égard de l’Union européenne, une politique indépendante des blocs géopolitiques dominants, une alliance internationale contre les fascismes, et pour les grandes causes communes mondiales : la paix, le sauvetage écologique, le développement au service du plus grand nombre.

LFI est consciente que cette politique ne peut triompher que si la victoire électorale est complétée par la mobilisation des masses, la lutte contre le sabotage du grand Capital, la construction d’une unité populaire au-delà des origines, des religions, des cultures, des apparences physiques, des genres.

LFI affirme clairement que l’autodétermination des peuples et la démocratie tout court sont contraires à la tradition de la trique et de la mitraille comme moyens privilégiés pour régler les problèmes entre les peuples colonisés et l’empire dont elle-même héritera en cas de victoire électorale.

Bien entendu, des discussions restent nécessaires sur les revendications, sur les rythmes, sur les méthodes. Au-delà des programmes, il convient de ne pas sous-estimer l’importance de la question essentielle des dynamiques.

Dans un monde où les solutions mitigées dans le genre Kamala Harris, Glucksmann et autres Jadot ne sont plus que les visages défraîchis de la capitulation face au grand Capital et à l’impérialisme, les dynamiques majeures tendent à se résumer à un choix catégorique : soit l’extrême droitisation accélérée derrière Trump, Milei et Cie, soit la rupture de gauche avec cet ordre du monde.

En s’écartant, après des décennies, des socialistes français, surtout depuis le référendum sur la Constitution européenne concoctée par Giscard, Jean-Luc Mélenchon a réussi, avec son mouvement, à concrétiser cette gauche de rupture qui seule a une chance, incertaine évidemment, de gagner électoralement.

Ceci est clairement perceptible dans la constitution d’un mouvement uni autour d’un programme, présent dans les classes populaires et la jeunesse, identifiée à la lutte contre le génocide en Palestine, capable de résister aux pires calomnies, de faire émerger sur la scène politique française des représentantEs de ce qu’on appelle pudiquement la « diversité » et qu’elle intègre logiquement dans son concept de « nouvelle France ».

Un souffle nouveau s’étale sous nos yeux. Malgré le matraquage éhonté de Bolloré et des milliardaires qui tiennent la presse en coupe réglée, on entend parler de Robespierre, de Louise Michel, des résistantEs de la MOI (main-d’œuvre immigrée) ou de Marc Bloch. On est loin de la honte de Jospin pour son passé trotskiste, des propos emplis de fiel contre Fidel Castro ou Chavez.

C’est tout cela et la conscience aiguë des enjeux qui nous ont amenés, au GRS ainsi qu’au NPA de Poutou, Besancenot, Poupin et tant d’autres, à entrer en campagne pour la victoire de Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles.

(À suivre)

Publié dans Révolution socialiste n°462 le 31 août 2026

Samedi 12 septembre 2026 — Réunion publique

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