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Martinique : La question Bernard Hayot

© RCI Martinique, CC BY 3.0

Les menus frais (à son niveau !) que Bernard Hayot accepte de prendre en charge afin de soigner son image de marque, ont certes un effet sur les couches les moins lucides de la population.

On entendra dire, dans ces milieux, que GBH « donne du travail aux Martiniquais », au lieu d’entendre que ce sont ces derniers en question qui lui vendent, à vil prix, leur force de travail.

On croisera des gens très reconnaissants parce que le multimillionnaire aura permis de voir une exposition d’artistes caribéens dans son espace dédié, en s’appuyant largement sur les cadeaux fiscaux de l’État.

Mais la naïveté n’est pas générale, et la résistance à la domination békée a des sources profondes. Elle a en fait, toujours existé, contrairement aux croyances de personnes la faisant remonter à leur propre apparition sur la scène.

Aujourd’hui, le groupe phare est confronté à la rançon de sa gloire. Tandis que ses salariés luttent pied à pied pour arracher de maigres augmentations, des militant·es lancent des opérations de boycott dénonçant le scandale du chlordécone, dans lequel le frère Yves Hayot a joué un rôle avéré (et avoué !) sans que cela ait posé un problème à son commerçant de frère. D’autres s’y reprennent dans le cadre de lutte contre la vie chère. Des collectifs s’impliquent non sans efficacité, dans une mise en cause judiciaire des contournements des lois régissant la concurrence.

Le double langage de l’État est quant à lui fort éloquent : tandis que Manuel Valls, le ministre des Colonies d’ailleurs prestement débarqué, dénonce la position dominante asphyxiante de GBH, Macron reçoit en grande pompe, Bernard Hayot au palais de l’Élysée, en compagnie d’une trentaine deproches congénères. Le fondateur du groupe mis en cause par la contestation de la cherté de la vie, esten effet élevé à la rare dignité de Grand officier de la légion d’honneur, en raison des services éminents rendus à la nation. Geste très justement perçu comme un véritable bras d’honneur aux contestataires.

D’autres encore constatent qu’il devrait être une cible de choix dans les opérations de boycott pour le rôle que ses magasins Carrefour jouent dans le commerce avec l’État voyou sioniste.

Toutes ces mises en cause du lobby sont légitimes et complémentaires. Il reste qu’il conviendrait de réfléchir à l’efficacité la plus grande dans ce combat.

Ce sera l’objet du prochain numéro.

Publié le 5 janvier 2026 dans Révolution socialiste n°428

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