L’attention se concentre souvent sur le « budget de l’outremer ». Et lorsque les baisses de celui-ci sont modérées par l’intervention des parlementaires coloniaux, beaucoup s’imaginent que le problème des moyens est plus ou moins résolu. Mais devant l’aggravation des difficultés du quotidien, on cherche les responsables. En réalité, on les trouve derrière des chiffres trop souvent ignorés parce qu’on ne les entend nulle part dans les grands médias.
Les municipalités voient leurs dotations diminuées. L’agriculture est sacrifiée. Pour les sargasses, l’argent manque et l’État organise la énième « concertation ». La culture est en souffrance. Le sport, si utile à l’épanouissement et la cohésion, est à la portion congrue.
Tout cela, nous dit-on, parce que la France n’a pas d’argent, est endettée, etc. C’est le prétexte donné par le pouvoir pour « justifier » que le budget des sports a diminué en deux ans de 31%, l’agriculture, dans la même période, de 14%, l’aide au développement, cette maigre compensation au pillage de l’Afrique, a diminué de 40% en deux ans. Le Fond vert, servant à aider les programmes écologiques des municipalités, a baissé. Le budget de l’éducation raboté avec 4000 postes d’enseignants supprimés, tout comme les moyens de veiller aux conditions de travail ou aux emplois aidés. Nous sommes, ici encore plus qu’en France, victimes de toutes ces mesures.
Pendant ce temps, et ceci explique cela, les 500 personnes les plus riches de France ont vu leurs fortunes doubler depuis 2017, au point de représenter actuellement 40% de la richesse nationale. Évidemment ce beau monde tire son opulence des cadeaux fiscaux et sociaux de l’État, réalisés grâce aux sacrifices imposés aux classes subalternes.
Vouloir conquérir des municipalités sans appeler les masses laborieuses à engager le combat contre cet ordre injuste des choses, c’est préparer de nouvelles déceptions pour le peuple. Il y a quelques mois, un mouvement de solidarité venait au secours des étudiants étrangers plongés dans la misère sur le campus de Schœlcher. Mais, voilà que le budget qui vient d’être voté, sous la pression de la droite extrême et de l’extrême droite, supprime l’aide pour les étudiants étrangers.
Le combat contre la pauvreté, la déliquescence des services publics, pour l’emploi, les salaires, les minima sociaux, revêt une dimension globale. Nous avons à lutter contre les effets et contre les causes, contre les causes immédiates et contre les causes lointaines, contre les mauvaises décisions prises ici, et contre les mauvaises décisions prises en France, pour des organisations syndicales et populaires de lutte, et pour des municipalités organisées en bastions au service des classes debout contre l’injustice, l’arrogance, le mépris.
Publié le 9 février 2026 par Révolution socialiste