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La flottille Global Sumud est en route vers Gaza

par Peter Veltmans

Réitérant les tentatives précédentes (et doublée d’un convoi terrestre), une flotte est en train de se former – la Flottille Global Sumud. Une fois encore, elle va tenter de braver le blocus israélien de la bande de Gaza. L’un de nos militant·es de SAP – Antikapitalisten (le nom de notre organisation en Flandre) en fait partie.

Braver le blocus

Une trentaine de navires ont déjà pris la mer depuis la côte espagnole et font actuellement route vers l’Italie. Ils y seront rejoints par au moins quarante autres embarcations. Des milliers de militant·es y participent, non seulement à bord des navires, mais aussi en prenant la route à bord de centaines de camions. Les participant·es espèrent que la flotte finale sera suffisamment importante pour permettre au moins à quelques navires d’atteindre effectivement la côte de Gaza.

Répondre à l’appel du peuple palestinien

Les organisateur·rices de la Global Sumud Flotilla répondent ainsi à un appel lancé par le Réseau palestinien des ONG. Ce réseau fait remarquer que « alors que l’attention se concentre sur la guerre qui se poursuit dans la région du Golfe et sur l’agression israélo-étatsunienne, la société civile palestinienne souligne la nécessité d’intensifier et de renforcer les efforts de solidarité avec le peuple palestinien. Cela revêt une importance cruciale notamment en Cisjordanie, qui souffre du terrorisme des colons et de l’oppression exercée par l’armée d’occupation, ainsi que dans la bande de Gaza, où le génocide, le siège et les violations quotidiennes du cessez-le-feu se poursuivent sans relâche ».

Le Réseau palestinien des ONG « appelle les organisations internationales de solidarité à participer activement à la préparation et à la mise en œuvre de la nouvelle campagne Global Sumud Flotilla, afin de contrecarrer les tentatives visant à dissimuler les crimes commis dans la bande de Gaza, d’empêcher leur révélation et de renforcer les efforts visant à briser le siège imposé au peuple palestinien ».

Nouveaux objectifs

Cette fois-ci, l’objectif n’est pas seulement de briser le blocus israélien de Gaza et d’apporter le plus d’aide humanitaire possible à la population palestinienne en détresse. Les participant·es souhaitent également établir une présence civile durable. Des équipes de médecins, d’infirmier·ères, d’éco-constructeur·rices, d’enquêteur·rices sur les crimes de guerre, de protecteur·rices civil·es non armé·es et d’autres personnes débarqueront pour travailler aux côtés de la population palestinienne. Tout en continuant à subir les attaques incessantes du régime israélien, elles commenceront à reconstruire le système de santé et les infrastructures de base qui ont été systématiquement détruites au cours de ces deux dernières années.

Un·e second·e capitaine sans peur !

Julien Cabral (un pseudonyme ; son vrai nom est connu de la rédaction) participe à cette flottille humanitaire en tant que militant·e de SAP – Anticapitalistes. Il est actuellement second capitaine sur l’un des bateaux participants. Souriant, il affirme ne pas avoir peur des « Israeli Offensive Forces » – une appellation de son invention, plus précise que celle de l’IDF (Israeli Defense Forces), l’armée sioniste.

Tirer la leçon des expériences précédentes

Nous l’interrogeons sur ses premières impressions : il souligne que la flottille est certes confrontée à des problèmes techniques ainsi qu’à un manque de formation maritime pour de nombreux·ses bénévoles, mais qu’heureusement, cela est compensé cette fois-ci par un encadrement bien plus important et de meilleure qualité. Notamment grâce à la présence d’un navire basque, doté d’un équipage expérimenté et ayant embarqué de nombreuses pièces de rechange à bord, afin de remédier aux pannes éventuelles des autres navires. Il espère dès lors que, contrairement aux expériences précédentes, il y aura moins de navires contraints d’abandonner en cours de route.

De plus, l’ensemble de la flotte est dirigé par un « comité de pilotage » solide, qui centralise les problèmes, analyse en continu les risques et laisse le moins de place possible aux errements. Il est également réjouissant de constater que les navires (ou du moins la plupart d’entre eux) disposent d’une connexion Wi-Fi à bord. Cela facilite grandement la communication, tant entre eux qu’avec le monde extérieur. Point très positif : cette flotte bénéficie du soutien et de la coopération de Greenpeace, une organisation qui, comme on le sait, a une certaine expérience des actions en haute mer.

Assez, c’est assez !

Les organisateur·rices de la Global Sumud Flotilla soulignent que « si cette mission concerne bien sûr celles et ceux qui se joignent à nous en mer ou via le convoi terrestre, elle concerne aussi les millions de personnes à travers le monde qui sont prêtes à dire : "Assez, c’est assez". Des personnes prêtes à assumer la responsabilité que les gouvernements et les institutions refusent d’assumer ; qui descendent dans la rue et exigent le changement ».

« Ce mouvement exige le soutien de chacun·e, par l’action, à travers le monde. Nous ne resterons pas spectateur·rices. Car inspiré par la lutte de libération inébranlable des Palestinien·nes, ce mouvement, animé à la fois par tant de citoyen·nes ordinaires et par tant d’organisations, mobilise des communautés du monde entier. Et invente mille façons de passer à l’action. Ensemble, nous nous soulevons contre l’apartheid, le racisme, l’impérialisme, le colonialisme, l’écocide et tous les systèmes d’oppression. »

Drones

Bien sûr, et nous le savions, la participation à la flotte de solidarité avec Gaza n’est pas sans risque. La présence inquiétante de plusieurs drones à proximité des navires montre que les militant·es sont surveillé·es de près. Julian affirme toutefois avec une grande fermeté que « cela ne nous arrêtera pas ! »

Julian ne manquera pas de nous tenir informé·es. À suivre donc !

Publié le 22 avril 2026 par la Gauche anticapitaliste