Depuis plusieurs années, les prisonniers politiques se battent pour obtenir le droit de la littérature politique dans les prisons israéliennes. Quoique la Cour Suprême ait décidé il y a trois ans que toute littérature autorisée hors des murs des prisons l’est automatiquement dans les prisons même, le fait que les prisonniers politiques n’arrivent que rarement à recevoir l’autorisation des autorités pénitentiaires en ce qui concerne la littérature révolutionnaire.
Il y a environ six mois, Udi Adiv, un des 17 ans de prison des procès de Haïfa, faisait un appel devant la Cour Suprême pour que celle-ci ordonne aux autorités de la prison de Ramlé de lui laisser recevoir Inprecor, New Left Review, Matspen marxiste et les écrits de Marx, Lénine, Trotsky, Mao, etc. Un prisonnier de droit commun, Yossef Frankel, exigeait le droit de recevoir le livre de Felicia Langer « With My Own Eyes » (Vu de mes propres yeux) ainsi qu’une brochure du professeur Israël Shahak, « Le Sionisme tel qu’il est », publié par la LCR.
Lors de la première séance du tribunal, le parquet annonçait qu’il ne s’opposait pas à ce que les « classiques de la littérature socialiste » soient lus dans les prisons. Il maintenait par contre son opposition en ce qui concerne les autres publications.
Le 16 février, l’audience était réouverte. Après une longue plaidoirie de Maître Léa Tsemel, portant surtout sur le renom international des revues en question et sur le fait que si certains articles traitaient éventuellement, comme l’affirmait l’accusation, des problèmes de tortures et de mauvais traitements des prisonniers politiques, ces derniers n’avaient pas besoin de journaux pour confirmer ces faits qui sont leur quotidien, et de toute façon tout journal, y compris les journaux sionistes, passaient par une censure préalable des autorités pénitentiaires, le tribunal décidait d’autoriser les New-Left Review et Inprecor, remarquant d’ailleurs que ce qui est valable pour Inprecor, l’était évidemment pour sa nouvelle édition sous le nom de Intercontinental Press-Inprecor.
Quant à la brochure de Shahak sur le sionisme, et le livre de Felicia Langer et Matspen Marxiste, la Cour Suprême s’est donné quelques semaines pour donner son verdict.
Mars 1978