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Quand Trump sonne l’alarme contre les « communistes » de Mamdani et leurs triomphes électoraux !

par Yorgos Mitralias

« Le communisme est la plus grande menace qui pèse sur notre pays depuis sa fondation, il y a 250 ans » ! Sans doute, cette déclaration tonitruante du président américain Donald Trump, faite par écrit le 26 juin, est destinée à sonner l’alarme et à regrouper derrière lui tout ce qu’il y a aux Etats-Unis de conservateurs, de réactionnaires et d’anticommunistes en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain. Cela n’empêche qu’avec cette déclaration, Trump voit pour une fois juste. Et cela pour le grand embarras des médias libéraux ou même de gauche « modérée » de par le monde qui persistent à qualifier Mamdani de… « Démocrate » et qui feignent ne pas comprendre à qui et à quoi se réfère le président américain quand ils prétendent qu’il parle des leaders du … parti Démocrate !

Et pourtant, Trump non seulement se réfère nommément à Zohran Mamdani et à ses camarades Démocrates Socialistes (DSA) qui viennent de faire un malheur aux élections primaires du parti Démocrate de la semaine passée, mais il attaque aussi violemment avec ces mots les dirigeants de ce parti Démocrate parce qu’ils ne ripostent pas et laissent "les communistes faire ce qu'ils veulent" : «Ils ont peur de perdre les élections, ils ont peur du conflit. Ils ne sont ni assez intelligents ni assez coriaces pour lutter contre ce fléau. S’ils les combattaient comme ils combattent les républicains, ou moi, ils remporteraient la victoire, mais ils n’en ont pas le courage ». Et pour qu’il n’y ait aucun doute, Trump qualifie ses affirmations de « déclaration sur l'élection récente de communistes dans notre pays», tout en précisant que ces nouveaux élus « ne sont pas des sociaux-démocrates, ce sont des communistes purs et durs, athées» D’ailleurs, selon des témoignages des sénateurs Républicains qui avaient rencontré Trump au lendemain des succès électoraux des Démocrates Socialistes, celui-ci «s'est parfois laissé emporter par l'émotion, expliquant en substance que le communisme était en train de prendre le dessus »1

Ceci étant dit, on doit constater que Trump a plutôt raison de dramatiser la situation. D’un côté, les victoires des militants DSA aux primaires du parti Démocrate tendent maintenant à devenir la règle, avec ou même sans le soutien proclamé de Mamdani -que les médias américains qualifie actuellement de « faiseur des rois »-, tandis qu’on compte déjà des maires DSA à New York, à Seattle, bientôt à Washington DC, et dans quelques mois probablement à Los Angeles. Et de l’autre, la direction du parti Démocrate est terriblement impopulaire, démoralisée, totalement discréditée auprès de sa base, sans idées. sans programme, sans personnalités capables de rivaliser avec Mamdani, Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez, et surtout dépourvue de volonté de faire barrage à Trump. Le résultat est que des jeunes femmes peu ou pas du tout connues, ainsi que des jeunes hommes DSA arrivent dernièrement à battre, souvent même à écraser, des députés et sénateurs sortants faisant partie de l’establishment Démocrate, soutenus et financés par des possédants et autres milliardaires, et surtout par AIPAC, le jusqu’à hier tout puissant lobby israélien.

A ce point, il est opportun d’ouvrir une parenthèse pour mettre en exergue le rôle déterminant du « phénomène » Mamdani dans ce qui est l’échec historique de Netanyahou et de son Israël dans la guerre au Golfe Persique. En conquérant New York, « la plus grande ville juive du monde », grâce aussi au soutien actif des dizaines de milliers de jeunes juifs newyorkais, qu’il avait -lui-même mobilisé et organisé, Mamdani a accéléré et approfondi ce qu’était déjà le ”divorce » des juifs americains avec l’Etat sioniste, mais aussi le revirement historique de l’opinion publique americaine en faveur des Palestiniens. Étant donné la dépendance extrême et traditionnelle d'Israël du soutien financier, militaire et diplomatique des Etats-Unis, mais aussi de la communauté juive de ce pays, il ne fait pas de doute que les événements précités ont contribué grandement à l'affaiblissement d’Israël, à la prise de distances de Trump et de son administration par rapport à Israël, et à la fin, à ce qui fait que l’Etat hébreu est, selon le vice président américain JD Vance, « le plus haï du monde ». Et tout ça au moment où Israël est en train de vivre son heure de la vérité et d’être plongé dans une crise terminale. Une crise probablement sans retour !

Mais, revenons à ces Etats-Unis de Trump qui sont également plongés dans une crise historique. Trump a raison de s'inquiéter et de sonner l’alarme car il est lui-même et son régime en crise, au point de paraître presque incapables de faire barrage à Zohran Mamdani et ses « communistes ». Par exemple, il n’y aucun leader Republicain, Trump compris, en état de rivaliser avec les leaders du camp « communiste » en popularité. En effet, tous les sondages donnent Alexandria Ocasio-Cortez, Mamdani et Bernie Sanders bien plus populaires que tous les leaders tant du parti Démocrate que Republicain ! Ce qui fait qu’ une éventuelle candidature d’Ocasio-Cortez à la présidence du pays en 2028, est en train de gagner en crédibilité et en soutien populaire…

Tous ces événements qui auraient pu paraître impossibles et de pure politique fiction il y a quelques années, sont maintenant possibles parce qu’ils correspondent à l’évolution très réelle, sans précédent et de plus en plus profonde et accélérée que la société nord-américaine a accomplie dans ses deux dernières décennies bien tumultueuses. C’est ainsi que ceux des citoyens américains qui considèrent qu’il serait «a good thing » (une bonne chose) que leur pays passe du capitalisme au socialisme, sont actuellement plus du tiers (38%) de la population, tandis qu’ils n’étaient que 18% en 2010. Et détail très significatif, c’est maintenant la grande majorité des Démocrates (72%) et des Indépendants (60%) qui pensent que le système capitaliste ne marche pas bien ou ne marche pas du tout bien !2

En somme, la récente avalanche des succès électoraux des militants Démocrates Socialistes, la grande popularité de Zohran Mamdani, d’Ocasio-Cortez et surtout de Bernie Sanders, ou même le revirement radicale de l’opinion publique en faveur des Palestiniens et contre Israël ne tombent pas du ciel et ne sont pas des produits éphémères d’un quelconque mouvement de protestation des citoyens américains. En réalité, ils plongent leurs racines dans la (multi)crise historique des Etats-Unis et de leur société, laquelle a été énormément accélérée et approfondie par l’arrivée au pouvoir de ce Caligula nazifié qu’est Donald Trump. Sans oublier évidemment, le plus populaire de tous les américains, ce vieux sénateur indépendant Bernie Sanders dont les deux campagnes électorales pour la présidence des Etats-Unis ont radicalisé et politisé toute une génération de jeunes américains, qu'on retrouve maintenant à la tête de ce que Trump appelle un peu allégrement "menace communiste" qui plane au dessus de la superpuissance américaine. Et pour terminer, on ne peut être sûrs que d’une chose : la suite des événements promet d’être terriblement passionnante…

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المؤلف - Auteur·es

Yorgos Mitralias

Yorgos Mitralias, journaliste retraité, ancien militant de la section grecque de la IVe Internationale et de Syriza, un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette, membre du réseau international CADTM, a animé le site EuropeansForBerniesMassMovement qui fournissait, surtout en anglais et en grec, des informations quotidiennes sur les actions des mouvements sociaux et de la gauche étatsunienne.