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Construire un programme ouvrier et populaire : une tâche essentielle

par Groupe Révolution Socialiste
© Juliette Thorin

Vouloir des avancées significatives dans les problèmes du quotidien, vouloir à terme l’émancipation des masses, vouloir sortir l’humanité d’au bord du gouffre, tout cela suppose un travail programmatique conséquent et collectif. Cela ne concerne pas toutes les classes de la société. À toutes les échelles, l’élaboration programmatique doit reposer sur un choix : se situer dans le camp des exploitéEs, des oppriméEs, des discriminéEs. Prétendre unir DominantEs et DominéEs, c’est se condamner à l’impuissance, ou pire, faire le jeu des classes dominantes.

La construction d’un programme et d’une stratégie est une tâche ardue qui exige de l’opiniâtreté, de l’humilité et une primordiale volonté de rassembler autour des intérêts des masses populaires.

L’évolution des rapports de classes, chez nous, dans les colonies, en France, dans le monde, commande d’en finir avec les velléités, les débats inaboutis et sans suite, les tâtonnements à l’aveugle. Il y a un an et quelques mois, le RPPRAC et quelques députés coloniaux ont organisé des « Assises populaires » contre la vie chère. Les idées émises auraient pu servir de point de départ pour un vrai travail programmatique. Cependant, une fois l’évènement achevé, chak moun rédi kanno yo.

Quelques mois plus tard, le GRS et RESPÉ tentèrent de remettre l’ouvrage sur l’établi. Malgré les absents (dont le RPPRAC et plusieurs syndicats), le débat fut riche mais sans suite véritable. Les élections municipales, sans être le cadre idéal, auraient pu permettre des échanges positifs. Elles furent surtout le lieu d’empoignades autour d’ambitions politiciennes (ou pires).

Aujourd’hui, le RPPRAC annonce pour le 19 octobre la relance des mobilisations. Les syndicats invités ont eu tort de ne pas saisir l’occasion d’une discussion qui avait fait défaut lors de la précédente initiative. L’erreur ou la négligence peuvent se réparer, mais l’insuffisance de débats, en particulier de réflexions partagées sur les moyens de « faire mieux », sur un programme élaboré dans les équipes militantes et dans les masses, demeurent un vrai problème.

Les tentatives de Krey Mouveman Popilè Matinik (KMPM), dont le GRS est partie prenante, restent malheureusement en deçà des nécessités de l’heure. On peut en dire autant de l’initiative de débat lancée par le Palima, le PS, le MIM sur les transports. Celle-ci était positive, mais insuffisante pour permettre de comprendre les polémiques plutôt opaques qui accompagnent la crise très néfaste d’aujourd’hui. Le débat entrevu sur l’octroi de mer laisse le même goût d’inachevé.

Même lorsque l’institution électorale majeure qu’est la CTM prend des orientations quasi unanimes sur le « pouvoir normatif autonome », la question ne parvient pas jusqu’aux masses parce que rien n’a été fait, au-delà des « consultations » symboliques, pour créer les conditions réelles de leur implication. De plus, la structure qui aurait pu favoriser leur auto-implication active, l’intersyndicale des travailleurs et travailleuses, est aux abonnés absents.

Aujourd’hui, le seul lieu pluraliste où une discussion tente d’aboutir à des propositions programmatiques partagées est, à notre connaissance, le groupe Alerte 2027 pour un soutien autonome au candidat Jean-Luc Mélenchon.

Nous sommes évidemment conscientEs des limites d’un mouvement composé de militantes et militants engagés à titre personnel, dans un cadre électoral dont bien des organisations se désintéressent par choix ou par habitude. Il n’empêche, tous les biais par lesquels on peut avancer vers ce que nous considérons comme « une tâche essentielle » doivent être saisis sans hésitation. En attendant mieux, si l’on peut dire.

Publié dans Révolution socialiste n°463 le 7 septembre 2026

Samedi 12 septembre 2026 — Réunion publique

Nous soutenons le candidat Mélenchon : pourquoi ? comment ?

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Rendez-vous samedi 12 septembre — 16h à 18h30
Au 9 rue Caplaous, Schœlcher

 

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