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Communiqué de la LCR-ETA (VI)

par LCR-ETA VI

L’attentat du 13 septembre dernier dans la rue Correos de Madrid a donné l’occasion pour le développement d’une nouvelle campagne propagandiste et policière de la dictature franquiste — unique et véritable incarnation du terrorisme dans ce pays depuis 40 ans — dont les objectifs sont les suivants :

(1) Une tentative de justification des assassinats des militants nationalistes basques, que l’actuelle « chasse à l’homme » — qui perpétue une longue et sanglante tradition répressive — produit en Euskadi.

(2) Une tentative de justification des sauvages peines de prison que le Tribunal d’Ordre Public et les tribunaux militaires font peser sur les militants révolutionnaires, et dont les exemples les plus récents sont les 21 et 12 années de prison auxquelles ont été condamnés Zabarte et Gaztelumendia par un Conseil de Guerre de Burgos.

(3) Une tentative de justification des mesures légales et budgétaires, qui renforcent encore plus le caractère policier de l’État franquiste : occupation permanente des quartiers populaires et de villages entiers, augmentation des effectifs de la Police Armée, de la Garde Civile et de la Brigade Politique Sociale (police politique), immunité judiciaire pour la police, immunité et encouragement des bandes fascistes, etc.

(4) Une tentative de discréditer toutes les organisations révolutionnaires, tous ceux qui luttent pour le renversement de la dictature, comparant nos méthodes et objectifs à ceux qui ont produit l’attentat de la rue Correos. Mais, en particulier la campagne tente de discréditer les méthodes de l’action directe de masse, l’organisation de la violence révolutionnaire face aux attaques de la répression, précisément parce que la dictature sait très bien que ce sont ces méthodes — qui n’ont rien à voir avec les faits du 13 septembre — qui permettront à la classe ouvrière et au peuple espagnol de la détruire pour toujours.

Nous pensons que toute prise de position révolutionnaire face aux faits dont nous parlons, doit commencer par dénoncer cette campagne hypocrite d’une dictature construite et maintenue en place par une longue chaîne de crimes.

Mais nous devons également affirmer que l’attentat du 13 septembre a contribué au déroulement de la campagne, a constitué une utilisation absurde de la violence, non seulement étrangère, mais contraire aux luttes de la classe ouvrière et populaires dans notre pays.

Il n’existe pas la moindre justification directe ou indirecte — d’un point de vue révolutionnaire — de l’attentat de la rue Correos. C’EST POURQUOI NOUS PENSONS QU’AUCUNE ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE N’EN EST RESPONSABLE.

En définitive, nous considérons cet attentat comme une action contraire aux intérêts de la lutte contre la dictature et le capitalisme. Et, du point de vue de cette lutte, qui est celle de tous les exploités et opprimés par le franquisme, NOUS LE CONDAMNONS ABSOLUMENT.

D’autre part, les faits du 13 septembre ont donné une nouvelle poussée à une campagne spécifique contre la IVe Internationale, campagne développée par les polices politiques dans le monde entier depuis plusieurs mois, en collaboration avec les secteurs les plus réactionnaires — quand ils ne sont pas ouvertement fascistes — de la presse bourgeoise.

Cette campagne vise à présenter la IVe Internationale — l’organisation mondiale de la révolution fondée par Léon Trotsky en 1938 — comme un mélange d’organisations anarchistes, maoïstes, staliniennes, castristes, nationalistes… ayant un seul dénominateur commun : ce qu’ils appellent le « terrorisme ».

Au cours des dernières semaines, dans notre pays, on a attribué à la IVe Internationale l’enlèvement manqué du Comte de Barcelone et l’attentat de la rue Correos. Cette liste stupide et incroyable aura certainement une suite.

Nous tenons à dénoncer ces basses calomnies : la IVe Internationale est l’organisation mondiale des militants trotskystes. Notre dénominateur commun est le programme de la révolution prolétarienne, basé sur les principes du marxisme révolutionnaire, élaborés par Marx, Engels, Lénine et Trotsky.

Notre objectif est la destruction du capitalisme et l’instauration de la République mondiale des conseils ouvriers, par la voie de la société communiste, matérialisant tous les rêves de liberté de l’histoire entière de l’Humanité.

Sur la voie de leur libération économique et politique, les ouvriers et les peuples du monde ont toujours dû s’affronter à la résistance barbare de leurs exploiteurs. Si certains ont oublié cet enseignement évident de l’histoire… qu’ils regardent le CHILI !

La IVe Internationale se bat pour qu’il n’y ait jamais plus d’autres Chili, pour que les masses s’arment du désir de s’armer, et ainsi, résistent et renversent leur ennemi de classe.

TELLE EST LA CONCEPTION COMMUNISTE DE LA VIOLENCE RÉVOLUTIONNAIRE SELON LAQUELLE S’ORIENTE LE TRAVAIL DE MILLIERS DE MILITANTS, DE DIZAINES D’ORGANISATIONS ET DE SECTIONS DE LA IVe INTERNATIONALE dans les cinq parties du monde.

Il est clair que la IVe Internationale a des divergences fondamentales, théoriques, programmatiques, stratégiques et tactiques avec les organisations — comme, dans notre pays, le MIL, le GARI, le FRAP, l’ETA (V) entre autres — qui sont présentées comme étant membres de l’Internationale. Il est clair que, malgré ces divergences, nous avons défendu et continuerons à défendre inconditionnellement, face à la bourgeoisie, ces organisations ainsi que toute autre organisation révolutionnaire, parce que nous pensons que leurs actions, bien qu’elles nous paraissent erronées, sont inspirées par la haine des exploiteurs et la dévotion à la cause des exploités. Face à la répression bourgeoise, tout révolutionnaire a toujours raison !

La IVe Internationale n’est pas une organisation terroriste, c’est une organisation communiste, dans le plein sens du terme. La bourgeoisie et ses chiens de garde policiers, les « théoriciens » de cette campagne, le savent… Et c’est précisément parce qu’ils le savent qu’ils mentent, qu’ils essaient de nous calomnier. Parce qu’ils savent qu’ils ont, avec la IVe Internationale, un ennemi irréductible, avec lequel il n’est possible de signer aucun pacte, un ennemi qui s’accroît et s’organise dans le monde entier, qui ne cessera de lutter jusqu’à ce que le prolétariat ait fait tomber la dernière forteresse capitaliste. C’est pourquoi ils essaient de présenter une image fausse et déformée de notre organisation.

Mais c’est dans l’action révolutionnaire de tous les jours que la IVe Internationale construit sa véritable image, aux côtés des ouvriers et des peuples du monde entier. C’est l’image de la révolution socialiste, de l’avenir de l’humanité. Et toutes les calomnies bourgeoises ne réussiront pas à retarder d’une seconde la marche vers cet avenir.

Le 20 septembre 1974

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