La bourgeoisie, ses politicienNEs et ses journalistes de service ne chôment pas. La fureur qui les anime contre le 1er mai, qu’ils veulent banaliser, folkloriser, voire abolir, est sans répit. Rarement, l’humanité a eu un tel besoin des valeurs qui ont fait naître et vivre la journée internationale de lutte des travailleurEs, malgré les coups, les répressions, les manœuvres mystificatrices, le sang innocent versé. Les cinq pendus à Chicago en 1886, les neuf tués de Fourmies (nord de la France) en 1891, la terrible répression à Paris en 1906, les trente-trois communistes abattus à Berlin lors du Blutmai en 1929, les mobilisations du 1er mai 1945 en Algérie qui augurent l’immonde bain de sang colonial de Sétif, pour ne prendre que quelques exemples des 1er mai réprimés, nous imposent de confronter les idéaux des martyrs d’hier avec les dures réalités d’aujourd’hui. Un mouvement prolétarien en expansion réclamait sa part dans les richesses qu’il créait, comme un acompte en attendant l’avènement des jours heureux.
Aujourd’hui, sous les bombardements en Iran, au Liban, à Gaza, en Ukraine, au milieu des cris des suppliciéEs du Soudan, du Congo, nous avons le cœur meurtri par le spectacle horrible des gangs semant la désolation en Haïti où des parents vendent leurs enfants pour éviter qu’ils ne meurent de faim, et où le seul aéroport international est contrôlé par… les États-Unis.
Sidérés par le génocide en Palestine et l’écocide dans tout le proche Orient, angoissés par la perspective d’une crise financière, économique et sociale, en comparaison de quoi nos tracas face à la « vie chère » ne seront que des peccadilles, avec une toile de fond où les forces du grand Capital international, lorgnant toujours davantage vers la « solution » fasciste, il apparaît de plus en plus massivement que survie et émancipation de l’Humanité ne font qu’un.
Sous l’effet de ces évolutions lourdes et aussi d’une meilleure compréhension que le capitalisme est le nœud qui maintient ensemble l’essentiel des oppressions, le 1er mai est devenu, au-delà du mouvement ouvrier socialiste qui l’a créé en 1889, à l’occasion du centenaire de la grande révolution de 1789, le moment et le lieu du rassemblement de l’humanité opprimée. Féministes, Écologistes, Anticolonialistes, Antiracistes, DiscriminéEs de toutes sortes, Anticapitalistes de toujours, le 1er mai est notre jour.
À certaines périodes, la fidélité au combat exemplaire de la partie la plus courageuse et la plus lucide de nos ancêtres a pu être notre motivation première.
Aujourd’hui les calamités du présent, les menaces du futur, sont devenues le carburant essentiel de nos mobilisations.
Annou lévé têt ! Annou gadé yo an fas ! Nou pa pè ! Annou maché anlè yo ! Prèmié mé, sé ta nou ! Travayè é pèp toupatou, annou sanblé, annou mobilizé !
Publié dans Révolution Socialiste n° 444, 27 avril 2026