L’une des caractéristiques les plus têtues de l’électoralisme (tare qu’encore une fois, nous ne confondons pas avec les participations aux élections) réside dans la façon de considérer les élections comme un moment à part, une sorte de quintessence de la vie politique qui serait, paradoxalement, vidée de tout contenu de classe et coupée de l’avant et de l’après.
Nous proposons l’inverse. Les élections se doivent d’être un moment où les revendications de changement imposent une visibilité, un impact maximum et si possible un débouché politique. On peut ainsi observer dans les axes revendicatifs développés précédemment, des exigences et des propositions pour lesquelles nous nous sommes impliqués hors élections.
Ainsi, par exemple, notre soutien au comité citoyen du sud, nos efforts pour la création d’autres comités du même type ailleurs, trouvent leur prolongement naturel dans la propagande électorale pour une gestion publique de l’eau sous contrôle populaire.
La bataille contre la dilapidation capitaliste des hôtels, menée à plusieurs reprises sur le front syndical, se poursuit avec les propositions d’alternatives en termes d’économie sociale et solidaire à contenu ouvrier, dont les collectivités (mairies, CTM...) peuvent être des vecteurs décisifs d’impulsion.
Le combat contre le chlordécone, pour une agriculture paysanne saine et pérenne, trouveront leurs débouchés dans les politiques des mêmes collectivités.
Ces exemples suffisent à mettre en évidence le travail colossal que les municipalités ont devant elles, au-delà des obligations de l’aide sociale. Ceci est lié à notre position en faveur du principe : une personne, un seul mandat à la fois. C’est une question de démocratie et de partage des tâches, mais surtout une question d’efficacité.
Trop d’élu·es sont incapables d’assumer décemment leurs fonctions parce que submergé·es par des responsabilités multiples plus ou moins réelles et lucratives. Notre conception signifie aussi que les candidat·es non élu·es ou élu·es en position minoritaire (forcément en petit nombre du fait du caractère non démocratique du scrutin...), ont une tâche immédiate qui les attend : continuer le travail sur le terrain à partir des axes popularisés à grande échelle dans la campagne. C’est cela qui rendra crédibles leurs belles promesses de ne pas « abandonner le peuple » après les défaites électorales. Le peuple n’a pas besoin de « proximité » passive et vide. Il a besoin d’accompagnement dans ses luttes, d’impulsion concrète sur des revendications concrètes.
Ainsi l’avant, le pendant, et l’après, forment un tout cohérent non pas pour « réconcilier le citoyen avec la politique » comme disent certains phraseurs, mais bien pour aider les masses à prendre en mains leurs problèmes et donc leurs destinées.
Publié le 5 janvier 2026 dans Révolution socialiste n°428