Il est bien vrai que la sécurité est une véritable préoccupation de toute notre population allant de Grand-Rivière à Sainte-Anne. Elle fait alors l’objet d’une place non négligeable de tous les discours à l’occasion des municipales de 2026. Mais certains candidats n’y répondent qu’en termes de vidéosurveillance et/ou d’armement plus lourd des polices municipales, avec une réponse déjà dangereuse, et n’étant qu’une véritable impasse.
Avant tout, l’insécurité est d’abord sociale, sexiste, raciste…La crise économique et sociale (croissance du chômage, recul des services publics et des droits sociaux, difficultés grandissantes des couches populaires…) mine l’État social et les solidarités.
L’impératif consiste à s’attaquer aux diverses formes d’inégalités, à l’échec scolaire, au chômage, au sous-emploi, aux bas salaires, au mal-logement, à l’oppression patriarcale, aux violences faites aux femmes… Ces pistes concernent l’État, l’intercommunalité, et aussi les municipalités !
Tu as participé à la dernière réunion du comité Dlo linô, quel était le problème ? Quels sont vos projets de lutte ?
D’abord le KOLEKTIF DLOLINÒ est un regroupement de plusieurs collectifs communaux d’usagers du Nord (Basse-Pointe, Morne Capot, Lorrain, Sainte-Marie, Marigot Saint-Pierre, Case-Pilote) et une Association de Défense des Usagers, constitué, à l’origine pour protester contre les montants (jugés excessifs, voire fantaisistes pour certaines) de leur facturation d’eau ; problèmes survenus depuis que la SAUR (par la volonté politique de CAPNORD) a pris le relais de la SME comme nouveau délégataire du service public de l’eau dans le Nord (18 communes).
À ce problème de « factures surestimées » (reconnues publiquement par AZEROT) sont venus se greffer (cf. courrier du 3/12/25 à ce dernier) non seulement un relevé de « 11 manquements » du service administratif de la SAUR, mais aussi et surtout des revendications sociales (gratuité des 20 m3 en guise de réparation de nombreuses coupures d’eau subies, le réexamen du montant de la taxe d’assainissement etc.) et démocratiques (demande de la présence d’une « commission citoyenne » au sein de Cap-Nord avec des prérogatives précises). Le Kolektif va jusqu’à réclamer « l’annulation pure et simple de cette attribution » du marché à la SAUR !
Quelle coordination avec le comité citoyen du sud ?
Avec le Comité Citoyen du Sud (réunion du 14/02/26 la question de la coordination s’imposait dès lors que le CCMS (après AZEROT) nous a confirmé par la voix de son président ( R.LANOIX) avoir des relations formelles et soutenues avec ce dernier sur… le même sujet – Et que cette extension de leur intervention hors de l’espace sud est conforme à leur ambition : se positionner (s’imposer ?) comme interlocuteur privilégié auprès des collectivités les plus importantes. Par ailleurs, et au principal, mis à part les premiers conseils stratégiques, CMS nous a surtout promis de mettre son infrastructure juridique et méthodologique à notre disposition. C’est en vue d’une prochaine rencontre, que nous tiendrons une séance de travail mercredi prochain à Ajoupa-Bouillon.
La question de l’eau apparaît dans les débats municipaux du moment. Quelles leçons en tires-tu ?
Évidemment, c’est politiquement une bonne chose ; mais je ne suis pas sûr que les termes du débat (quand le sujet est trop rarement selon moi évoqué) soient vraiment accordés à la situation sociale d’une bonne fraction des usager·es notamment dans les communes du Nord (cf. le niveau de pauvreté au sens de l’INSEE). Et encore moins à mon avis aux enjeux écosystémiques sensibles — qui iront en s’accentuant— générés par la diminution attestée de la ressource en eau ; et là, toute la population de la Martinique est concernée !
C’est dire que le « bizness model » actuel (conçu en période d’abondance de l’eau) sur lequel repose la gestion de l’eau est objectivement incompatible avec le niveau de vie de la majorité sociale et, indissociablement, des nouveaux enjeux de… sobriété !
Publié le 9 mars 2026 par Révolution socialiste n°436