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L’état français, le grand gagnant invisible du premier tour des élections municipales en Guyane

par Correspondant·es

Le premier tour des élections municipales de dimanche a rendu son verdict, entre le retour des corrompus et les élections dès le premier tour des maires les plus fidèles à l’état, ce cycle électoral pourrait voir se refermer la parenthèse de confrontation avec l’État ouverte en 2017.

C’est la grande absente de cette campagne municipale en Guyane, l’autonomie de la Guyane tant réclamée depuis 2017, a été totalement absente des débats. Pourtant les maires de Guyane ont un pouvoir conséquent en la matière, membre du congrès des élus, leur voix est déterminante pour fixer le cadre de l’évolution statutaire.

Cette absence est d’autant plus surprenante que l'État vient de voter un nouveau budget d’austérité qui demande plus de 2 milliards d’euros d’économie aux collectivités locales pour 2026. Déjà, cette austérité frappe la collectivité majeure de Guyane, la CTG qui se trouve confrontée à des coupes budgétaires de plusieurs dizaines de millions d’euros selon la seule volonté de l'État !

Au contraire, ce sont les candidat·es les plus compatibles avec la macronie qui sont élus dès le premier tour. À Cayenne, c’est la maire sortante et candidate soutenue par Rodolphe Alexandre (qui sert de relais politique à l’état français depuis près de 20 ans) qui a été largement réélue, idem à Macouria, Regina, Rémire Montjoly, Roura ou encore Saint Georges.

A Sinnamary, le Maire sortant qui avait accepté de servir de marchepied à Macron lors de son petit voyage VIP en avion avant d’accepter le jeu de dupe de l'État pour éviter toute évolution statutaire, est également passé dès le premier tour ! Enfin dans les communes de Matoury et Kourou où un second tour aura lieu, ce sont les candidats macron-compatibles qui arrivent en tête devant les listes des deux députés qui se retrouvent aujourd’hui bien seuls à affronter l'État.

Les acteurs et « leaders » de 2017 ont brillé par leur absence ou leur traîtrise. Contrairement à 2020, aucune liste électorale n’a été menée par l’un d’entre eux. Fini le « dégagisme » des élus corrompus qui viennent se servir avant de servir l’intérêt général ! Pire, à l’image de Trop Violans, une partie du mouvement social a rejoint le camp contre-révolutionnaire servant aujourd’hui pleinement les intérêts de l’état en soutenant tour à tour le Maire de Remire Montjoly, la maire de Cayenne et le maire de Matoury pourtant allié à la droite rétrograde de Roumillac !

Ainsi, à quelques jours du neuvième anniversaire de la grande marche du 28 mars 2017 qui avait vu s’unir l’ensemble du peuple guyanais contre le mépris de l'État et la complicité des élu·es locaux, c’est en position de force que revient l'État français sur le territoire guyanais.

Reste à savoir si un sursaut de la population va ressurgir d’ici le second tour !

Le 18 mars 2026