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Le Parti communiste libanais : Unir les efforts pour faire échouer l’accord de la honte libano-israélien

par Parti communiste libanais

Le Bureau politique du Parti communiste libanais estime que l’accord signé à Washington entre la délégation de l’État libanais et Israël constitue un précédent dangereux en matière de soumission et de capitulation.

Selon lui, cet accord comporte d’importantes concessions de la part de la délégation libanaise, puisqu’il entérine le maintien de l’occupation israélienne sur de vastes parties du sud du Liban. Il n’y est fait aucune mention d’un retrait, ni même d’un calendrier en ce sens. S’y ajoutent les informations faisant état de l’existence d’annexes sécuritaires secrètes au texte rendu public.

En vertu de cet accord, le Liban renoncerait à son droit de faire face à l’occupation et d’y résister, que ce soit sur les territoires occupés ou dans les instances internationales, y compris en poursuivant Israël pour ses crimes et violations du droit international.

Plus grave encore, l’accord ferait apparaître une coopération et une coordination entre les gouvernements libanais et israélien contre une partie libanaise, ainsi que contre le droit du peuple libanais à résister afin de libérer son territoire. Il transformerait ainsi Israël en un partenaire avec lequel il conviendrait de coopérer, tandis que le Hezbollah serait désigné comme un ennemi à combattre, quitte à provoquer une discorde intérieure, jugée inacceptable et ne servant, selon le Parti, que les intérêts d’Israël.

Sous cette forme, le Parti considère que l’accord constitue une victoire majeure pour Israël. Celui-ci aurait obtenu une reconnaissance officielle immédiate à travers des négociations directes auxquelles le Parti s’est toujours opposé, ainsi que par la signature de l’accord. Israël obtiendrait ainsi le volet politique sans s’engager à mettre fin à son agression ni à se retirer. Rien, selon le Parti, ne l’oblige en effet à se retirer, comme en témoignerait le remplacement du terme « retrait immédiat » par celui de « redéploiement », sans aucune garantie. Quant au parrain américain, il ne saurait constituer une garantie pour le Liban, étant, selon le Parti, notoirement aligné sur les positions israéliennes, comme le montrerait notamment son revirement concernant le premier point de l’accord irano-américain au bénéfice d’Israël.

Le gouvernement libanais aurait ainsi ignoré toutes les considérations internes et internationales en se précipitant vers une concession humiliante pour le Liban. Il ne se serait pas conformé à l’Accord d’armistice, qui consacre la frontière internationale entre le Liban et la Palestine occupée, et aurait même dépassé le cadre de l’Initiative de paix arabe adoptée à l’unanimité par les États arabes en 2002.

L’accord prévoirait également un engagement des deux gouvernements à créer un groupe de coordination militaire, avec le soutien et la participation des États-Unis, afin d’assurer la mise en œuvre intégrale de ce cadre.

Sous couvert de réaliser une « paix et une sécurité durables », cet accord constituerait, selon le Parti, une nouvelle étape dans la réalisation des objectifs américano-israéliens d’expansion et d’occupation, au moyen de la guerre, de la destruction, des déplacements forcés de population et du pillage des ressources pétrolières, gazières et hydrauliques du Liban. Il viserait également à déplacer le conflit, en le faisant passer d’une confrontation avec le projet israélien à un affrontement intérieur à caractère confessionnel, dans le contexte d’un système politique confessionnel que le Parti juge responsable des crises, des guerres et des divisions. Le gouvernement libanais aurait ainsi, selon cette analyse, offert à Israël « l’accord de la honte » sur un plateau d’argent.

Le Parti estime dès lors que le devoir national, politique, moral et juridique impose aujourd’hui de travailler à l’annulation de cet accord humiliant, tout en empêchant une explosion de violence et un affrontement interne.

Pour atteindre cet objectif, le Parti communiste libanais appelle à des mesures concrètes visant à unir les efforts afin de constituer un large front national regroupant toutes les forces opposées à cet accord, dans le but de le faire échouer et de se dégager de tous les engagements futurs qu’il implique. Il appelle également les forces nationales, laïques et progressistes, tant au sein du Parlement qu’en dehors, à élaborer une alliance politique claire constituant un noyau solide de rejet de la normalisation, de la voie de la capitulation et des affrontements internes, tout en restant attachées à l’unité nationale et à la lutte pour l’instauration d’un État national démocratique et de résistance.

Beyrouth, le 29 juin 2026

Bureau politique du Parti communiste libanais

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