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Le gouvernement de Mario Soares pris entre deux feux

par Francisco Louçã

Mai 1977 : « La situation politique portugaise est complètement normalisée. » (Mario Soares, secrétaire général du Parti socialiste et Premier ministre du gouvernement portugais)

Avril 1977 : « On assiste tous les jours à des conflits qui doivent être traités comme du sabotage économique. » (Ramalho Eanes, général et président de la République portugaise)

Juin 1977 : « L’autorité de l’État est renforcée. Aujourd’hui l’État existe au Portugal. Il n’existait pas auparavant. Ceci est devenu patent aux yeux des Portugais, le 25 avril dernier, quand ils ont vu défiler les forces armées, remises d’aplomb et hiérarchisées, obéissant à leurs chefs légitimes. » (Mario Soares)

Avril 1977 : « Il importe de reconnaître clairement que les forces de sécurité — Police de sécurité publique, Garde nationale républicaine et Police judiciaire — malgré des efforts dignes d’être salués, se trouvent freinées dans leur action. Il existe des dispositions qui, au nom de la liberté de l’individu contre l’État, laissent l’individu et l’État à la merci des marginaux de la politique ou des professionnels du délit. » (Ramalho Eanes)

Juin 1977 : « Le gouvernement dépend du choix du président de la République qui, à tout moment, s’il le désire, peut révoquer le gouvernement. Le président de la République a été librement élu par la majorité écrasante du peuple portugais et il est aujourd’hui le président de tous les Portugais. » (Soares)

Avril 1977 : « Il est nécessaire de réaliser des ententes sur la base de promesses garanties et d’un soutien sans faille aux mesures de salut national, en sachant que la réalisation de ces buts nationaux dépend, dans une large mesure, du dynamisme de l’initiative privée. » (Eanes)

Juin 1977 : « Ramalho Eanes doit s’efforcer de constituer un autre gouvernement. » (Francisco Sá Carneiro, secrétaire général du PSD — Parti social-démocrate, nouvelle appellation de l’ex-PPD)

Telles sont les paroles de certains des principaux dirigeants politiques portugais, tout au long de la crise politique qui vient de s’accentuer ces deux derniers mois. Elles reflètent les pressions auxquelles est soumis le gouvernement de Mario Soares depuis les énormes manifestations ouvrières du 1er mai, depuis le lancement de l’offensive de la « Convergence démocratique » (le bloc formé par les deux principaux partis bourgeois, le PSD et le Centre démocratique et social — CDS — de Freitas do Amaral) et depuis la croissante intervention politique directe du président Ramalho Eanes et de la hiérarchie militaire. Le gouvernement du PS est pris entre deux feux : d’un côté le chantage, de plus en plus ouvert, de l’impérialisme et de la bourgeoisie portugaise ; de l’autre, le développement de luttes massives de la classe ouvrière et des étudiants.

Les projets du gouvernement

Quand il affirme que « le PS est le médiateur de la société portugaise », Mario Soares donne un résumé de l’équilibre instable où se trouve placé le gouvernement : à l’Assemblée de la République, le Parlement, il s’appuie tantôt sur les votes du PSD (pour la loi sur la délimitation des secteurs public et privé, qui met aujourd’hui en cause 162 des 245 entreprises nationalisées), tantôt sur l’ensemble de la droite (pour l’élaboration du projet de loi sur la réforme agraire), tantôt même sur le PCP (pour le plan 1977/80). Cependant, au fur et à mesure que s’intensifie la pression des luttes et des revendications ouvrières, au fur et à mesure que se renforce la résistance des syndicats à l’application de lois comme celle sur les licenciements (voir Inprecor n° 67 du 10 février 1977), cette politique menace de s’écrouler comme un château de cartes.

Les partis bourgeois ont annoncé qu’ils n’accepteraient pas de compromis ponctuels avec le gouvernement pour faire passer des lois à l’Assemblée de la République. Le président Eanes, pourtant, réclame qu’on limite les libertés syndicales et le droit de grève. Au même moment, le consortium international (formé par les États-Unis, les États membres de la CEE et de l’AELE — sauf l’Islande —, le Japon, le Venezuela, le FMI et la Banque mondiale) qui annonçait un prêt de 1,5 milliard de dollars au Portugal a renoncé à ses intentions ; le prêt de 500 millions de dollars, prévu par les États-Unis et la RFA, quant à lui, reste très hypothétique. Ces deux prêts sont pourtant plus qu’indispensables au gouvernement portugais pour tenter d’équilibrer, avant la fin de l’année, sa balance des paiements fortement déficitaire.

Grâce à la dévaluation de 15 % de l’escudo, les exportations ont augmenté de 26 % au cours du premier trimestre de 1977. Mais, en même temps, les importations ont considérablement crû ; le déficit de la balance commerciale et des paiements s’est aggravé ; l’objectif d’une augmentation de 10 % de la production industrielle est loin d’être atteint, le secteur actuellement en pointe, celui de l’industrie de transformation, n’a pas dépassé, au cours de cette période, un taux de croissance de 7 %, ce qui, en chiffres absolus, est très peu.

Quant aux investissements, aucune amélioration sensible n’est en vue. Certes, la forte augmentation des dépôts bancaires, la reprise du tourisme et la pénétration de l’argent « invisible » des émigrants ont doté le gouvernement et la Banque du Portugal de moyens d’intervention économique plus importants que par le passé. Les patrons, regroupés dans la Confédération de l’industrie portugaise (CIP), ont déclaré le 7 juin : « Il reste à créer les conditions indispensables au rétablissement de la confiance, sans lesquelles il ne peut pas y avoir d’investissements de la part du secteur privé. » Et ils ont énuméré ces conditions : paiement immédiat des indemnisations aux propriétaires d’entreprises ou de terrains nationalisés ; élargissement du secteur privé ; fin des critères bancaires préférentiels d’attribution des crédits au secteur public.

Malgré les fanfaronnades triomphalistes de Soares, le gouvernement se heurte donc à la dure réalité. Les mesures économiques qu’il a prises ont échoué et il doit désormais se lancer dans une nouvelle fuite en avant pour tenter d’échapper à l’aggravation de la crise. Devant l’intransigeance de l’opposition bourgeoise, Soares essaiera, une fois de plus, de négocier avec l’impérialisme. On parle déjà d’une nouvelle dévaluation qui pourrait, au train où vont les choses, devenir inévitable. En attendant, le gouvernement concentre son offensive sur une législation qui lui permette de stabiliser durablement l’évolution politique du pays, c’est-à-dire d’infliger une profonde défaite à la classe ouvrière.

C’est à ce but que correspondent les priorités actuelles du gouvernement :

  • gagner la bataille des contrats collectifs en isolant les luttes des travailleurs qui refusent de limiter à 15 % leur demande d’augmentation de salaire ;
  • négocier un pacte social, sous une forme ou une autre, avec les dirigeants de la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP-Intersyndicale) en jouant de leur volonté de conciliation et d’apparaître comme les interlocuteurs privilégiés du pouvoir ;
  • lancer une attaque frontale contre la réforme agraire par l’intermédiaire de la loi préparée par le ministre de l’Agriculture — membre du PS, naturellement, António Barreto — qui prévoit la remise à leurs anciens propriétaires de la moitié du million d’hectares de terres occupées par les 688 coopératives et unités collectives de production. L’application de cette loi exigerait de provoquer des conflits importants et de déclencher une forte répression, si l’on en juge d’après les mobilisations déjà survenues en octobre à l’occasion de la « désoccupation » de 2 % seulement des terres. C’est impossible pour le moment, comme le démontre la rapide riposte des travailleurs de l’exploitation agricole de Mora, dans l’Alentejo, face à une charge de la GNR qui a fait 50 blessés et qui a provoqué une manifestation de plus de 20 000 travailleurs de l’exploitation agricole. Les syndicats agricoles préparent actuellement une grève générale qui sera déclenchée au moment où la loi viendra en discussion au Parlement ;
  • établir un nouveau rapport de forces au sein du mouvement syndical par la création — à l’initiative du ministre du Travail, le socialiste Maldonado Gonelha — d’une « Fédération des syndicats démocratiques », c’est-à-dire d’une centrale syndicale parallèle et dévouée au gouvernement, pour tenter de battre en brèche la représentativité de la CGTP-Intersyndicale, dont l’influence est forte dans les grandes concentrations industrielles et dans la zone de la réforme agraire, au sud du pays.

La récupération économique à laquelle veut contribuer cet ensemble d’opérations gouvernementales de la direction social-démocrate présuppose une défaite réelle et profonde de la classe ouvrière, dans ses secteurs fondamentaux. Actuellement, le rapport de forces social ne permet pas au gouvernement de concrétiser ses projets. D’où les contradictions, les flottements, les hésitations de Soares et de ses collègues. En témoigne l’exemple de la discussion sur le plan pour 1977/80 que le gouvernement devait présenter à l’Assemblée.

Le texte initial « planifiait » la création de 400 000 emplois, dont 100 000 dans l’agriculture, au cours de cette période. Or le ministre de l’Agriculture déclare abruptement qu’il ne s’engageait à créer aucun emploi. De fait, depuis le début de la réforme agraire, le niveau de l’emploi a augmenté de 229 % dans les zones fondamentales (Beja, Évora, Portalegre, Santarém et Setúbal) et l’application de la loi actuellement proposée sur la réforme agraire a pour fonction essentielle de diminuer le nombre de ces postes de travail. Le texte fut révisé et sa seconde version se contente de proposer la création de 192 000 emplois.

Le gouvernement est déchiré par les critiques dont il fait l’objet et par les pressions qui s’exercent sur lui. Il ne parvient pas à mettre ses projets en pratique. C’est pourquoi l’offensive de la bourgeoisie se renforce et, cette fois, elle porte directement contre le gouvernement de Soares.

La constitution d’un front bourgeois

Le 25 mai et le 1er juin, les principaux dirigeants du CDS et du PSD se sont réunis à Lisbonne. Pour la première fois depuis le 25 avril 1974, les deux partis bourgeois sont parvenus à un important accord : « À partir du moment où s’épuise la capacité d’action politique du gouvernement socialiste minoritaire, le problème d’une alternative doit être posé dans ce contexte », disait le communiqué final de la réunion. Invoquant l’hypothèse d’élections générales anticipées (normalement, elles ne devraient avoir lieu que dans trois ans), appelant à l’intervention du président de la République, les dirigeants des partis bourgeois ne cherchent pas à renverser tout de suite le gouvernement mais, pour le moins, à lancer une offensive conjointe pour miner ses bases, renforcer la crédibilité d’une alternative bourgeoise et pour créer une marge de manœuvre sociale en faveur de l’action du général Eanes.

Ce n’est pas la première fois qu’ils le tentent. En décembre 76, pendant la campagne des élections municipales, Sá Carneiro comme Freitas do Amaral pensaient que les résultats électoraux mettraient en question la continuité du gouvernement de Soares. Ils se trompèrent lourdement. Les votes exprimèrent la réponse élémentaire de la classe ouvrière à l’offensive bourgeoise et donnèrent de nouveau la majorité au PS et au PCP. Mais il existe désormais une différence notable par rapport à cette situation antérieure. L’offensive est aujourd’hui planifiée, organisée en commun et elle se déroule selon un schéma préétabli. Dans un premier temps, le PSD et le CDS cherchent à obliger le gouvernement à régler rapidement, sous leur pression, le problème des indemnisations aux capitalistes, de la révision de la réforme agraire, de la limitation des libertés syndicales et des commissions de travailleurs. D’ores et déjà ces pressions se combinent indiscutablement avec les menaces du président et de la hiérarchie militaire ainsi qu’avec le chantage impérialiste. Ce n’est qu’après les premiers succès de cette offensive que sera mis à l’ordre du jour le changement du gouvernement.

Dans l’impossibilité de s’appuyer sur les mobilisations des travailleurs en lutte contre sa politique, Soares cherche l’appui du côté du pouvoir présidentiel. L’annonce d’un prochain remodèlement gouvernemental en octobre constitue la conséquence de cette orientation. Il aura pour but d’intégrer à l’équipe dirigeante davantage d’hommes de main du général Eanes, et il verra probablement le colonel Firmino Miguel, ministre de la Défense actuel, compagnon de Spínola et non moins fidèle assistant d’Eanes, élevé au rang de contrôleur du gouvernement. C’est donc dans les prochains mois que se présenteront les échéances politiques décisives.

Le retard des luttes

Le 13 mai, 200 000 ouvriers de la métallurgie se mirent en grève dans tout le pays pour revendiquer la signature d’un contrat collectif comportant d’importantes augmentations de salaires, susceptibles d’être révisées en hausse dans un an, contre les propositions et le décret gouvernementaux. Des dizaines de milliers de travailleurs manifestèrent dans toutes les villes. Le même jour, 5 000 étudiants défilaient à Lisbonne pour protester contre la politique du ministre de l’Éducation, Sottomayor Cardia, membre de la direction du PS. Les trois grandes académies universitaires du pays — Coimbra, Lisbonne et Porto — étaient en grève.

Moins de deux mois après, l’explosion des luttes des travailleurs de la pêche, du textile, de la construction, de la fonction publique et des postes et télécommunications, de nouvelles mobilisations massives surgissaient. En janvier et en février de cette année, toutes les luttes partielles s’étaient soldées par des échecs : elles étaient restées isolées et elles n’optaient pas de façon décidée pour la grève comme unique forme de lutte propre à faire céder le patronat et le gouvernement. La centrale syndicale, pour sa part, n’avait lancé aucun mot d’ordre central. Bien que les manifestations du 1er mai aient constitué une puissante démonstration de force du mouvement ouvrier et un encouragement certain à la mobilisation, cette dispersion n’est pas encore surmontée. Mais la bureaucratie syndicale ne peut plus se contenter d’accepter passivement la limitation de 15 % imposée à toute augmentation de salaire par le gouvernement pour tendre les filets de son pacte social. Pour la première fois depuis sa promulgation, les métallurgistes ont mis ce décret en cause dans une lutte de masse d’un secteur vital du prolétariat.

Mais ce renouveau des mobilisations s’inscrit dans un contexte plus général : celui de l’extension sociale de la crise que révèlent avec une acuité particulière les dernières manifestations étudiantes et la grève, longue de plus d’un mois, de toute l’université de Coimbra contre la réintégration dans leurs anciennes fonctions de professeurs fascistes chassés des amphithéâtres le 25 avril 1974. La conjonction de ces différents facteurs est suffisamment explosive pour obliger la CGTP-Intersyndicale à organiser une journée nationale de lutte, le 22 juin, qui devrait également témoigner de l’existence d’une grande combativité dans l’ensemble des masses laborieuses.

La victoire des listes du PCP, lors des élections de directions syndicales, dans des secteurs dirigés depuis souvent plus de deux années par le PS ou par des coalitions PS-PSD, est également un reflet de ce regain d’activité. Ainsi les élections dans les syndicats du commerce, des professeurs de Lisbonne et des employés de bureau de Viana do Castelo ont donné la direction de ces trois syndicats, qui organisent ensemble plus de 100 000 travailleurs, à des militants du PCP.

En l’absence d’une opposition syndicale organisée au sein de la CGTP, il y a un revers à cette médaille. La direction stalinienne de l’Intersyndicale peut plus facilement manœuvrer sans que son orientation syndicale n’entre encore ouvertement en contradiction, dans le cours d’une grande lutte par exemple, avec l’aspiration des travailleurs à aller de l’avant.

L’orientation du PCP, définie par le Comité central des 3-4 avril et confirmée par la Conférence nationale des 4-5 juin, par son objectif de collaboration avec le gouvernement et de conciliation avec la bourgeoisie, est pourtant clairement contradictoire avec la dynamique de ces mobilisations.

En dehors de la répétition des formules habituelles (du genre : « une véritable politique de récupération économique doit se fonder sur l’activation des conquêtes démocratiques, tout en maintenant aussi un large secteur de l’économie capitaliste et de la petite production marchande »), le CC du PCP s’est prononcé avec clarté : « la réduction de la consommation globale doit être une bataille nationale et patriotique » ; « le “pacte social” doit signifier un accord ou un compromis établi avec des garanties entre des forces sociales et politiques larges, ayant pour perspective une politique nationale d’austérité ». Cette orientation ne peut évidemment conduire qu’à la démobilisation des travailleurs. Il en existe un petit indice dans les rangs mêmes du PCP : celui-ci a révélé qu’après deux mois d’intense propagande, 28 000 militants avaient participé aux discussions préparatoires à la Conférence nationale sur la situation économique du pays. Officiellement, le parti d’Álvaro Cunhal compte 115 000 membres.

La construction d’une opposition syndicale est un élément de plus en plus décisif pour offrir une perspective à la combativité des travailleurs et pour commencer à modifier, de façon significative, les rapports de force au sein du mouvement ouvrier. Les positions de lutte de classe de certaines directions syndicales, telles que celle des électriciens du Centre ou celle des métallurgistes d’Aveiro, en sont de premiers exemples. De leur généralisation dépendra la possibilité de combler le retard que les luttes ont pris sur la crise politique et l’offensive centrale de la bourgeoisie.

Une crise sans issue ?

En attaquant sur deux fronts, avec Eanes d’un côté et la « Convergence démocratique » de l’autre, la bourgeoisie met en place son dispositif dans un but bien précis : établir la viabilité de l’alternative gouvernementale PSD-CDS, dans le sillage de l’intervention directe du président de la République, pour préparer la modification ou, mieux, le changement du gouvernement sur la base d’une défaite préalable de la classe ouvrière.

Sous cette pression, le gouvernement tente d’appliquer des mesures propres à se traduire par une telle défaite du prolétariat agricole et du mouvement syndical. Mais les partis bourgeois prennent garde de ne pas précipiter un affrontement aux conséquences encore trop incertaines.

Pour les prochains mois, la perspective reste donc celle de la juxtaposition d’une crise politique aggravée et d’une grande combativité des masses allant en s’élargissant à des secteurs de plus en plus nombreux. Durant cette période d’instabilité sociale prolongée, une alternative se dégagera de plus en plus clairement : ou bien le projet de la bourgeoisie, l’affirmation d’un régime présidentiel, évoluant rapidement pour se libérer de la collaboration de classes directe et tentant nécessairement d’imposer de fortes restrictions aux libertés démocratiques ; ou bien une réactivation des luttes ouvrière, leur combinaison avec la crise politique de manière à favoriser l’intervention autonome du mouvement ouvrier et à stimuler son opposition dans les luttes aux mesures antipopulaires du gouvernement, de la hiérarchie militaire et de la bourgeoisie dans son ensemble.

Pour entrer dans cette longue phase, le mouvement ouvrier dispose de toutes ses forces, qui n’ont été ni entamées ni désorganisées. Le rapport de forces actuel au sein de la classe ouvrière ne permet pas de prévoir, à court terme, la possibilité de débordements massifs de la bureaucratie réformiste. Mais tout l’appareil syndical sera soumis à la pression des importantes mobilisations qui se profilent dans le mécontentement et l’activité présents des travailleurs.

Les prochains conflits, où les militants révolutionnaires sauront prendre toute leur place, doteront les travailleurs d’une expérience précieuse pour répondre aux questions clés de cette nouvelle phase de la révolution : la construction d’une centrale syndicale fédérative et démocratique, l’élaboration d’un plan de lutte ouvrier contre la crise, la perspective d’une grève générale contre la politique d’austérité et les attaques portées au syndicat et à la réforme agraire.

Juin 1977

Lettre hebdomadaire