Le président Donald Trump a signé ce qu’il a qualifié d’« accord de paix avec l’Iran » lors d’un dîner au château de Versailles le 17 juin, sous les applaudissements des chefs d’État du G7. Mais il n’y a pas de paix. Et personne d’autre n’applaudit.
Dans son style typiquement grandiloquent, Trump a déclaré avoir remodelé le Moyen-Orient et « sauvé Israël de l’anéantissement nucléaire ». Il a proclamé : « Navires du monde entier, faites tourner vos moteurs. Que le pétrole coule à flots. » Mais, au moment où j’écris ces lignes, le 21 juin, peu de navires ont franchi le détroit d’Ormuz et le pétrole n’a guère coulé.
Trump, alors même qu’il faisait la promotion de son plan de paix, a menacé à plusieurs reprises de recommencer à bombarder l’Iran.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, mécontent de l’accord signé par Trump, a poursuivi ses attaques contre le Liban, causant davantage de morts et de destructions. Furieux, Trump a lancé à Netanyahou : « Mais qu’est-ce que vous foutez, bordel ? Vous êtes complètement fou. Sans moi, vous seriez en prison ».
Le gouvernement iranien, estimant qu’un cessez-le-feu au Liban faisait partie de l’accord, a désormais refusé de poursuivre les négociations après l’attaque israélienne. Netanyahou affirme qu’il n’y aura pas d’accord tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, le fasciste Itamar Ben Gvir, a tenu des propos effroyables, déclarant qu’Israël devrait « brûler tout le Liban ». Dans l’ensemble, les Israéliens s’opposent à l’accord de Trump et 60 % d’entre eux s’opposent désormais à Netanyahou, principalement parce que l’accord de paix n’élimine pas le Hezbollah.
Aux États-Unis, des sondages récents montrent que 60 % de la population américaine est mécontente de l’accord de paix de Trump. Les responsables politiques républicains et démocrates ne l’apprécient pas non plus. Les dirigeants républicains estiment que l’accord accorde trop à l’Iran : il met fin à toutes les sanctions et prévoit le versement de 300 milliards de dollars à l’Iran, tout en reportant la négociation d’un accord visant à mettre fin au programme nucléaire iranien. Les sénateurs républicains Bill Cassidy, Ted Cruz, Roger Wicker, Tom Cotton et Lindsey Graham ont tous critiqué l’accord en ces termes. Cassidy a qualifié l’accord de « pire gaffe de politique étrangère depuis des décennies ».
Cotton, président de la commission du renseignement du Sénat, a déclaré : « Certains aspects de cet accord constituent un pas dans la mauvaise direction ». Cotton a critiqué la levée des sanctions étatsuniennes sur les exportations de pétrole iranien, qui, selon ses estimations, permettraient au pays d’engranger entre 4,5 et 6 milliards de dollars par mois. « C’est beaucoup d’argent », a-t-il déclaré. « Et nous savons que ce régime révolutionnaire terroriste ne va pas dépenser cet argent pour des crèches ou des hôpitaux. Il va l’utiliser pour reconstituer ses stocks de drones et de missiles, ainsi que pour financer le Hamas et le Hezbollah ».
Les responsables politiques américains et l’opinion publique aux États-Unis ne comprennent pas que le Hezbollah a été créé en tant que milice chiite en réaction à une précédente invasion israélienne en 1982, qui avait conduit à une occupation de 18 ans du Sud-Liban. Le Hezbollah est devenu un parti politique et a mis en place des services sociaux à grande échelle dans le sud du Liban. Les Libanais·es de toutes confessions et de toutes tendances politiques, à l’exception des fascistes chrétiens, en sont venus à l’accepter comme faisant partie intégrante de la société libanaise, même si beaucoup souhaiteraient voir le Hezbollah se désarmer. À moins d’un appel génocidaire de Ben Gvir, du type « brûlez tout le Liban », le Hezbollah n’est pas près de disparaître.
L’accord de Trump, s’il entre un jour réellement en vigueur et s’il est accompagné d’un accord sur le nucléaire, sera probablement moins efficace pour freiner le programme nucléaire iranien que le Plan d’action global conjoint de 2015 du président Barack Obama, que Trump a déchiré en 2018.
Pour l’instant, il n’y a soi-disant pas de guerre, mais en réalité il n’y a pas de paix non plus, et presque personne n’est satisfait de cet accord, à l’exception peut-être des dirigeants iraniens. Aux États-Unis, la population souhaite que la guerre cesse, mais il n’existe pas non plus de mouvement anti-guerre pour y mettre fin. La gauche américaine s’est concentrée sur les primaires et les élections nationales prévues en novembre, qui détermineront qui contrôlera le Congrès. Et si nous descendons dans la rue, cela pourrait changer la politique étrangère américaine.
Le 21 juin 2026, publié par International Viewpoint