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Italie : vers des affrontements décisifs !

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Au cours du printemps et de l’été le niveau des luttes de classe en Europe a atteint une nouvelle intensité. L’effondrement de la dictature salazariste au Portugal et de la junte en Grèce a ouvert de nouvelles possibilités pour les affrontements de classe dans ces régions. Dans notre éditorial sur les évènements du Portugal et de Grèce (Vers un automne chaud en Europe méditerranéenne, INPRECOR n° 5/6), nous soulignions la possibilité de « réactions en chaîne » dans le sud de l’Europe.

La dictature franquiste en Espagne, souffrant déjà de sénilité avancée et frappée par la chute des deux autres dictatures de droite, risque de connaître des explosions inégalées. Dans le dernier numéro d’INPRECOR (n° 7, 5 septembre 1974), nous avons publié un dossier sur l’Espagne, produit par nos camarades de la LCR-ETA(VI), organisation sympathisante de la IVe Internationale en Espagne.

Le quatrième pays de l’Europe du sud connaissant une crise profonde est l’Italie, où une nouvelle montée des luttes ouvrières contre les tentatives de la bourgeoisie de faire payer les coûts de la crise capitaliste à la classe ouvrière peut amener de nouvelles explosions.

Nous publions ci-dessous le texte d’une résolution adoptée par le Comité central des Gruppi Comunisti Rivoluzionari, section italienne de la IVe Internationale, fin juillet. Nous publions également un article de Bandiera Rossa du 3 septembre sur la crise économique italienne, ainsi que l’éditorial de ce même numéro de Bandiera Rossa.

Rappelons aux lecteurs certains éléments d’information. La Démocratie chrétienne, parti dominant de la bourgeoisie italienne depuis la chute du fascisme, a tenu son dernier congrès au printemps 1973. À cette occasion les tendances multiples s’étaient mises d’accord pour voter un texte commun et élire Fanfani secrétaire général (il avait déjà eu la même fonction dans les années 50). La défaite subie lors du référendum sur le divorce a été un coup dur pour Fanfani et a rouvert les polémiques au sein de la DC, marquant ainsi la fin des accords du congrès de 1973.

Le Parti communiste italien (PCI) a lancé la campagne sur le « compromis historique » au lendemain du coup d’État au Chili. Le compromis historique envisage la collaboration entre communistes, socialistes et catholiques, en pratique un bloc entre le PCI et la DC (avec la participation du PSI). Les groupes d’extrême gauche — de plus en plus glissant sur la pente centriste — prennent à ce sujet des positions de plus en plus équivoques. Lotta Continua est allé plus loin. Ce groupe considère que la collaboration entre le PCI et la DC est une étape inévitable du processus en Italie et que le PCI au gouvernement sera obligé d’exprimer, même d’une manière déformée, le « programme ouvrier » qui surgit des masses. Quant à Avanguardia Operaia, ce groupe est désormais explicitement favorable à la lutte pour les réformes.

La gauche syndicale est représentée surtout par des dirigeants et des cadres des syndicats des métallos (FLM — Federazione dei Lavoratori della Metallurgia — Fédération des travailleurs de la métallurgie). Les dirigeants — dont Trentin — sont des centristes de droite typiques (Trentin est membre du PCI). D’autres — membres du PDUP-Manifesto (Partito d’Unità Proletaria, Parti d’unité prolétarienne), deux organisations en processus de fusion — sont plus à gauche, mais ils ne se différencient pas sur l’essentiel. Les groupes centristes se rangent souvent derrière les positions de ces courants syndicaux. Ils sont même allés jusqu’à saluer comme une grande victoire l’obtention d’une garantie très partielle et limitée du salaire intégral chez Alfa Romeo, à appuyer la ligne des syndicats (de la bureaucratie centrale y compris) sur la nécessité des investissements dans le sud du pays, et à considérer comme une victoire importante un accord modeste donnant à certains ouvriers la possibilité d’étudier (les 150 heures).

Les décrets fiscaux ont été adoptés par le gouvernement au début de l’été et confirmés par le parlement à la mi-août. Ils impliquent toute une série de mesures fiscales ayant comme conséquence la réduction du pouvoir d’achat des travailleurs et une augmentation très sensible des prix (par exemple de l’essence). D’après certains calculs, des ouvriers ayant un salaire de 180/200 000 lires pourront subir une perte de 25/30 000 lires par mois. Le PCI a fait passer au parlement des amendements mineurs. Les décrets concernant l’école ont été adoptés au printemps et ils prévoient des structures soi-disant représentatives, dans lesquelles les étudiants sont sous-représentés.

Précisons finalement que, au cours des toutes dernières semaines, après l’avoir dénoncée comme démagogique et maximaliste, les syndicats ont décidé de commencer une lutte pour imposer des augmentations liées à l’échelle mobile des salaires égales pour tout le monde, au niveau de la catégorie qui obtenait l’augmentation maximum.

Été 1974

Lettre hebdomadaire