Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe Internationale sur l’agression sioniste au Liban
L’État sioniste a déclenché une nouvelle guerre d’agression contre le Liban méridional. Il a bombardé des camps palestiniens, des villes et des villages libanais ; il a utilisé les armes les plus barbares employées par l’impérialisme américain au Vietnam ; il a massacré des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ; il a provoqué un exode tragique de populations chassées de leurs terres et privées de toutes ressources ; il a lancé une vague de répression dans les régions anciennement occupées. Une fois de plus, il a pris la responsabilité de créer une situation susceptible de déboucher sur une guerre dont les conséquences internationales risqueraient d’être effroyables.
En se camouflant derrière de faux prétextes, le gouvernement de Jérusalem a voulu infliger à la résistance palestinienne l’un des coups les plus durs qu’elle ait jamais reçus. Il cherche à établir un contrôle sur le Liban du sud — y compris par une collaboration avec les réactionnaires libanais — pour créer des conditions plus favorables à l’établissement d’un accord de « paix », fondé sur la négation des droits les plus élémentaires du peuple de Palestine et sur le maintien de toutes les conquêtes territoriales de l’expansionnisme sioniste.
À l’initiative du gouvernement des États-Unis qui veut permettre aux classes dominantes arabes de sauver la face, l’ONU a adopté une résolution hypocrite qui évite toute condamnation explicite de l’invasion du Liban et décide une nouvelle expédition des « casques bleus ». Ceux-ci n’auront d’autre tâche que de sauvegarder, contre le mouvement palestinien, le nouveau statu quo après que l’armée sioniste aura accompli sa mission de « nettoyage ».
À nouveau, les États arabes ont révélé leur choix fondamental. Le Front dit de la « fermeté » est resté passif, confirmant ainsi le caractère démagogique de ses déclarations tonitruantes.
Les dirigeants égyptiens redoutent l’éclatement d’une crise de leur régime provoquée par la lamentable faillite de la diplomatie de « paix » de Sadate. La Syrie, responsable de la « force arabe de dissuasion », s’est bien gardée de voler au secours des Palestiniens. En fait, toutes les classes dirigeantes arabes, par leur attitude, ont prouvé qu’elles ne veulent prendre aucun risque pour défendre les droits légitimes du peuple palestinien. Elles envisagent avec une complaisance cynique un affaiblissement de la résistance palestinienne aujourd’hui tragiquement isolée.
Les dirigeants sionistes se sont emparés de l’initiative terroriste de Tel-Aviv pour tenter de justifier, avec l’appui de la presse internationale, l’invasion du Sud-Liban.
En réalité, cette opération militaire était planifiée de longue date. Il ne leur manquait que le prétexte. L’action désastreuse des commandos du Fatah le leur a malheureusement fourni.
Solitaires et acharnés, les feddayins ont opposé une résistance acharnée au Blitzkrieg israélien. Victimes de l’abandon des États arabes et poussés dans une impasse par l’orientation stratégique de la direction de l’OLP, les combattants courageux de la résistance palestinienne ont, plus que jamais, besoin de la plus large solidarité internationale.
Les organisations ouvrières du monde entier doivent se mobiliser contre le génocide perpétré par le gouvernement sioniste. Il faut exiger le retrait immédiat des troupes israéliennes du Liban et dénoncer l’installation de contingents de l’ONU arrivés derrière les tanks israéliens. Il faut s’opposer à la fermeture des bureaux de l’OLP, envisagée par certains gouvernements.
Soutenons le mouvement palestinien dans sa lutte héroïque pour son existence et ses droits légitimes.
Israël hors du Liban !
Non à l’intervention de l’ONU !
Le 22 mars 1978