Nous avons maintes fois signalé ici le combat de Sabrina Cajoly, soutenu sans faille par LYANNAJ POU DÉPOLYÉ MATINIK et par les députés de chez nous, avec une question au gouvernement par Marcellin Nadeau, pour obtenir qu’un demi-siècle plus tard, l’extension de la charte européenne des droits sociaux aux territoires dits « ultramarins ».
Cette charte avait été adoptée par le Conseil de l’Europe (ne pas confondre avec l’union européenne plus restreinte). La France tirait quelque fierté de l’adoption de cette charte pour l’Europe, mais estimait que c’était une denrée trop raffinée pour ses territoires coloniaux. Le mérite de Sabrina est d’abord d’avoir découvert le pot aux roses, de l’avoir dévoilé, d’avoir alerté puis remué ciel et terre contre cette clause « coloniale » d’exclusion. C’est donc une victoire pour elle, pour nous tous et toutes qui l’avons soutenue.
À l’occasion, nous avons entendu une petite musique allant en sens contraire. La bataille aurait été « assimilationniste » puisqu’on réclamait à l’Europe une charte faite pour l’Europe. À ce rythme-là, il ne faudrait pas s’adresser aux tribunaux européens quand on perd dans le système judiciaire français, il ne faudrait pas utiliser les possibilités de s’adresser à l’ONU, puisque cette possibilité découle de notre appartenance à la France, etc.
En réalité, rien n’est plus assimilationniste que de se contenter de se battre dans un tête-à-tête exclusif avec la France, sans chercher à exploiter les contradictions inhérentes à notre situation coloniale. Le formalisme est souvent producteur d’impuissance et d’abstention de lutter.
Merci Sabrina, de ta persévérance lucide.
Publié dans Révolution socialiste n°439 du 22 mars 2026