Comme tout le monde, nous pensons que les mesures étasuniennes pour étrangler Cuba sont arrivées à leur sommet, encouragées par l'assourdissant silence de la « communauté internationale » à l'annonce solennelle par Donald Trump de l'anéantissement de l'Iran et de son peuple, le soir même à vingt heures.
Mais Trump trouve toujours une mesure pour faire pire. Ce premier mai, il a jugé bon d'annoncer « de nouvelles sanctions contre Cuba », dont la reddition serait selon lui « imminente », grâce à l'entremise de son gusano de secrétaire d'État. Il ne digère pas la puissante manifestation anti-impérialiste de La Havane. Il enrage de constater que Cuba n'est pas le Venezuela, que dans un pays qui a renversé le capitalisme et éradiqué la bourgeoisie oligarchique, le peuple se rassemble pour défendre sa souveraineté, malgré les énormes difficultés du quotidien et les griefs à l'encontre du pouvoir.
C'est bien pourquoi la stratégie trumpienne est celle de l'asphyxie d'une population pour qu'elle cède, et que disparaisse le « mauvais exemple » de la dignité cubaine dans une Amérique du Sud où la résistance à l'impérialisme n'a plus la flamboyance des débuts du XXIe siècle.
Devant ses déconvenues en Iran, Trump rêve d'un délitement de la révolution cubaine qu'il pourrait offrir comme lot de consolation à sa base de médiocres fachoEs déconcertéEs par l'aggravation de leurs conditions de vie, liée aux continuelles agressions exploitatrices du système capitaliste qu'il pilote avec la plus erratique des ardeurs.
La soixantaine de personnes présentes à Rivière-Pilote, à l'appel de LYANNAJ MATINIK POU KIBA — SOLIDARITÉ !, a pu réfléchir sur cette situation en la replaçant dans son cadre historique. La municipalité de la ville a salué et participé à l'événement. Les partisans de l'ex-majorité marie-jeanniste étaient aussi bien représentés.
Ce fait n'est pas anecdotique. Il montre que la solidarité avec le peuple cubain — un peuple qui a tant fait pour la souveraineté de tous les peuples du monde — est une cause qui peut rassembler de larges couches du peuple martiniquais en dépit de divergences notoires.
Un seul problème, et de taille : convaincre massivement de l'urgence et du poids de ce que nous pouvons faire depuis chez nous, sur le plan de la mobilisation politique comme sur celui de la solidarité humanitaire.
Publié dans Révolution socialiste n°445 le 4 mai 2026