Revue et site sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Martinique : Un Premier Mai malgré tout !

En dépit d'une bien modeste préparation collective, la quasi-totalité des centrales syndicales se sont retrouvées au rendez-vous du 1er mai à la Maison des syndicats, puis avec un bon millier de manifestants dans les rues.

Cela témoigne de la force d'une tradition, jadis plus ou moins contrariée par des discours dilatoires entendus jusque dans les rangs syndicaux (tentation d'opposer le 1er mai au 22 mai, scepticisme face à une journée de lutte des travailleurEs dans un pays au fort taux de chômage, velléité de choisir sans concertation d'autres lieux qu'au départ de la maison des syndicats, allégation que le 1er mai était un moment de fête ouvrière et non de manifestations de rue et même, c'est arrivé, évocation de divergences avec telle ou telle organisation pour justifier des premiers mai séparés…). Cette année donc un premier mai unitaire s'est imposé, …malgré tout !

La grande bourgeoisie, son État et ses médias les plus zélés n'ont pourtant pas lésiné sur les moyens pour liquider ou affaiblir cette journée prolétarienne internationale. Cette journée qui leur reste encore au travers de la gorge, 150 ans après !

Les Attal, Retailleau, Macron et autres Bardella/Le Pen, ont tout fait pour réduire drastiquement les secteurs où l'interdiction du travail salarié le 1er mai s'applique. On assiste même au soutien indécent et délictueux du Premier ministre Lecornu à un employeur fautif, verbalisé par les services de la Direction du travail pour avoir violé la loi sur le chômage du 1er mai.

Toute une flopée de « journalistes » a, de son côté, lourdement souligné que le 1er mai 2026 ouvrait un long week-end propice au farniente. Nous, le GRS, avons ramé en sens inverse en multipliant les interventions médiatiques, les réunions et conférences pour souligner les enjeux et défendre une tradition qui appartient d'abord à la classe ouvrière internationale et, par extension, à toutes les victimes de l'exploitation, de l'oppression, de la discrimination, du racisme, du masculinisme, etc. Les valeurs du 1er mai sont aujourd'hui d'une brûlante actualité. La vie chère, les bas salaires, les services publics dégradés, les violences du système, la négation du droit à l'autodétermination ne sont pas des affaires strictement martiniquaise, guadeloupéenne, guyanaise. Ce sont des affaires mondiales. Les conséquences des turpitudes trumpiennes sont dans notre proche environnement, chez nous-même, et impactent concrètement nos conditions de vie.

Depuis des années, nous lançons l'alerte face à la fascisation dont Trump est le symbole le plus caricatural. Nous y voilà ! Et le spectre hante maintenant la France. Mais il y a une certitude plus forte : c'est qu'aucune fatalité ne nous empêchera de résister pour renverser le cours actuel des choses. Cela ne se résume pas à une échéance électorale, même si la prochaine est de grande importance. C'est d'abord une histoire de combat quotidien, à toutes les échelles, et sur tous les terrains.

Dans cette suite-là réside le vrai sens de notre 1er mai 2026. Le combat continue. Jik an bout !

Publié dans Révolution socialiste n°445 le 4 mai 2026