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Des syndicalistes du Minnesota visé·es par les actes d’accusation fédéraux à l’encontre des observateurs de l’ICE

par Sarah Lazare, Amy Livingston
Une délégation de travailleur·ses issu·es de divers syndicats et centres de défense des travailleurs a reçu collectivement le « Troublemakers Award » au nom des travailleurs des Twin Cities qui ont repoussé l’offensive de l’ICE lors de la conférence Labor Notes de cette année. © Jim West / jimwestphoto.com

Des syndicalistes du Minnesota actifs au sein d’assemblées de travailleurs figurent parmi les 15 personnes mises en examen aujourd’hui par le gouvernement fédéral, dans le cadre d’une vaste répression visant les mouvements d’opposition à l’ICE et à la police des frontières depuis décembre 2025. Parmi une multitude d’autres allégations, l’acte d’accusation cite la participation de certaines de ces personnes à des assemblées de syndicalistes et d’autres travailleur·ses organisées au United Labor Centre de Minneapolis comme preuve que les militant·es ont pris part à un complot criminel.

Les 15 personnes mises en examen sont toutes accusées de « complot visant à entraver ou à porter atteinte à un agent fédéral », ce que les militant·es présentent comme une tentative d’utiliser des chefs d’accusation draconiens pour écraser le très populaire mouvement de mobilisation au Minnesota contre les agents fédéraux armés qui ont envahi l’État l’hiver dernier.

« Des syndicalistes actifs au sein des rassemblements de travailleur·ses figurent parmi les personnes arrêtées », déclare Kieran Knutson, président de la section locale 7250 du syndicat Communications Workers of America. « Les syndicalistes, que je connais depuis des années, sont des personnes intègres qui croient en la solidarité. Ils estiment qu’une atteinte portée à l’un d’entre eux est une atteinte portée à tous. Ce sont d’excellent·es militant·es syndicaux·les au sein de leur syndicat et sur leur lieu de travail, et je suis fier de les connaître tous. »

Marcia Howard, présidente de la section des enseignant·es de la section locale 59 de la Minneapolis Federation of Educators (MFE), a confirmé que des syndicalistes figuraient parmi les personnes placées en détention. « Je trouve révélateur qu’ils s’en prennent aux syndicalistes, y compris à des enseignant·es que je connais personnellement, et qu’ils s’en prennent aux travailleur·ses. Je suis vraiment furieuse », a-t-elle déclaré.

Howard s’abstient de révéler le nombre exact de syndicalistes et leurs fonctions au sein du syndicat par souci de préserver leur vie privée.

« Je pense que cela vise à dissuader les travailleur·ses de s’opposer haut et fort à la violence d’État en tenant des propos tels que “Fuck ICE” ou “ICE dehors !”. Ils veulent nous amener à un point où nous aurons peur de dire ce que nous devrions avoir le droit de dire, alors on les emmerde », a ajouté Howard.

Plus tard dans l’après-midi, le MFE a déclaré dans un communiqué : « Ce matin, des agents du DHS ont arrêté une membre de notre syndicat à son domicile ». Le communiqué précisait que « cette administration et le ministère de la Justice ont à plusieurs reprises déformé les faits concernant l’occupation et les dizaines de milliers de voisins ordinaires qui s’y sont opposés ; toute allégation formulée à l’encontre de notre adhérente doit donc être considérée sous cet angle ».

Lors du congrès de l’AFL-CIO à Minneapolis au début du mois, le mouvement syndical du Minnesota a été mis à l’honneur pour son action syndicale énergique contre l’ICE, qui comprenait notamment la participation à la distribution de nourriture aux membres en fuite, la mise en place de réseaux d’intervention rapide et un arrêt économique massif le 23 janvier, sous la bannière « Pas de travail, pas d’école, pas de courses ».

Les assemblées de travailleurs s’inscrivaient dans ce contexte d’organisation. Plusieurs de ces rassemblements ont eu lieu depuis décembre 2025. Des centaines de travailleurs·se, syndiqué·es ou non, se sont réuni·es pour discuter des moyens de s’organiser contre l’ICE, de tisser des liens entre les communautés et le mouvement syndical, et de débattre de résolutions sur des sujets allant des actions de solidarité du 1er mai aux guerres menées par les États-Unis.

Knutson les décrit comme « une tentative de créer un espace démocratique permettant aux travailleur·ses de prendre part aux décisions concernant la manière dont le mouvement ouvrier participe à la résistance contre l’ICE, et au mouvement syndical en général ».

« La plupart des syndiqué·es peuvent se rendre aux réunions de leur syndicat si celui-ci en organise et participer ainsi, mais il s’agissait ici de le faire entre les différents syndicats, les différents secteurs d’activité et les différents métiers, de manière directement démocratique, pour échanger, discuter et débattre de ces questions ; vous savez, ce n’était pas un faux nez d’une tendance politique particulière. Plusieurs syndicats ont parrainé cet événement. »

Les dernières arrestations fédérales visant des activités protégées par le premier amendement s’inscrivent dans le cadre d’une offensive plus large contre les ennemis politiques de Trump, qu’il a intensifiée ces derniers mois, en mettant particulièrement l’accent sur les « antifa », la « gauche » et les défenseur·ses des droits des personnes transgenres.

La section locale 28 de la Fédération des éducateurs de Saint Paul a publié mardi après-midi un communiqué condamnant cette répression : « En tant que syndicat ayant réagi à l’opération Metro Surge en diffusant des informations sur la manière de protéger les droits des immigré·es, en mettant en place des réseaux d’entraide, en plaidant pour des moyens d’assurer la sécurité de la communauté tout en défendant le respect, en toutes circonstances, des droits constitutionnels et légaux de nos élèves, de leurs familles et de nos membres, et en participant à des manifestations pacifiques, nous comprenons cette action du ministère de la Justice comme ce qu’elle est : une nouvelle tentative visant à intimider les habitant·es du Minnesota pour les réduire au silence et les pousser à la complicité. »

Publié par Workday Magazine le 16 juin 2026

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المؤلف - Auteur·es

Sarah Lazare

Sarah Lazare est rédactrice en chef du Workday Magazine

Amy Livingston

Amy Livingston est formatrice en matière de droit du travail au Labor Education Service de l’université du Minnesota.