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Danemark : La fin de la paix sociale

par Benny Åsman

Depuis 10 mois, la classe ouvrière danoise a été confrontée à deux problèmes politiques différents et difficiles. Elle eut d’abord à affronter un gouvernement bourgeois réactionnaire dirigé par Poul Hartling. Au cours du printemps 1974, Hartling appliqua, ou plutôt tenta d’appliquer, une politique ouvertement anti-ouvrière. Cette tentative échoua ; elle rencontra une mobilisation croissante de la classe ouvrière, qui conduisit finalement à la chute du gouvernement Hartling en janvier 1975.

Depuis, les travailleurs ont trouvé face à eux un gouvernement social-démocrate minoritaire qui, en réalité, essaie d’utiliser son influence traditionnelle parmi les travailleurs pour imposer une solution à la crise économique, pratiquement identique à celle qui était préconisée par le gouvernement Hartling et dont ce dernier tenta en vain la réalisation.

La lutte contre Hartling

Sous le gouvernement Hartling, la classe ouvrière danoise engagea un combat de classe qui mit définitivement fin à la longue période de paix sociale, si familière des pays scandinaves. Sous la pression d’une récession économique extrêmement grave, avec un déficit énorme de la balance des paiements, une aggravation dramatique des difficultés des industries exportatrices et une augmentation du chômage de 3% au printemps dernier à 12% en janvier, la classe ouvrière fut contrainte à l’action pour la défense de l’emploi et de son niveau de vie.

Industrie après industrie des milliers de travailleurs se mettaient en grève pour répondre aux licenciements et aux attaques contre les salaires. Fait plus important, la classe ouvrière fut capable d’organiser trois ripostes majeures à des provocations particulières de Hartling :

- En mai 1974, plus de 200 000 travailleurs se mettaient en grève et participaient à plusieurs grandes manifestations contre une réforme réactionnaire de l’impôt soumise au Parlement par le gouvernement Hartling. (Voir Inprecor n° 4).

- En octobre 1974, plus de 35 000 travailleurs se mirent en grève en solidarité avec 400 ouvriers condamnés par les tribunaux du travail pour leur participation à des grèves « illégales » pendant les manifestations de mai. Cette riposte des travailleurs fit abandonner au gouvernement son projet de poursuivre, au total, plus de 37 000 travailleurs pour le « délit » de participation aux grèves de mai.

- Finalement, en novembre, plus de 120 000 travailleurs descendirent dans la rue à l’appel des organisations ouvrières politiques et syndicales pour protester contre la politique du gouvernement et exiger sa démission.

En dépit de ces claires indications de l’esprit combatif et de l’état de mobilisation des travailleurs, le gouvernement Hartling décida de maintenir sa ligne dure sur la politique salariale. En réalité il n’avait pas le choix. La situation économique extrêmement difficile ne laisse guère de marge de manoeuvre aux capitalistes et à leur régime pour faire des concessions aux travailleurs. Ceci devint très clair dans la période qui suivit la manifestation du 26 novembre. Dans tout le pays les négociations salariales entre la LO (Landsorganisationen, le syndicat national) et la DA (Dansk Arbejdsgiverforening - l’organisation des patrons danois) étaient alors une question de premier plan. Le gouvernement Hartling déclara vertement qu’il n’accepterait pas d’accord entre la LO et la DA, en dehors d’une « solution zéro », c’est-à-dire aucune augmentation de salaire et l’abrogation des accords sur les clauses d’échelle mobile existantes. Si la LO et la DA ne parvenaient pas à un accord sur la « solution zéro », annonça Hartling, le Parlement aurait alors à voter une loi l’imposant.

A partir de considérations différentes les partis ouvriers refusèrent cette position. Les sociaux-démocrates déclarèrent qu’ils s’opposeraient aux plans de Hartling parce que sa politique des revenus était « socialement injuste ». Le Parti Communiste et le SF (Socialistisk Folkeparti - Parti socialiste populaire) exprimèrent leur opposition à la politique des revenus proposée et à l’idée de politique des revenus en général. A la mi-décembre, il était devenu clair que le gouvernement ne serait pas capable de gagner une majorité parlementaire à ses positions. Au même moment des sondages indiquaient la possibilité de progrès électoraux pour le parti de Hartling (le Venstre - parti de « gauche »). Le gouvernement préféra dissoudre le parlement et convoquer de nouvelles élections pour le 9 janvier, plutôt que d’encourir une défaite certaine par un vote parlementaire minoritaire sur la question de sa politique salariale. Le but de Hartling était limpide : rallier suffisamment de voix bourgeoises et petites-bourgeoises derrière les positions de son parti afin d’obtenir une majorité bourgeoise au Parlement qui soutiendrait son intervention pour la « solution zéro » dans les négociations salariales. L’opération se conclut par un échec qui fit chuter son gouvernement.

La crise gouvernementale

Le parti Venstre augmenta en effet le nombre de ses sièges au Parlement (de 22 à 42) ; mais il les gagna aux dépens des autres partis bourgeois. Au total les partis bourgeois perdirent 10 sièges (passant de 112 à 102). Les partis ouvriers augmentèrent leur représentation de 63 à 73 sièges (la social-démocratie de 46 à 53 ; le SF de 9 à 11, le PC de 6 à 7). Le VS (Venstresocialisterne - socialiste de gauche), parti centriste de gauche qui n’était pas représenté au gouvernement, fit un score notable en obtenant 2,1% des voix et, par conséquent, 4 sièges.

Les résultats des nouvelles élections approfondirent la crise gouvernementale. D’une part, lors de ses manoeuvres post-électorales, Hartling se révéla clairement incapable de regrouper un nombre suffisant de forces bourgeoises pour obtenir une majorité derrière son projet de gouvernement qui interviendrait dans les négociations salariales pour imposer un blocage des salaires. D’autre part, les sociaux-démocrates rejetaient l’idée d’une coalition majoritaire avec le parti Venstre à cause de leur désaccord sur la politique des revenus. Une coalition entre les sociaux-démocrates et les autres partis ouvriers était hors de question à la fois en raison du refus traditionnel de la part de la social-démocratie de collaborer avec le PC, et du rejet de la politique des revenus sociale-démocrate par le PC, le SF et le VS. Après plus d’un mois de crise gouvernementale, les sociaux-démocrates, avec leurs 53 députés sur 175, acceptèrent de former un gouvernement minoritaire en espérant jouer sur des majorités changeantes rassemblant les autres partis ouvriers et certains des partis bourgeois.

Les résultats électoraux reflétaient les modifications intervenues au cours de la période écoulée dans le mouvement ouvrier danois. La social-démocratie a commencé à perdre sa traditionnelle hégémonie dans le mouvement ouvrier en tentant d’imposer, au moment où des secteurs de plus en plus larges de la classe ouvrière se mobilisent et entrent en lutte, une politique de droite vermoulue. C’est même visible sur le plan électoral. Une opposition est apparue qui regroupe nationalement plus de 11% des voix et plus de 20% dans les grandes villes. En dépit du caractère réformiste et électoraliste de sa politique, cette opposition est perçue par une grande partie de la classe ouvrière comme une direction alternative dans la lutte contre les capitalistes. Ce phénomène est encore plus prononcé dans les syndicats, où il constitue un développement dangereux pour les sociaux-démocrates. Il semble peu probable qu’ils ne réagissent pas sans une bataille pour regagner le terrain perdu, encore que rien ne l’indique pour l’instant.

La politique des revenus sociale-démocrate

Tout au long du développement de la présente récession économique et de la période de négociation salariale, les sociaux-démocrates ont poussé les travailleurs à sacrifier aux « intérêts de la nation » et à restreindre leurs revendications pour des augmentations de salaires. Ils ont préconisé l’intervention du gouvernement si les travailleurs en demandent « trop ». Avant la chute de Hartling, les sociaux-démocrates pouvaient travestir leur politique des revenus et leur opposition au projet de Hartling sous la revendication d’une « politique des revenus socialement juste » ; la majorité de la classe ouvrière ne comprenait pas clairement ce que cela voulait dire. Seule une petite avant-garde réalisait que cela revenait à une attaque contre le niveau de vie des travailleurs.

Tout de suite après la formation du gouvernement social-démocrate minoritaire, le spectacle fut mis en scène. La LO et la DA se mirent à crier à la catastrophe imminente sur le marché du travail. Les négociations salariales furent rompues et la LO commença à menacer d’une grève de ses 300 000 adhérents et plus ; la DA riposta en brandissant la menace du lock-out contre ces 300 000 travailleurs. La LO et la DA rejetèrent ensemble la proposition d’un médiateur pour les négociations. Les journaux bourgeois et sociaux-démocrates, à l’instar de la radio et de la télévision, répandaient le spectre de la catastrophe économique et des 300 000 chômeurs.

C’est dans ce climat que la social-démocratie passa à la réalisation de l’initiative qu’elle avait préparée. Le gouvernement adopta la proposition du médiateur et la soumit au parlement sous forme d’un projet de loi. Evidemment les capitalistes l’espéraient depuis le début. La tactique de la DA, en rejetant une proposition en réalité très favorable aux travailleurs, était de faire échouer les négociations pour faire adopter la même proposition au Parlement, soumise par les sociaux-démocrates comme projet de loi. Que l’accord salarial soit en effet favorable aux intérêts capitalistes fait peu de doute.

Tous les travailleurs adhérents de la LO dans le secteur privé doivent accepter un blocage virtuel des salaires pendant deux ans, qui ne souffre que de rares exceptions. Les mêmes restrictions seront imposées aux travailleurs du secteur public. Les augmentations de salaires autorisées par l’échelle mobile furent légèrement augmentées. Mais en réalité, cette augmentation était déjà manipulée avant d’exister, puisqu’une base 100 était fixée au 1er janvier pour l’index des prix, ignorant ainsi de coter les 2% d’augmentation des prix antérieure à janvier. Enfin, dans l’intérêt de la « justice sociale », le paiement des dividendes ne pourra pas dépasser le niveau où ils se trouvaient le 6 mars ; mesure ridicule que tous les capitalistes trouveront le moyen de contourner.

Le 10 mars, la loi salariale était adoptée par le Parlement, à une majorité rassemblant les sociaux-démocrates et les partis bourgeois. Les autres partis ouvriers votèrent contre.

La réponse des travailleurs

Superficiellement, la réponse des travailleurs apparaît paradoxale surtout si on la compare à la réponse que rencontrèrent les diverses provocations de Hartling en 1974. La réaction fut en effet très limitée, s’exprimant dans des grèves et des manifestations. 30 000 travailleurs environ se mirent en grève pour peu de temps ; et 5 000 travailleurs seulement prirent part à une manifestation devant le Parlement pour protester contre l’intervention gouvernementale.

L’appel à la manifestation avait été lancé par le Formandsinitiativet (Initiative des Présidents - l’organisation des présidents des syndicats locaux) et soutenu par le PC, le SF, et le VS, c’est-à-dire les mêmes forces que celles qui avaient rassemblé plus de 120 000 travailleurs contre Hartling, 4 mois auparavant.

Mais le paradoxe n’est qu’apparent. Il s’agit en réalité des limites du développement de la conscience de classe et de l’expérience politique parmi les travailleurs. Contre le gouvernement ouvertement réactionnaire de Hartling, une grande partie de la classe ouvrière pouvait démontrer sa combativité. L’augmentation constante du chômage - avec la peur de perdre son emploi qui en découle - et la politique changeante et sans principe des autres partis ouvriers n’expliquent que partiellement la combativité ouvrière limitée contre la loi sociale-démocrate. L’explication fondamentale se situe dans le cadre différent de cette intervention gouvernementale. Cette fois c’est un gouvernement social-démocrate qui intervient, et qui bénéficie encore de la confiance de la grande majorité des travailleurs.

Alors que la réponse de la masse des travailleurs illustrait les limites de leur maturation politique (leur incapacité à déchiffrer la manoeuvre parlementaire des sociaux-démocrates), les grèves et les manifestations qui eurent lieu illustrent l’ampleur assez impressionnante des secteurs d’avant-garde de la classe ouvrière. Les travailleurs des chantiers navals étaient au premier rang des grèves. Presque tous les chantiers navals (environ 30 000 travailleurs) se trouvaient en grève. Certains travailleurs des brasseries et de nombreux travailleurs de la construction se mirent également en grève. Le sentiment de ces travailleurs d’avant-garde fut résumé par Johnny Laugesen, délégué de l’usine de moteurs B&W qui participait à la manifestation devant le parlement : « J’appelle ça (l’intervention social-démocrate) une trahison de la classe ouvrière. Cela mérite une réponse. Il n’y a pas de raison que le mouvement syndical continue à donner des millions de couronnes à la social-démocratie pendant que le gouvernement transforme la proposition du médiateur en une loi. Le droit à des négociations salariales libres est une grande illusion maintenant. L’intervention est réalisée au nom de la situation économique grave. Anker Jørgensen (le premier ministre social-démocrate) utilise les mêmes arguments que Hartling en 1974 ».

A court terme, c’est-à-dire dans les 5 à 6 mois à venir, il semble peu probable que les travailleurs répondent de façon massive à l’attaque contre leur niveau de vie. Le niveau politique de la masse des travailleurs n’est pas encore suffisamment élevé pour qu’ils portent un coup décisif contre la politique des revenus du gouvernement social-démocrate. Mais, sur une période plus longue - les deux années pendant lesquelles le blocage presque complet des salaires sera en vigueur - la situation doit être évaluée de façon différente. Il n’est pas réaliste de supposer que la loi adoptée soit respectée. Il suffit d’imaginer ce qui arrivera quand la récession internationale actuelle connaîtra une nouvelle accélération. Avec une récession de nouveau rapidement croissante, peut-être dès la fin de cette année, la loi sera mise en pièces.

La période qui s’annonce sera difficile pour les sociaux-démocrates. Ils se trouvent de plus en plus déchirés entre leur politique de droite actuelle et les poussées à gauche de la classe ouvrière. Leur contrôle traditionnel de la classe ouvrière est en jeu, et s’ils n’effectuent pas un ajustement à la radicalisation ils y perdront leur rôle hégémonique. D’autre part, ils devront bientôt faire face, au Parlement, à la pression des partis bourgeois qui réclament la réduction massive des dépenses sociales dans le budget de l’Etat. Cela peut servir de prétexte aux sociaux-démocrates pour relever le défi de la gauche. Il n’est pas exclu qu’ils décident de faire un tournant à gauche sur la question des dépenses sociales, de dissoudre le Parlement et d’appeler à de nouvelles élections pour lesquelles ils feraient campagne uniquement sur cette question. Cela ouvrirait peut-être de nouvelles possibilités aux luttes de masse.

Localement, de très importantes luttes se sont déroulées durant cette dernière période. Depuis deux mois, 66 ouvriers de l’imprimerie Uniprint sont en grève contre les menaces de licenciement et de liquidation de leur entreprise. Les travailleurs ont d’abord répondu à ces menaces en occupant l’entreprise et en refusant tout accord qui ne garantirait pas leur emploi. En raison du caractère de cette lutte (la première riposte ouvrière réellement militante au niveau de l’entreprise face au taux extrêmement élevé de chômage), un mouvement national de solidarité avec les ouvriers imprimeurs s’organisa. Les travailleurs de l’entreprise eux-mêmes prirent l’initiative avec le soutien de la gauche révolutionnaire, en particulier du RSF (Revolutionære Socialisters Forbund - Ligue Socialiste Révolutionnaire) section danoise de la IVe Internationale1, et du VS. Le 18 février la police intervenait et expulsait les travailleurs de l’entreprise.

Le mouvement de solidarité répondit en étendant ses activités. Plus de 40 comités de solidarité furent créés dans tout le Danemark, et certains même en Suède. Les travailleurs imprimèrent deux numéros d’un journal de grève, le second à 200 000 exemplaires. Après des hésitations initiales, la direction du syndicat des imprimeurs fut forcée de soutenir la lutte et décréta un blocus de la compagnie Winther (propriétaire de l’entreprise) pour empêcher la compagnie de sortir les machines et de donner le travail à faire ailleurs. Le blocus fut soutenu par le syndicat international des imprimeurs et toucha les pays scandinaves, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Benelux. En même temps, les travailleurs organisaient des piquets autour de l’entreprise, jour et nuit, pour empêcher les patrons de faire sortir les machines.

L’action combative des 66 ouvriers d’Uniprint a stimulé l’activité des autres travailleurs contre les licenciements. L’exemple le plus important est, jusqu’à présent, la grève des fonderies de Sabroe-Ost, contre le licenciement de trois ouvriers.

Le 14 mars, la lutte d’Uniprint changea de caractère. Le patron annonçait qu’il ne reprendrait que 24 ouvriers. Au même moment une commission financière révélait que l’entreprise n’aurait pas connu de difficultés financières si les autres filiales de la compagnie Winther avaient payé leurs commandes au tarif normal. Les travailleurs ripostèrent immédiatement par une nouvelle occupation de l’entreprise. Le 14 mars au matin, les travailleurs reprenaient possession des ateliers et remettaient la production en marche. Le même soir, la police intervenait de nouveau. Des travailleurs qui refusaient d’évacuer l’usine furent arrêtés et amenés au commissariat, pour être relâchés le jour suivant. L’intervention de la police marqua la fin de la grève. Le rapport de forces était trop en défaveur des travailleurs ; la compagnie était trop puissante et la riposte du mouvement ouvrier trop limitée. En outre, le blocus ne se révéla pas effectif, la compagnie ayant pu poursuivre sa production ailleurs, sans que l’on sache exactement où. Les travailleurs furent obligés de reconnaître qu’une lutte pour la sauvegarde de tous les emplois était désormais impossible. Mais ils refusèrent de se disperser et personne ne reprit le travail, limitant ainsi les conséquences démoralisantes de la défaite. D’autre part, la lutte de Sabroe-Ost se conclut par une victoire ; toutes les revendications furent satisfaites.

Dans la situation actuelle du Danemark, des victoires partielles comme celles de Sabroe-Ost et d’Uniprint sont très importantes car leur exemple pourrait constituer un point tournant de la lutte contre les licenciements. Jusqu’à présent, les actions contre les licenciements ont été limitées et se sont généralement conclues par des défaites. Cela soulignait l’importance des luttes de Sabroe-Ost et d’Uniprint et c’est pourquoi les marxistes révolutionnaires du RSF placèrent le travail de solidarité avec ces luttes au centre de leurs tâches. Ils contribuèrent à construire un mouvement de solidarité aussi étendu que possible et à populariser le plus largement l’exemple et les leçons des luttes de ces travailleurs.

Mars 1975

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    La IVe Internationale (Internationale Communiste) est le regroupement international de tendance trotskyste fondée en 1938.

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