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Chili : Hommage à Miguel Enríquez

par Edgardo Enríquez

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué publié à Paris, le 7 octobre 1974, par Edgardo Enríquez, membre de la Commission Politique du MIR chilien, à l’annonce de l’assassinat, par les sbires de Pinochet, de Miguel Enríquez, secrétaire général de cette organisation.

Le prochain numéro d’Inprecor abordera de façon approfondie la situation actuelle au Chili après un an de dictature militaire et de répression féroce. Nous saluons ici, trop brièvement, la mémoire du révolutionnaire intransigeant qu’était Miguel Enríquez et nous continuerons de développer notre solidarité totale avec les militants et travailleurs chiliens frappés par la répression.

La classe ouvrière, les opprimés du Chili et les militants du MIR sont en deuil en même temps qu’ils ont gagné un étendard de ralliement contre la dictature. Le Secrétaire Général du MIR, le camarade Miguel Enríquez, est tombé en combattant courageusement après avoir résisté le fusil à la main, pendant plus de deux heures à l’assaut de ses ennemis.

À son côté se trouvait sa camarade Carmen Castillo, enceinte de sept mois, qui a été blessée et arrêtée par la dictature. Avec la mort de Miguel Enríquez, la classe ouvrière chilienne perd le plus valeureux et infatigable organisateur de la résistance contre la dictature.

Le MIR perd son Secrétaire Général, son fondateur et chef incontestable. Mais Miguel Enríquez a laissé derrière lui un exemple de lutte et un parti qui lui survivent et qui seront le cauchemar de Pinochet et de ses sbires. L’œuvre du Secrétaire Général ne s’arrête pas avec sa mort. Le MIR ressort de cette épreuve difficile renforcé et trempé, déterminé à ne pas reculer d’un pas dans la lutte contre la dictature.

Un autre membre de la Commission Politique du MIR s’est emparé du fusil du Secrétaire Général et a pris la direction du Parti. Le Parti de Miguel Enríquez dispose d’hommes qui sauront lui succéder et être fidèles à son exemple et à sa mémoire. La mort héroïque de Miguel Enríquez amplifie encore l’œuvre de cet homme qui avait à peine 30 ans au moment de sa mort.

Médecin, père de deux enfants, il était le symbole de la résistance chilienne. Aujourd’hui son nom et son exemple sont les drapeaux de ceux qui ont pris sa place. Son image revivra dans les combats de la résistance, renforcera les rangs du MIR, aidera les torturés à garder le silence et inspirera la grande lutte des ouvriers et des paysans du Chili.

Depuis le coup d’État jusqu’à sa mort, Miguel Enríquez est resté au Chili à la tête de son Parti. Le jour du coup d’État militaire il participa personnellement à des affrontements armés avec les gorilles. Plus tard, il dirigea en première personne la réorganisation clandestine du Parti et lutta sans trêve pour l’unité de la gauche chilienne.

Miguel et la Commission Politique croyaient et croient encore que la direction du Parti devait être au Chili. Le MIR saura appliquer de façon intransigeante les conceptions du Secrétaire Général tombé et sera conséquent avec son héritage combatif et unitaire.

Miguel Enríquez est tombé comme un révolutionnaire conséquent, utilisant son fusil-mitrailleur contre les gorilles. Il ne connaissait pas et ne pardonnait pas la faiblesse. Personne n’a le droit de le pleurer. Son nom est inscrit désormais à côté de celui du Che et des autres révolutionnaires latino-américains qui sont tombés en luttant pour la cause des déshérités, pour la révolution ouvrière et paysanne.

Nous appelons toutes les forces progressistes et révolutionnaires du monde à organiser une large campagne de solidarité avec sa camarade, pour empêcher que Pinochet et ses sbires l’assassinent ou la torturent.

GLOIRE ET HONNEUR À MIGUEL ENRÍQUEZ, LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL TOMBÉ !
FAISONS DU NOM DE MIGUEL ENRÍQUEZ LE DRAPEAU DES OPPRIMÉS !
LE MIR NE SE REND PAS !
UN AUTRE CAMARADE A PRIS LE FUSIL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL TOMBÉ !
LA RÉSISTANCE POPULAIRE VAINCRA !
VIVE LA RÉVOLUTION OUVRIÈRE ET PAYSANNE CHILIENNE !

Edgardo Enríquez, membre de la Commission Politique du MIR — Paris, 7 octobre 1974.

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