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Belgique : 100 000 personnes envoient un message de détermination à l’Arizona et aux directions syndicales

Bloc de Commune Colère à la manifestation du 12 mars 2026. Crédit : Gauche anticapitaliste / CC BY-NC-SA 4.0

Ce jeudi 12 mars, un beau soleil de printemps brillait sur Bruxelles, au moment où 100 000 personnes de tout le pays arrivaient à la capitale pour montrer, encore une fois, leur opposition aux politiques d’austérité et à l’avenir sombre que le gouvernement Arizona nous prépare à tous·te·s. Malgré certaines prévisions pessimistes et un gouvernement qui parie sur notre résignation, une foule décidée a envahi l’espace public prête à se battre contre les politiques du gouvernement qui touchent tous les domaines de nos vies : le travail, les pensions, le droit au chômage, les soins, la santé, l’enseignement, la culture, etc.

Après presque deux ans de luttes syndicales historiques, tant par leur fréquence que par le nombre de personnes qui se sont mobilisées tout du long, dans les directions syndicales, une certaine résignation pouvait se faire sentir, révélatrice d’une absence de stratégie face à la rudesse du patronat et à l’absence de négociations avec le gouvernement. Mais ce jeudi 12 mars, une foule de travailleur·euses syndiqué·es mais aussi les jeunes, les étudiant·es, les retraitése.s, les associations et les militant.e.s antifascistes ont pris la rue, envoyé un signal fort au gouvernement et donné un ordre de lutte aux syndicats : nous ne sommes pas fatigué·es, nous sommes toujours déterminés·es ! La population n’est clairement pas prête à sacrifier ses droits et sa vie pour les surprofits du patronat et pour les politiques austéritaires d’un gouvernement qui devient de plus en plus impopulaire. Les directions syndicales et le gouvernement Arizona vont devoir comprendre que les milliers de militant·es syndicaux/ales présent·es ne sont pas prêt·es à abandonner la lutte et accepter la précarisation de leurs conditions de travail. Encore moins jusqu’à 67 ans !

Une nouvelle manifestation est d’ores et déjà organisée le jeudi 9 avril contre les coupes budgétaires en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle rassemblera les jeunes, étudiant·es ou travailleur·euses, les enseignant·es et tou·te·s les travailleur·euse·s de l’enseignement, de la petite enfance, de l’aide à la jeunesse, du socio-culturel et de la culture, ainsi que toutes les personnes solidaires.

Au niveau fédéral, de nombreuses mesures néfastes du gouvernement arrivent seulement maintenant au Parlement : diminution des pensions (notamment via l’introduction d’un malus pension), limitation de l’indexation des salaires, diminution des préavis de licenciement, augmentation des heures supplémentaires, diminution des primes de nuit pour les activités d’e-commerce,… C’est maintenant qu’il faut agir !

Définir une date pour une nouvelle manifestation « Nord-Midi » permettrait de donner une perspective au mouvement social (syndical et associatif) pour organiser la sensibilisation et la mobilisation à la base. Mais après bientôt deux ans de lutte, on ne peut plus ignorer le fait que ça ne suffira pas pour obtenir des victoires significatives face à ce gouvernement qui méprise ouvertement les femmes (qui « n’ont qu’à s’adapter » selon le ministre des pensions) et qui refuse de respecter les décisions de la Cour constitutionnelle. Il faut durcir le ton ! Pourquoi pas organiser de grands rassemblements, avec préavis de grève, devant le Parlement, le jour des votes en commission ? Nous avons besoin d’un plan d’action syndical, qui poursuive la sensibilisation dans les entreprises, via des tours de services/sites et des assemblées du personnel, partout où c’est possible, et qui monte en puissance, par des actions massives et dynamiques, dans la perspective d’une grève générale reconductible.

Les syndicats ont la responsabilité de défendre tou·te·s les travailleur·euses, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, contre le recul de nos droits et contre le racisme systémique du gouvernement. Il devient primordial d’écouter les nombreuses associations qui se mobilisent et les collectifs citoyens tels que « Commune Colère », « Santé en lutte », « École en lutte », « Université en colère », et d’autres, qui se multiplient. On y retrouve des acteurs qui ne sont pas nécessairement professionnellement impliqués mais néanmoins directement impactés : parents, malades, étudiants, chômeurs, sans-papiers, des artistes, des travailleur·euses aux emplois flexibles et précaires. Les dirigeant·es syndicaux/ales ne devraient pas les voir comme des concurrents. Au contraire, ces associations et collectifs sont une occasion de redynamiser le mouvement, de le rendre plus large, plus combatif, plus inclusif , plus jeune et plus uni !

Le potentiel de mobilisation est bien réel et l’opinion publique plus que prête pour des actions plus dynamiques. Attendre les élections de 2029 nous mènera à une impasse catastrophique. Le but à atteindre est la chute du gouvernement Arizona ! Continuons le combat !

Publié le 20 mars 2026 par la Gauche anticapitaliste.