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Argentine : « L’unité des gauches est nécessaire pour penser et agir sur la réalité dans sa globalité »

par Eduardo Lucita
Eduardo Lucita

Depuis plus d’un mois circule en Argentine une lettre ouverte adressée aux partis du FIT-U, intitulée « La gauche face à un grand défi », désormais renforcée par une deuxième lettre, toutes deux signées par des militant·es de gauche reconnus. Comme il nous semble important de faire connaître à l’échelle internationale ce qui se passe en Argentine, nous avons interviewé Eduardo Lucita, l’un des signataires des deux lettres.

Eduardo, la lettre ouverte que vous avez adressée aux partis du FIT-U a eu un large retentissement dans les cercles et les espaces des gauches, et je pense même au-delà, puisqu’elle est parvenue jusqu’au Brésil. Pourrais-tu nous donner un aperçu général des objectifs que vous vous êtes fixés, et pourquoi à ce moment préici ?

Je vais m’en tenir aux grandes lignes des lettres ouvertes. Pour commencer, il faut prendre en compte le contexte de l’aggravation de la crise sociale et du sentiment d’absence d’avenir chez les jeunes, de la chute de la popularité du président et du fort rejet de sa gestion gouvernementale, des sérieuses difficultés du péronisme à résoudre sa crise interne et de l’ascension de la gauche anticapitaliste incarnée par la figure de Myriam Bregman.

Ce contexte général nous a semblé constituer un tournant dans la situation politique, ainsi qu’une opportunité et un défi pour la gauche. Le premier objectif était donc de susciter un débat sur cette conjoncture que je considère comme exceptionnelle. À en juger par les commentaires, critiques et suggestions reçus – le PTS, le MST et IS ont d’ailleurs publié la première lettre sur leurs sites respectifs –, on peut penser que ce premier objectif est en train d’être atteint. Au-delà des analyses et des caractérisations abordées dans la lettre, celle-ci avance également des propositions concrètes, comme celle de créer des « comités de lutte et de soutien à MB », voire la possibilité de constituer des groupes techniques pour développer avec plus de précision le programme de la gauche, ce qui, selon nous, consoliderait son ascension. Quant à la question « pourquoi maintenant ? », l’entièreté du texte est imprégnée par l’idée que, pour la première fois en plus de 40 ans, il est possible de mobiliser des secteurs de masse dans la perspective d’un gouvernement des travailleur·ses et de la possibilité de disputer le pouvoir réel dans notre société, dans une perspective plus ambitieuse. Pour nous, et c’est ce que nous disons dans la lettre, les comités joueraient un rôle important. Il me semble que c’est une situation inédite dont il faut tenter de profiter.

Les sondages montrent une progression de la députée nationale du FIT-U, Myriam Bregman, tant en termes d’image que d’intention de vote. Cette progression t’a-t-elle surpris ?

La figure de Bregman est en pleine ascension depuis plusieurs années. C’est une militante de gauche qui a déjà un long parcours dans le domaine des droits humains, dans le soutien aux luttes syndicales et sociales, et c’est aussi une voix très puissante au Congrès national. Mais je dois avouer que j’ai été surpris par l’ampleur de la progression advenue ces deux derniers mois. C’est la seule personnalité politique du pays à bénéficier d’une image positive et elle recueille en moyenne 10 % des intentions de vote. Je suis agréablement surpris.

À quoi attribues-tu cette croissance fulgurante ? À ses qualités personnelles, aux politiques générales qu’elle défend ou propose, ou au fait que la situation politico-sociale exige une figure de rupture, comme cela avait été le cas pour Milei au moment de son élection ?

Je pense que c’est la combinaison de plusieurs facteurs. D’une part, il ne fait aucun doute que la situation socio-économique, qui se traduit par la chute de la cote de popularité de Milei – au plus bas depuis son élection– et surtout par le fait que 60 % des personnes interrogées désapprouvent la gestion gouvernementale, pèse lourdement. Le glissement vers la droite du péronisme aussi. Il y a glissement du parti, qui s’est beaucoup éloigné de sa base historique et est maintenant très fragmenté, sans leadership et sans cap. Lors d’une récente discussion, des camarades de la banlieue de Buenos Aires me disaient constater qu’au sein du péronisme, les intentions de vote se déplaçait des figures traditionnelles vers Juan Grabois, mais que maintenant, sans qu’ils sachent pourquoi, l’ascension de Grabois s’est ralentie et que les intention de vote passent directement à Bregman. Je ne sais pas si c’est tout à fait le cas, mais c’est une remarque à prendre en compte. (NdT. : Grabois est le dirigeant d’un courant progressiste du péronisme très lié à certains secteurs de l’Église catholique.)

Maintenant je pense que son rôle d’opposante intransigeante qui n’a fait de compromis avec aucun gouvernement (tout comme les autres député·es du FIT-U) a été déterminant. Sa personnalité et son charisme pèsent également dans la balance. C’est une personne agréable, toujours souriante, cultivée et intelligente. Elle est à l’aise dans les débats au Parlement, pour descendre dans la rue et pour intervenir dans les médias, qui la sollicitent plus que toute autre personnalité. J’aimerais ajouter que depuis pas moins de vingt longues années, elle est militante d’un parti trotskiste, et nous savons quelles sont les exigences au sein de ces partis : on y est militant à plein temps. La personnalité de Bregman correspond à son ADN, mais je pense aussi qu’elle tient au fait qu’elle a été formée et qu’elle a grandi au sein de ce parti.

Revenons à la première lettre ouverte. En quoi êtes-vous en désaccord avec les propos de Myriam Bregman et de Christian Castillo selon lesquels les conditions ne sont pas réunies pour un gouvernement de gauche, ni pour disputer le pouvoir en raison de l’absence d’un mouvement social puissant et d’organismes de double pouvoir ?

À mon avis, ces prises de position étaient malheureuses. Ce n’est pas qu’elles soient totalement erronées, mais elles ne tenaient pas compte du contexte et semblaient défensives. De notre côté, nous pensons, et la lettre le souligne, qu’il existe les conditions pour une attitude plus active et faisant davantage de propositions, capables de surmonter les inévitables résistances. Heureusement, les camarades n’ont pas réitéré ces affirmations ; je pense qu’il y a eu un processus de réflexion et, récemment, dans une interview, MB disait : « Bien sûr que nous voulons être au gouvernement, bien sûr que nous voulons avoir le pouvoir pour changer les choses à la racine ».

Vous avez également une caractérisation polémique de la situation, vous considérez « qu’un saut électoral est plus probable qu’un saut insurrectionnel » et proposez ensuite des « comités de lutte et de soutien à MB ». Ces définitions ne recèlent-elles pas une dérive électoraliste ? Comment s’accordent-elles avec la proposition du PTS d’un Parti des travailleur·ses ? Votre lettre n’est-elle pas trop optimiste ?

Face à la résignation et au désespoir que l’on veut nous imposer, nous optons pour l’optimisme de la volonté, mais pas dans l’abstrait, plutôt face à une situation qui évolue. En ce qui concerne un Parti des travailleur·ses, je ne peux pas te répondre avec certitude, les définitions du PTS ne me semblent pas claires. Car lors de son intervention au stade de Ferro le 1er mai, MB a parlé d’un parti des travailleur·ses, puis d’un outil pour les travailleur·ses, ensuite d’un parti de la nouvelle classe ouvrière, et enfin d’un nouveau mouvement historique. Je suppose qu’au fil des jours, ces définitions deviendront plus précises et je pense qu’elles seront discutées au sein du FIT-U, dont le bureau de coordination doit se réunir ces jours-ci.

En ce qui concerne l’électoralisme, personne ne doute que l’offensive du capital, menée par le président Milei, s’étend aux conditions de vie des travailleurs, à l’environnement, aux droits des femmes et des personnes de toutes les diversités, ainsi que sur les différentes minorités présentes dans le pays, ce qui nourrit les résistances. Mais il est également évident que ces luttes, qui, selon toute vraisemblance, s’intensifieront à l’avenir, sont dispersées, fragmentées et souvent traversées par des critères identitaires qui conditionnent ou entravent toute tentative de les unifier et de les centraliser. Pour couronner le tout, les directions telles que la CGT privilégient la négociation à la confrontation, voire regardent ailleurs. Personne ne pense aujourd’hui qu’une explosion sociale soit imminente, même si la lutte des classes est imprévisible. Sinon, nous aurions tous prédit 2001. J’ai déjà un certain âge et je me souviens du conflit à l’abattoir Lisandro de La Torre en 1959, qui a débouché sur une grève générale décrétée par le bouche-à-oreille… Mais c’est un fait : les sondages montrent que la percée électorale a bien plus de chances de se concrétiser.

Dans la deuxième lettre, « Quelques réflexions sur les tâches qui nous attendent », vous mettez beaucoup l’accent sur les comités de base que vous présentez sous le slogan « Pour un gouvernement des travailleurs : Myriam Bregman présidente ».

C’est bien le cas. La proposition des comités, que MB a d’ailleurs reprise dans son discours du 1er mai lorsqu’elle a parlé d’« organiser les sympathisant·es », vise à constituer un outil rassemblant non seulement les militant·es des partis composant le FIT-U ou d’autres organisations et mouvements, ainsi que des personnalités du monde intellectuel ou artistique, mais aussi et surtout ceux qui mènent aujourd’hui ces luttes dispersées et fragmentées. Il s’agit de constituer l’unité la plus large possible afin qu’ensemble, on puisse discuter d’un programme minimum qui réponde à l’urgence et ouvre les possibilités d’une transformation profonde de notre société. Ces derniers jours, le PTS a déjà lancé l’appel public « On a besoin de toi », nous adhérons à cet appel car c’est un pas en avant qui invite à participer et à s’organiser autour de l’idée d’un gouvernement des travailleur·ses. Il évoque également l’idée d’un Parti des travailleur·ses et/ou d’un nouveau mouvement historique, mais comme je l’ai dit auparavant, cela nécessite une discussion plus approfondie.

Il est logique que ces comités convoqués par MB et ralliés derrière elle jouent également un rôle dans l’élection : il est fort probable que nous entrions maintenant dans une période de creux à cause de la Coupe du monde de football, mais ensuite les élections seront juste devant nous. Non seulement parce que beaucoup de gens pensent que ça ne peut pas continuer comme ça, mais aussi parce qu’au sein des classes dominantes, il y a déjà un secteur qui doute de la réélection de Milei, voire qui se demande s’il est dans leur intérêt qu’il le soit. C’est pourquoi certains envisagent de « le laisser tomber pour sauver son projet » et cherchent déjà un remplaçant.

Donc, pour moi, ce n’est pas de l’électoralisme. C’est tirer parti d’une conjoncture inédite. Mais si tu lis les deux lettres, tu verras qu’on insiste pour ne pas abandonner les luttes ni la rue. Le domaine électoral est aussi un champ de bataille. Comme on disait autrefois, il ne faut pas mépriser la lutte sur le terrain où dominent les dominateurs.

Vous parlez aussi de passer de la défensive à l’offensive. Cette idée me semble intéressante, et pas seulement pour la gauche argentine. Peux-tu nous expliquer comment y arriver ?

Il est évident que cette sympathie dont nous parle MB ou le changement d’état d’esprit que nous décrivons – et pas seulement nous – ne se transforment pas mécaniquement en force organisée, ni en votes. Pour y parvenir, ce qui relève clairement du domaine politique, il faudra une sorte de changement culturel au sein des gauches, ici et dans le monde, afin de laisser derrière nous les politiques identitaires et d’autoconstruction pour donner la priorité à l’intérêt général du mouvement ouvrier et populaire. Autrement dit, moins d’avant-gardisme et plus de politique de masse pour atteindre de larges secteurs touchés par la crise, y compris ceux qui ne se définissent pas comme anticapitalistes ou socialistes. Dans notre cas, il est nécessaire d’atteindre – et de les inviter à participer aux comités – les multiples groupes et secteurs du péronisme, qui errent sans projet, sans programme, sans direction claire et qui manifestent sans cesse leur intention de voter « pour Bregman »

Et cela nous amène à la nécessaire unité des gauches – non pas simplement parce qu’ensemble nous sommes plus forts, mais parce que cette unité permet de penser et d’agir sur la réalité de manière collective. Une unité qui ne se limite pas à des déclarations, qui mette de côté les discussions stériles et mette au premier plan des comités de base indépendants, démocratiques et autonomes, offrant un espace commun à l’énergie militante aujourd’hui dispersée et souvent inefficace.

Si nous parvenons à avancer dans ce sens – et pour cela, nous avons besoin que les militant·es des partis comprennent la nécessité d’un changement d’attitude –, nous pourrons laisser derrière nous la phase défensive dans laquelle nous nous trouvons depuis longtemps et passer à l’offensive. Cela nous permettra d’envisager des horizons non seulement de résistance, mais aussi de transformation de cette réalité intolérable. Poser le problème du pouvoir et des articulations ou alliances nécessaires.

Nous sommes face à une opportunité inédite, qui représente en même temps un grand défi pour la gauche. Cette opportunité est limitée dans le temps : comme nous le savons, la politique a horreur du vide et si la gauche n’occupe pas cet espace, d’autres le feront. Il n’y a pas de temps à perdre.

D’un point de vue internationaliste, comment s’inscrit pour toi ce qui se passe dans ton pays, ainsi qu’en Bolivie, dans un monde traversé par des tensions géopolitiques, la montée de la droite et une personnalité comme celle de Donald Trump ?

L’Argentine se trouve, dans une certaine mesure, dans une situation exceptionnelle. Nous sommes gouverné·es par un président qui se définit comme anarcho-capitaliste et qui se place à l’avant-garde idéologique de la montée de l’extrême droite dans le monde. Comme si cela ne suffisait pas, il a subordonné la politique internationale du pays aux États-Unis de Trump et à l’Israël de Netanyahou. En revanche, nous avons une gauche anticapitaliste comme il n’en existe, je crois, aucune autre dans le monde à l’heure actuelle, qui est portée par une alliance électorale (le FIT-U) de quatre partis trotskistes depuis déjà 15 ans, ce qui est également inédit.

La Bolivie traverse une grave crise politique provoquée par une insurrection ouvrière, indigène et paysanne qui bloque les principales artères et les centres du pays, exigeant la démission du gouvernement Paz, élu il y a un peu plus de six mois. Si cela venait à se produire dans mon pays – ce qu’il ne faut pas exclure compte tenu de la gravité de la situation sociale –, cela aurait un impact international très fort. De même, si nous parvenons à évincer Milei du pouvoir politique lors des élections présidentielles de 2027, cela aura également un impact considérable. Ce serait la preuve concrète que, que ce soit par la voie insurrectionnelle ou par la voie électorale, l’extrême droite peut être vaincue. Et si, dans ces mouvements, la gauche anticapitaliste joue un rôle décisif, cela constituera un exemple pour les gauches du monde entier.

Quant à Trump, il est évident qu’il est à la tête d’un empire en déclin qui se retranche derrière le « bloc occidental » et qui, dans ce déclin, devient de plus en plus agressif et prédateur. Il l’a démontré avec l’invasion militaire du Venezuela et l’enlèvement de son président, avec les menaces et l’étranglement de Cuba, avec ses déclarations sur l’annexion du Canada et du Groenland. Il s’est laissé entraîner par Israël dans la guerre au Moyen-Orient, tout en le laissant faire à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Il s’est engagé dans cette guerre sans stratégie d’entrée ni de sortie, et il est évident qu’il sortira affaibli de ce chaos qu’il a lui-même provoqué. Ce qui pourrait avoir des conséquences sur les élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre prochain aux États-Unis.

De l’autre côté, on assiste à l’ascension de la Chine, aujourd’hui le « point de référence de l’échiquier mondial », comme le définit un politologue espagnol. En un peu moins d’une semaine, Xi Jinping a reçu en visite d’État à Pékin Donald Trump et Vladimir Poutine. Avec chacun d’eux, il a signé différents types d’accords commerciaux et politiques, sans leur concéder quoi que ce soit d’important. Il a contraint Trump à faire marche arrière sur la vente d’armes à Taïwan et a clairement fait savoir à Poutine que la Chine est plus importante pour la Russie que la Russie ne l’est pour la Chine. C’est un ordre mondial qui est en train de changer et tout semble indiquer que nous nous dirigeons vers un partage en zones d’influence qui pourrait stabiliser la situation pendant un certain temps. Mais les tensions pourraient ensuite resurgir, surtout si l’on tient compte du fait que derrière tout cela se cache la crise non résolue du système capitaliste mondial.

Enfin, à Porto Alegre, nous avons accueilli fin mars la Première Conférence antifasciste et pour la souveraineté des peuples, à laquelle a participé une importante délégation de ton pays. Qu’en penses-tu et comment envisages-tu la suite ?

J’ai collaboré avec Éric Toussaint, l’un des principaux organisateurs, à la mise en place de la Conférence. Je ne voyage plus, mais d’après les rapports reçus et les commentaires de divers camarades, la Conférence a été un succès tant par le nombre de participant·es que par la diversité des thèmes débattus au sein de multiples commissions et lors d’activités autogérées. Il ne fait aucun doute que ce succès résulte du fait que l’objectif commun était de forger une convergence internationale pour faire face aux extrêmes droites qui pullulent à travers le monde. Un objectif partagé par différents partis et mouvements sociaux du Brésil et par des organisations internationales telles que le CADTM, la Quatrième Internationale, Jubilee Sud et la Fondation Rosa Luxemburg du Brésil.

Effectivement, mon pays était représenté par une importante délégation composée de membres d’organisations anticapitalistes et d’autres organisations de centre gauche et/ou progressistes, ainsi que de quelques personnalités éminentes du monde intellectuel.

Il me semble évident qu’il faut donner une suite à cette conférence ; c’est également ce qu’a compris le Comité international, qui a décidé de promouvoir deux activités, l’une au Mexique et l’autre en Argentine ; nous verrons à quel moment elles pourront avoir lieu. La décision est prise et c’est une obligation de les réaliser.

Propos recueillis par Israel Dutra le 27 mai.2026, traduit par Fabrice Thomas

Parmi les signataires de ces lettres ouvertes figurent l’intellectuel Ariel Petruccelli, le célèbre dirigeant syndical de Rosario Juan Pablo Casiello, ainsi que les militants chevronnés de la révolution et du socialisme Aldo Casas et Eduardo Lucita.

Israel Dutra est sociologue, secrétaire aux mouvements sociaux du PSOL, membre de la direction nationale du parti et du Mouvement de gauche socialiste (MES/PSOL).

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