Le 7 juin dernier, la majorité des Péruviens et Péruviennes ont choisi de voter pour « Juntos Por el Perú », un vote qui exprime le rejet de la situation que le pays traverse actuellement et qui nécessite de mettre fin à la crise engendrée par plus de 30 ans de politiques néolibérales, dont les conséquences sont l’aggravation des inégalités, une insécurité citoyenne galopante, une corruption généralisée et l’abus de pouvoir à l’encontre des plus faibles.
Au Pérou, nous n’avons pas connu de processus électoral juste et démocratique ; malgré cela, le vote pour le changement se bat et l’issue reste encore incertaine. Au sein du Congrès de la République, une stratégie a été élaborée et mise en œuvre dans le but de favoriser les principaux partis du pacte mafieux. Partout dans le monde, on assiste à une montée en puissance des secteurs néofascistes et ultraconservateurs ; cette avancée vise à écraser la mobilisation et à s’emparer de l’État afin d’assurer la pérennité du système capitaliste et de son modèle économique, qui a déjà atteint ses limites, puisqu’il ne résout pas les principaux problèmes (augmentation de la pauvreté, pollution, chômage, insécurité, hausse du coût de la vie, santé, éducation, etc.).
Dans notre pays, la situation n’est pas différente, c’est exactement la même chose ; et le fujimorisme, qui a gouverné depuis le Congrès aux côtés du pacte mafieux, cherche désormais à se perpétuer au pouvoir pendant encore au moins dix ans. Et il cherchera à maintenir ce modèle économique dépassé, ce qui aggravera tous ces maux par une répression sévère à l’encontre de ceux qui oseront élever la voix pour protester, tandis que les seuls à en bénéficier seront, comme toujours, les puissants de la CONFIEP
La seule façon de faire face à cette situation est de faire preuve d’unité, d’organisation et de lutter à l’échelle nationale ; la première tâche consiste à défendre le vote populaire et à dire non à la fraude, aux manœuvres et aux stratagèmes systématiques visant à permettre à la cheffe de la mafia de s’emparer de l’État
L’autre tâche consiste à préparer la résistance, et pour cela, un premier pas a déjà été franchi : la création du Front patriotique, impulsée par Roberto Sánchez et JP. Cela nous semble être une bonne initiative ; nous devons désormais œuvrer pour qu’il devienne véritablement un espace d’unité et de démocratie, rassemblant différents secteurs et la société civile à l’échelle nationale. L’heure n’est plus aux expériences sectaires ni aux autoproclamations ; l’heure est venue de construire ne véritable unité.
Ce 19 juin, nous avons été des milliers à descendre dans les rues dans plusieurs régions ; bien que ce Front patriotique en soit encore à ses balbutiements, il faut davantage d’unité et d’organisation. Mais la mobilisation a été massive. Comme à son habitude, le gouvernement a militarisé tout le centre de Lima, comme pour donner un avant-goût de ce qui nous attend. Mais cela ne nous intimide plus : nous serons prêts, et le meilleur exemple en est la lutte menée par nos frères boliviens contre le gouvernement de Rodrigo Paz et les mesures économiques imposées par le FMI.
Le 22 juin 2026
