L’extrême droite mafieuse est parvenue à atteindre le second tour ; pour ce faire, l’ensemble du pacte mafieux au Congrès a élaboré une stratégie afin de ne pas subir une nouvelle défaite après celle de 2021. La stratégie employée a consisté en une série de mesures qui expriment la décomposition de la démocratie bourgeoise telle que nous la connaissons, tout en reflétant un autoritarisme antipopulaire. Cette stratégie a notamment inclus la prise de contrôle des principales institutions (Tribunal constitutionnel, Défenseur du peuple, Contrôleur général, Conseil national de justice, etc.), des modifications des lois électorales, des contre-réformes constitutionnelles, le rétablissement du bicamérisme et la possibilité d’être réélu à la présidentielle. Un plan qui a non seulement transformé le régime en un système bien plus antidémocratique au service du modèle néolibéral et de ses alliés du patronat de la CONFIEP, mais a également servi à créer des conditions favorables à leur objectif principal : s’emparer de l’État pour continuer à appliquer ce modèle économique générateur de crises, de pauvreté, de pollution et de corruption.
À cela s’ajoutent : la complicité des grands médias, des sondages biaisés visant à influencer dans une certaine direction malgré le rejet populaire, et pour aggraver les choses, un Office national des processus électoraux qui a apporté sa contribution par son inefficacité, son incompétence et sa participation douteuse.
Un contexte très difficile auquel il faut ajouter la fragmentation au sein du mouvement populaire. L’Alliance Venceremos, consciente de cette situation, a lancé un appel vigoureux à l’unité de tou·tes celleux qui luttent contre le pacte mafieux et tout ce qu’il représente. Malheureusement, la fragmentation s’est également installée au sein de la gauche, certains plaçant leurs appétits et intérêts personnels avant la nécessité de l’unité.
Venceremos aux élections, second tour… et la lutte continue
En tant que Venceremos, nous n’avons pas réussi à franchir la barrière électorale imposée par ce Congrès qui dicte des lois électorales antidémocratiques et inéquitables.
Venceremos, avec notre candidat à la présidence le camarade Ronald Atencio, a porté un programme de gauche, de lutte pour des changements structurels, proposant comme issue à la crise une Assemblée constituante – loin des propositions du centrisme qui se contentait de maquiller ce régime pourri, à coup de rafistolages et de maquillage, ce qui revient à tenter de soigner un cancer avec de l’aspirine.
Les voix recueillies en notre faveur, nous les considérons comme le vote courageux, rebelle et conscient de la nécessité d’un gouvernement populaire, démocratique et pour une Constituante. La direction et les militant·es discutent actuellement d’un bilan qui intègrera aussi bien les facteurs externes que les réussites et les erreurs commises – un bilan qui devra être objectif et ne pas glisser la poussière sous le tapis.
Mais il existe désormais un scénario pour le second tour : la confrontation entre Keiko, cheffe du pacte mafieux, et le camarade Roberto Sanchez de Juntos por el Perú. Nous attendons d’abord que le camarade reconnaisse que l’appel à l’unité ne doit pas être un appel de façade suivi d’un refus de le concrétiser – pour nous, c’était une nécessité, comme nous l’avons exprimé publiquement à plusieurs reprises. Néanmoins, Venceremos est disposé à défendre le vote populaire contre le fujimorisme en soutenant JP dans ce scénario. C’est pourquoi nous proposons que ce soutien soit conditionné à 6 ou 7 points programmatiques : l’abrogation des lois pro-criminalité, l’annulation des exonérations fiscales accordées aux agro-exportateurs, la justice et la réparation pour les familles des victimes, la révision des concessions, et l’Assemblée constituante.
Nous considérons que la tâche centrale est de barrer la route au fujimorisme, qui représente le secteur le plus lumpen et le plus autoritaire de la bourgeoisie péruvienne. En tant que courant Súmate, nous sommes convaincu·es que la mobilisation et la lutte demeurent notre outil le plus puissant, et que les changements dont nous avons besoin ne viendront que si nous nous organisons de manière unitaire, dans tout le Pérou, et si nous conquérons la rue pour lutter pour nos revendications et pour le pouvoir politique.
Le soutien à JP ne signifie pas qu’un probable gouvernement JP nous inspirerait confiance : ses limites et ses caractéristiques d’adaptation au régime constitueront son principal obstacle, notamment sa tendance à négocier avec différents secteurs de la droite.
C’est pourquoi, quel que soit le vainqueur, le lendemain nous descendrons dans la rue car la lutte continue pour nos revendications les plus urgentes et pour la construction du mouvement populaire.
Le 17 avril 2026