Revue et site sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Un rapport de l’ONU démontre le ciblage délibéré des enfants de Gaza par Israël

par Agence Média Palestine
Getty

L’enquête de l’ONU conclut que le ciblage délibéré des enfants de Gaza par Israël s’inscrit dans son entreprise génocidaire.

Dans un rapport publié mardi, la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël a examiné les violations commises par Israël à l’encontre des enfants palestinien·nes depuis le début octobre 2023.

L’enquête conclut qu’Israël continue de prendre délibérément pour cible et de tuer des enfants palestinien·nes, des faits qui constituent un génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à Gaza, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie occupée.

« Les preuves montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cible et tués par les forces de sécurité israéliennes », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la commission, ajoutant que « même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, des enfants continuent d’être tués et gravement blessés, Israël continuant à faire fi du cessez-le-feu et de la protection due aux enfants palestiniens en vertu du droit international. »

Un enfant tué chaque jour pendant le “cessez-le-feu”

Le 19 juin dernier, l’Association de défense des enfants (UNICEF) dénonçait que sur les plus de 1000 Palestinien·nes assassiné·es depuis l’entrée en vigueur du prétendu “cessez-le-feu” en octobre 2025,  265 (soit plus d’un quart) d’entre elles et eux étaient des enfants.

« Au cours d’une période censée être marquée par la retenue et la protection, un enfant a été tué, en moyenne, chaque jour depuis plus de huit mois », a déclaré James Elder, porte-parole de l’UNICEF, aux journalistes à Genève, qualifiant le “cessez-le-feu” d’« illusoire et meurtrier ».

« Cette semaine : un petit garçon de 2 ans a été abattu par les forces israéliennes ; un garçon de 13 ans a été abattu à l’intérieur de sa tente ; un garçon de 5 ans et son père ont été tués par une frappe israélienne, et la liste est encore longue », dénonce-t-il, avant d’ajouter que « les souffrances ne s’arrêtent pas aux victimes. Plus de 400 enfants ont été blessés, dont beaucoup présentent des blessures catastrophiques.»

En outre, la violence, les déplacements répétés et les conditions de vie difficiles entraînent des séquelles psychologiques sur les enfants. « Pour les enfants de Gaza, la peur, la perte et la violence sont devenues si constantes que le traumatisme n’est plus un simple épisode de leur vie : il est intimement lié au tissu même de leur enfance », affirme James Edler.

Le rapport de l’ONU souligne également qu’outre Gaza, les forces israéliennes ont détruit des orphelinats et des établissements scolaires en Cisjordanie occupée, affectant considérablement le soin et le développement cognitifs, sociaux et émotionnels des enfants palestiniens.

« Même si les bombes et les armes se taisent à Gaza et en Cisjordanie, les enfants palestiniens ne s’en remettront pas du jour au lendemain », déclare Srinivasan Muralidhar. « La protection, la prise en charge et la survie des enfants palestiniens sont indissociables du droit du peuple palestinien à l’autodétermination. En prenant les enfants pour cible, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister et de déterminer son avenir. »

Génocide reproductif

Le ministère de la Santé de Gaza constate une forte baisse de la natalité, annonçant cette semaine que seules 2 004 naissances avaient été enregistrées en avril 2026, contre 6 076 en novembre 2025, soit une baisse d’environ 67 %. Des nombreux experts pointent dans ces chiffres un “génocide reproductif”, ciblant la natalité par le biais des femmes enceintes ou allaitantes. 

Au cours du génocide perpétré par Israël à Gaza depuis plus de deux ans, de nombreuses femmes à Gaza ont été confrontées à des problèmes de santé liés aux fumées toxiques provenant des bombardements intensifs israéliens, tandis que d’autres n’ont pas pu accéder à des dépistages ni à des consultations médicales à un stade précoce en raison des bombardements et des dégâts subis par les centres de soins.

La malnutrition, les déplacements forcés et répétés, sans parler des blessures et traumatismes infligés par les bombardements israéliens, ont également affecté les grossesses et l’allaitement. Les naissances sont également devenues particulièrement dangereuses, les fournitures et médicaments devenus rares, tout comme le fuel destiné à alimenter les générateurs d’électricité des hôpitaux.

Ces conditions catastrophiques ont mené à une augmentation stupéfiante des avortements, augmentation qui pourrait attiendre 225 % par rapport aux taux habituels, selon les sources du média The New Arab.

« La propagation des maladies et le manque d’eau potable ont contraint, dans de nombreux cas, des femmes à recourir à l’avortement en raison des complications liées à leur grossesse », explique le docteur Mohammed Abu Selmia, basé à Gaza. Alertant sur un possible ralentissement de la croissance démographique dans l’enclave, il ajoute que les traumatismes importants causés par la guerre dans l’enclave, associés à un stress extrême et à des problèmes de santé mentale, ont conduit de nombreuses femmes à vivre des grossesses difficiles, aboutissant souvent à une fausse couche.

Publié le 23 juin 2026 par l’Agence Media Palestine

Lettre hebdomadaire