Eleni Varika, fille du leader historique du mouvement trotskiste Vasos Varika, est née à Athènes en 1949 et a étudié à la Faculté de philosophie de l’Université d’Athènes, à l’École des hautes études en sciences sociales et à l’Université Paris 7.
Elle a participé au Front révolutionnaire communiste trotskiste dans la métropole et, depuis 1977, à l’OKDE après l’unification des deux organisations. Elle était un membre clé du journal Roadblock et était active dans les premiers groupes féministes de l’époque.
Tout au long de sa vie, elle est restée fidèle aux principes de la IVe Internationale.
Elle a été professeure associée de sciences politiques et d’études de genre à l’université Paris 8 et membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CNRS). Elle a été chercheuse à l’Institut universitaire européen de Florence et à Harvard, et a enseigné dans diverses universités européennes et américaines, notamment PARIS7, l’EHESS, Portland State, la New School for Social Research, les universités du Wisconsin, Columbia, Cornell, UNAM (Mexique), USP et UNICAMP (Brésil), ainsi que l’université nationale et capodistrienne d’Athènes et l’université de Crète.
Les écrits d’Eleni Varika portent sur l’histoire du féminisme, la pensée politique et sociale, la théorie critique, le genre et la race.
Membre du Women’s Publishing Group, elle a édité en 1981 la publication « Le soulèvement commence il y a longtemps. Pages des premiers pas du mouvement des femmes », qui met en lumière un certain nombre de femmes qui ont été les pionnières de la lutte pour la libération des femmes.
Son ouvrage Le soulèvement des femmes est représentatif de son travail ultérieur important. La genèse de la conscience féministe en Grèce, 1833-1907 est une étude importante qui soulève la question de la conscience du genre et des termes matériels qui la définissent. La dimension très politique de la différence entre les sexes a été mise en évidence dans son ouvrage Pour une grammaire politique du genre, qui traite de la réalisation des expériences en tant que paysage politique.
Enfin, son ouvrage Le gaspillage du monde. Formes de parias traite du gaspillage du monde sous toutes ses formes historiques (esclaves, juifs, femmes, prolétaires) et de leurs luttes rebelles contre leur exclusion.
Pour Varika, l’histoire des luttes des opprimés fait partie intégrante de l’histoire humaine et n’en est pas un aspect secondaire. Son travail souligne précisément la nécessité de transformer l’étude de l’oppression et de la rébellion en une nouvelle théorie critique des relations humaines, visant à comprendre le passé et à intervenir dans le présent pour lutter contre toutes les formes d’exclusion.
Et c’est cette proposition qui nous laisse un héritage.
OKDE Spartakos présente ses condoléances au compagnon d’Elena Varika, Michael Lowy.
Dimanche 11 janvier 2026, par OKDE-Spartakos