En tant que migrant·es et réfugié·es de la diaspora et en exil d’Iran, dont les proches souffrent dans les prisons de l’État iranien et risquent la potence, nous saluons les signataires de la lettre ouverte adressée aux « prisonniers politiques iraniens, pris “entre les deux lames d’une paire de ciseaux” », publiée dans The Guardian le 20 août 2026. À nos côtés se tiennent des camarades et des organisations du monde entier qui considèrent cette lutte comme indissociable de la leur.
La lettre ouverte a été signée par plusieurs prisonnier·es politiques, actuel·les ou ancien·nes, des militant·es politiques et des universitaires, dont Angela Davis, Ruth Wilson Gilmore, Mumia Abu-Jamal, Yasin al-Haj Saleh, Ricardo Jiménez, Michael Löwy et Walden Bello, entre autres, qui ont écrit aux personnes incarcérées en Iran : « Nous sommes solidaires avec vous ». En réponse à cette lettre, certains acteurs de gauche ont depuis appelé les signataires à se retirer, qualifiant la lettre de « sympathisante de l’impérialisme », et trois noms ont été retirés. Nous avons souhaité répondre par une lettre ouverte, démontrant le large soutien dont bénéficient, à travers le monde, celles et ceux qui se tiennent sans réserve aux côtés des prisonnier·es politiques incarcéré·es et ancien·nes prisonnier·es politiques d’Iran.
En tant que collectifs et individus qui, depuis des années, nous mobilisons contre les guerres et les occupations impérialistes occidentales et sionistes, ainsi que contre la violence d’État de la République islamique à l’intérieur et à l’extérieur des frontières iraniennes, nous savons combien il est difficile de sortir des schémas géopolitiques dominants, familiers mais déshumanisants, et de nous montrer solidaires de communautés dont la réalité et la lutte ne rentrent pas dans les cadres binaires du « bien contre le mal », « nous contre eux », « l’Occident contre le reste du monde ». Pourtant, les communautés du monde entier qui sont opprimées simultanément par de multiples forces locales et mondiales ne peuvent se permettre le privilège de choisir entre leurs oppresseurs comme étant le « moindre mal ».
À l’heure où la lutte historique pour la libération collective dans tout l’Iran est assiégée, d’un côté, par la guerre impérialiste sioniste étatsunienne et les exécutions de masse menées par le gouvernement iranien, et, de l’autre, par le sionisme monarchiste iranien belliciste dirigé par Reza Pahlavi, la solidarité internationale exprimée dans cette déclaration a apporté un souffle d’espoir inattendu et a ouvert de nouveaux horizons de libération au-delà des frontières, d’autant plus qu’elle émane de prisonniers politiques actuels ou anciens, tels que Mumia Abu-Jamal, Yasin al-Haj Saleh et Ricardo Jiménez, entre autres.
Comme on pouvait s’y attendre, cette lettre ouverte a suscité une vague de condamnations de la part des porte-drapeaux et des gardiens de l’« anti-impérialisme », qui ont depuis longtemps abandonné les principes fondamentaux mêmes de la tradition anti-impérialiste : la solidarité internationale en faveur des vies écrasées sous le marteau du capitalisme mondial, du colonialisme et de l’impérialisme. Au lieu d’appeler à l’abolition de la peine capitale, ces porte-drapeaux justifient l’emprisonnement massif, la torture et les exécutions de notre peuple.
Au cœur de la guerre militaire et économique menée par les États-Unis contre l’Iran, l’État iranien a intensifié les exécutions de prisonnier·es au nom de la « sécurité nationale », en qualifiant les manifestant·es emprisonné·es d’« agents étrangers » et d’« espions » sans fournir aucune preuve, si ce n’est des aveux arrachés sous la torture.
Pendant ce temps, les véritables « agents étrangers » et collaborateurs opèrent au sein même des échelons supérieurs de la classe dirigeante du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), fournissant aux États-Unis et à Israël des renseignements sur la localisation de responsables assassinés et sur leurs réunions. Il ne s’agit pas d’une conspiration : cela a été admis publiquement par des hauts responsables tels qu’Araghchi, qui a présenté cela comme une « faille de sécurité » persistante au sein du système.
En d’autres termes, selon un scénario classique orchestré par les classes dirigeantes, les damné·es de la terre en Iran sont désigné·es comme boucs émissaires et sacrifié·es en tant qu’« agents étrangers », afin qu’un nouvel équilibre des pouvoirs dans la région puisse être établi au prix du sang des opprimé·e·s et des colonisé·e·s.
Les communautés minoritaires en Iran sont celles qui subissent le plus durement la violence carcérale et frontalière iranienne. Près de deux millions de migrant·es et de réfugié·es afghan·es ont été expulsé·es d’Iran depuis la guerre sioniste de douze jours contre l’Iran. Le gouvernement a utilisé cette guerre comme prétexte pour intensifier la campagne raciste et xénophobe d’expulsion massive contre les Afghan·es, se livrant ainsi au nettoyage ethnique d’un peuple qui vivait et se déplaçait sur ces terres bien avant la création de l’État-nation iranien et de ses frontières.
Si le système pénitentiaire iranien touche les personnes pauvres et marginalisées dans toutes les communautés, les détenu·es issu·es de régions minoritaires, racialisées et colonisées de l’intérieur, telles que le Kurdistan, le Baloutchistan, l’Ahwaz et le Luristan, sont particulièrement visé·es par le système d’incarcération de masse et d’exécutions de l’État iranien. D’une manière qui n’est pas sans rappeler la situation aux États-Unis, où les communautés noires, latino-américaines, musulmanes et autochtones sont bien plus ciblées par le double système patriarcal, colonialiste, suprémaciste blanc et de peuplement, qui allie incarcération de masse et capitalisme racial.
Si notre position contre l’impérialisme étatsunien et les exécutions de la République islamique d’Iran peut paraître inhabituelle à certains, elle est en réalité partagée par les syndicats, les collectifs étudiants, les groupes féministes, racisés et issus de minorités, tant en Iran qu’en exil. La dernière déclaration du Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue se lit comme suit :
« Aujourd’hui, alors que notre pays est en proie à des crises économiques dévastatrices, à une inflation galopante, à l’effondrement du rial, aux attaques militaires étatsuniennes et israéliennes, à la poursuite d’une guerre dévastatrice, aux sanctions économiques, à une répression généralisée et sévère, ainsi qu’à des politiques bellicistes, les autorités répondent une fois de plus aux revendications du peuple – qui réclame du pain, du travail, la justice, la liberté et la dignité humaine – par l’instrument le plus brutal de terreur et d’intimidation : la potence. »
La déclaration se termine par ces mots : « La peine de mort doit être abolie immédiatement ! Les prisonnier·es politiques doivent être libéré·es ! Non à la guerre, à l’intervention, à l’agression militaire et aux politiques bellicistes ! La voie à suivre pour les travailleur·ses et les classes laborieuses passe par l’unité et l’organisation. »
Il ne se passe pas un jour sans que les familles et les soutiens des condamné·es à mort ne risquent leur sécurité pour se rassembler devant les prisons afin de plaider en faveur de l’annulation de l’exécution de leurs proches. La plupart du temps, en vain.
Du 13 au 28 juillet 2026, alors que les bombes étatsuniennes s’abattaient sur les régions du sud de l’Iran, déjà victimes de discrimination raciale et marginalisées, plus de 1 500 prisonnier·es courageux de la prison de Ghezelhesar ont mené une grève de la faim massive contre les exécutions de leurs codétenu·es. Cet événement s’est déroulé parallèlement aux grèves hebdomadaires des détenu·es dans le cadre de la campagne « Les mardis contre les exécutions », qui se poursuit depuis 134 semaines dans plus de 60 prisons et réclame la fin de toutes les exécutions.
Le 28 juillet, le lieu de l’exécution publique à Ispahan s’est transformé en une manifestation populaire spontanée menée par des personnes venues s’opposer à l’exécution. La manifestation a été réprimée et l’exécution a eu lieu. Même si les exécutions se sont poursuivies, la grève de la faim des prisonnier·es, conjuguée à la courageuse résistance des familles et aux manifestations spontanées à Ispahan, a donné un élan à un mouvement en pleine expansion en faveur de l’abolition de la peine de mort, qui s’impose comme une revendication fédératrice parmi différents mouvements sociaux et politiques à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, alors même que les bombes étatsuniennes tombent.
Les informations confidentielles publiées par The Intercept concernant la collaboration entre l’ICE et l’État iranien en matière d’expulsion en pleine guerre révèlent comment les États policiers travaillent de concert et mènent des pourparlers diplomatiques à huis clos pour coordonner les expulsions massives de migrant·es et de réfugié·es, alors même qu’ils sont en guerre. Il en va de même pour les récentes normalisations des relations entre les puissances européennes et les régimes des talibans et d’Al-Sharaa, dans le but d’expulser les Afghan·es et les Syrien·es de la « forteresse Europe ».
Enfin, nous tenons à affirmer cette vérité simple et universelle : la libération collective de toutes les communautés déchirées par la guerre, occupées et colonisées de la région MENA/SWANA et au-delà est étroitement liée.
De la lutte de libération palestinienne contre le colonialisme de peuplement israélien génocidaire soutenu par l’impérialisme occidental et étatsunien, à la lutte révolutionnaire soudanaise contre la guerre génocidaire des Forces de soutien rapide (RSF) et la guerre contre-révolutionnaire des Forces armées soudanaises (SAF), soutenues par différentes puissances impérialistes régionales et mondiales, en passant par la lutte de libération afghane contre les talibans remis au pouvoir par les États-Unis après 20 ans de « guerre contre le terrorisme », en passant par la lutte anticoloniale kurde pour l’autodétermination, la lutte anticoloniale baloutche contre les occupations coloniales pakistanaise et iranienne, la lutte anticoloniale des Arabes ahwazis pour l’autodétermination, la lutte du Congo contre l’invasion militaire rwandaise et l’extractivisme impérialiste, la lutte historique d’Haïti contre l’esclavage, la dette et à la terreur soutenues par le colonialisme et l’impérialisme occidentaux, à la lutte du Venezuela contre le néocolonialisme étatsunien et l’autoritarisme d’État, à la lutte zapatiste contre le « mal gobierno » (mauvais gouvernement) mexicain et l’impérialisme étatsunien, à la lutte du Liban et de la Syrie contre l’expansion coloniale israélienne et les élites politiques sectaires, à la lutte de la Papouasie occidentale contre le colonialisme indonésien soutenu par les puissances impérialistes, à la lutte des Sahraoui·es contre le colonialisme marocain soutenu par Israël, en passant par la lutte des Ouïghour·es contre l’incarcération de masse et la surveillance exercées par l’État chinois, la lutte des Rohingyas contre le génocide militaire perpétré par l’armée birmane, la lutte du Cachemire pour l’autodétermination contre les États militaires indien et pakistanais, jusqu’à la lutte ukrainienne contre l’impérialisme et l’invasion russes, l’hypocrisie égoïste de l’Europe et les politiques anti-ouvrières de l’État ukrainien ; ces luttes, ainsi que toutes les autres luttes pour la libération collective, sont intrinsèquement liées.
Pour nous, le slogan populaire « Personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre » signifie forger, articuler et construire des solidarités qui peuvent paraître à certains déroutantes ou inhabituelles dans un monde où la politique hégémonique et normative est définie par un système d’États-nations capitalistes multipolaires, (néo)coloniaux et patriarcaux et par ses frontières, des frontières qui ont fragmenté, divisé, conquis et hiérarchisé – et continuent de le faire – les terres et les peuples de notre planète.
La déclaration de Fannie Lou Hamer « Personne n’est libre tant que tout le monde n’est pas libre » signifie rejeter les hiérarchies de la libération et les solidarités sélectives, même lorsque des oppositions binaires violentes se présentent comme allant de soi. Un monde nouveau exige de nouvelles solidarités, enracinées dans l’imagination révolutionnaire et l’amour radical, au-delà des frontières et des murs de prison !
Nous reprenons à notre compte les revendications des chauffeurs de bus de Téhéran et des prisonniers qui s’organisent à travers l’Iran : la fin immédiate de la guerre et des sanctions, l’abolition de la peine de mort et la libération de tous les prisonniers politiques. Chaque revendication dépend des autres.
Vive les luttes des peuples partout dans le monde contre l’impérialisme, le colonialisme, l’étatisme, le capitalisme, le patriarcat et le militarisme sous toutes leurs formes !
Liberté pour tous les prisonniers confrontés à la torture et à l’exécution dans les prisons d’Iran, d’Israël, des États-Unis, de Chine, de Syrie, d’Égypte et d’Arabie saoudite !
Liberté pour Mumia Abu Jamal, Fred « Muhammad » Burton, Veronza Bowers et tous les autres prisonniers noirs et autochtones de Turtle Island !
Libérez Varisheh Moradi, Pakhshan Azizi, Zeinab Jalalian et toutes les femmes kurdes révolutionnaires emprisonnées !
Libérez Mahrang Baloch et les autres prisonniers baloutches révolutionnaires détenus dans les prisons coloniales du Pakistan et de l’Iran !
Libérez le Dr Hussam Abu Safiya, Khalida Jarrar, Marwan Barghouti et tous les autres prisonnier·es palestinien·es qui luttent pour leur libération depuis l’intérieur des prisons coloniales sionistes !
Libérez Saadia Mosbah et tous les autres prisonnier·es en Tunisie qui luttent contre les politiques anti-Noir·es et anti-migrant·es de l’État tunisien, dictées par l’extractivisme européen et l’impérialisme frontalier !
Libérez tous les travailleur/ses migrant·es et employé·es de maison d’Asie du Sud et des Philippines touché·es par la guerre dans la région !
Non à la guerre ! Non au génocide !
Non aux exécutions ! Non aux prisons !
Non au militarisme ! Non à l’impérialisme !
Non au sionisme ! Non au patriarcat !
Non au « campisme » ! Non à l’étatisme !
Non au changement de régime impérialiste, oui à la révolution par le bas !
Oui à la solidarité internationale !
Oui à la libération collective !
Oui à la paix, à la justice et à l’autodétermination pour tous les peuples colonisés, opprimés et exploités à travers le monde !
Oui au « Land Back » ! Oui au « retour des terres » !
Jin Jiyan Azadi ! Femme, vie, liberté !
Lectures complémentaires et déclarations contre l’impérialisme sioniste étatsunien et l’autoritarisme militarisé de l’Iran
- Déclaration de l’EZLN sur l’Iran et l’impérialisme étatsunien : enlacezapatista.ezln.org.mx
- Ward. Gaza. Queer : instagram.com
- Mobadara : mobadara.ps
- Rassemblement des anarchistes soudanais : theanarchistlibrary.org
- Priscillia Kounkou Hoveyda, Collectif pour les Iraniens noirs, publié sur Africa is a Country : africasacountry.com
Iran anticolonial
La déclaration ci-dessus a été rédigée par Iran anticolonial, un collectif qui s’attache à traduire, publier et diffuser les déclarations et les actions politiques menées par des voix marginalisées, actuellement ou anciennement incarcérées, colonisées et révolutionnaires depuis l’intérieur de l’Iran. Ce sont des voix qui ont été historiquement effacées, censurées et mises à l’écart, tant à l’intérieur par l’État iranien (d’abord pahlaviste, puis khomeiniste), qu’à l’extérieur par l’élite de la diaspora, ainsi que par les États occidentaux et les médias grand public.
Nos objectifs sont d’internationaliser les voix venues d’en bas qui rejettent l’étatisme, le militarisme, le réformisme, le racisme, le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme et les frontières sous toutes leurs formes.
Notre projet a débuté avec le soulèvement de Jina Amini sous le nom de « Translators4Jina » et, après une brève interruption, nous l’avons repris sous le nom d’« anti colonial iran ». Les déclarations que nous avons traduites au fil des ans, provenant notamment de @collective98, du Collectif Roja, de @Sarkhatism et de nombreux autres, sont disponibles à l’adresse anticolonialirancom.wordpress.com.
La lettre ouverte a été publiée en ligne dans la revue littéraire Overland. Pour apporter votre soutien et ajouter votre nom, celui de votre collectif ou de votre groupe politique en tant que signataire, remplissez le formulaire ci-dessous ou envoyez un e-mail à anticolonialiran@proton.me ou anticolonialiran@gmail.com. Le formulaire contient notre déclaration de soutien en anglais et en espagnol. Les noms des signataires figurent à la toute fin de ce texte et seront mis à jour au fur et à mesure que de nouveaux noms seront ajoutés. Si vous souhaitez ajouter une langue à ce formulaire, envoyez-nous un e-mail !
Merci de diffuser largement ce formulaire auprès des personnes, collectifs et partis politiques qui partagent l’esprit de cette lettre. Veuillez également noter que le texte ci-dessous n’est pas la version définitive, car il doit encore faire l’objet d’une relecture et de l’ajout de liens hypertextes.
Signatures au 27 août 2026 – Pour signer, cliquer ici
1. anti colonial iran
2. Kamran Matin, University of Sussex
3. Priscillia Kounkou Hoveyda, Collective for Black Iranians
4. Assoc Prof Maryam Saeedi, Carnegie Mellon University
5. Shahrzad Arshadi, filmmaker & playwright
6. Prof. Nayereh Tohidi, California State University, Northridge
7. Prof. Fatemeh Shams, Professor of Persian Studies & Intersectional Feminist Collective
8. Samira Rashti, Health Not Punishment Collective, UCLA
9. Naeimeh Doostdar, Women Revolutionary Council & Amsterdam Vrij University
10. Amir Ahmadi Arian, Binghamton University
11. Fatemeh Haghighatjoo
12. Zhaleh Sahand, former political prisoner
13. آناهیتا رحمانی ، زندانی سیاسی سابق و فعال زنان و علیه اعدام / Anahita Rahmani, former political prisoner, women’s rights and anti-execution activist
14. Shokoufeh Sakhi, Ph.D, Adjunct faculty, University of Toronto
15. Sina Zekavat
16. Omid Shekari, University of Pittsburgh
17. Assoc Prof Manijeh Moradian, Barnard College, Columbia University
18. Darya Kharabi, Transnational Iranian Antifascist Collective
19. Azadeh Momeni, Toronto Metropolitan University
20. Kazem Alamdari, California State University
21. Fataneh Farahani, Professor in Ethnology, Stockholm University, Sweden
22. Dana Orkideh, Illustrator & Graphic Designer
23. Ozlem Goner, Central European University
24. Assist Prof Gulay Kilicaslan, Carleton University
25. Amitis Motevalli
26. Nima Sabouri
27. Sanaz Azimipour, Writer
28. Aso Javaheri, Simon Fraser University
29. Nastaran Saremy, Simon Fraser University
30. Gita Hashemi, Artist, T’karonto
31. Daria Jehani
32. Damoun Jehani, PhD Student and political activist
33. Prof. Saeed Rahnema, (rtd) York University, Canada
34. Haideh Moghissi, Emerita Professor, York University
35. Mona Hadisi, Iran Freedom Congress
36. Babak Salari, Photographer, Montreal
37. Saeedeh Niktab Etaati, Curator, Canadian Museum of History
38. Arash Ghiassi
39. Muborak Sharif, Independent scholar
40. Mana Khosrowshahi, Development Studies PhD Candidate at University of Ottawa
41. Mina Mahmoudian
42. Suzan Karimi
43. Avishan Chanani
44. Yeganeh Khoie
45. Dr Maryam Palizban, Iméra – Institute for Advanced Study, Aix-Marseille Université, France
46. Nazan Üstündağ, Alice Salomon Hochschule
47. Mina Fakhravar, University of Ottawa
48. Kiana Dashtbazi
49. Dr Mahdi Ghodsi, wiiw, WU, CMEG, Iran Freedom Congress
50. Dr Raha Sabet Sarvestany
51. Dr Zahra Khosroshahi, Lecturer in Film & Television Studies, University of Glasgow
52. Shahla Zendegani Feminist Social Activist
53. Negin Shiraghaei, Azadi Network
54. Hanieh Khosroshahi
55. Mitra Saffari, human rights activist
56. Shahrzad Roshan Zamir, student, School of Law, University of California, Berkeley
57. Ali Robaei
58. Mehrdad Samadzadeh, University of Toronto
59. Mahtab Mahboub, PhD candidate at Essen-Duisburg University
60. Hajar Moradi, Multidisciplinary Artist
61. Ashkan Hashemipour, University of Oxford
62. Dr Homa Fathi, PhD Candidate, McGill Faculty of Dental Medicine and Oral Health Sciences
63. Farhad Nomani, Emeritus Professor of Economics, AUP, Paris
64. Sepideh Shariati
65. Sahand Mehraeen, Vandad Educational Centre
66. Reza Akbari, Political Activist and Writer
67. Sedigheh Haj Mohsen, Political activist
68. Dr Azam Khatam, University of Toronto
69. Dr Ali Akbar Mahdi, Professor Emeritus, Ohio Wesleyan University, Retired Lecturer, California State University, Northridge
70. Dr Mohammad-Reza Nikfar, IranAcademia
71. Negin Behkam, Women Revolutionary Council and journalist
Collectives & organisations
1. Roud Collective
2. Voice of Iran Revolution
3. Osyan Women's Collective
4. Kaargaah.net (تحریریهی کارگاه دیالکتیک)
5. هم یاری Iran Solidarity - Toronto
6. Transnational Iranian Anti-Fascist Collective (TIAC)
7. Javaneh Verein
8. Global Prison Abolition Coalition
9. Judíxs Antisionistas contra la Ocupación y el Apartheid, Chile
10. Flüchtlingscafé Göttingen / Refugee Café Göttingen
11. AK Asyl Göttingen
Signatures in solidarity
1. Prof. Gary Foley, Aboriginal History Archive, Victoria University
2. Prof. Tony Birch, The University of Melbourne
3. Dr Carlos Eduardo Morreo, Victoria University
4. Dr Tasnim Mahmoud Sammak, Victoria University
5. Prof. Juan Tauri, The University of Melbourne
6. Dr Shakira Hussein, The University of Melbourne
7. Assoc Prof Amanda Porter, The University of Melbourne
8. AOM Debbie Kilroy, Sisters Inside & National Network of Incarcerated & Formerly Incarcerated Women and Girls
9. Rebecca Ruth Gould, Distinguished Professor of Comparative Poetics and Global Politics, SOAS, University of London
10. Federico Fuentes
11. Karim Safieddine
12. Sara Abbas, City University of New York
13. Curtis Levy, filmmaker
14. Gina Lee Robbins
15. Tania Melnick, Judíxs Antisionistas contra la Ocupación y el Apartheid, Chile
16. Dr Elese Dowden
17. Vicki Nguen
18. Michael Rodríguez-Muñiz, UC Berkeley
19. Marco F. Navarro, Queens College, CUNY
20. Dr Aragorn Eloff, South Africa
21. Jon Tjhia
22. Lazy Rosario, Musician & DJ
23. Ceylan Hassan, PhD University of Kent, Decolonial Cypriot
24. Dr Scheherazade Bloul, Deakin University
25. Sam Wallman
26. Marissa Walker
27. Armaan Singh
28. Brian B+ Cross, UCSD Vis Arts
29. Melissa Corbett, Socialist Alliance
30. Dr Benjamin H. Abbott, University of New Mexico
31. Mitchell Plitnick, ReThinking Foreign Policy
32. Juan Pachon, Latin American Solidarity Network (LASNET)
33. Joanna Wren, Archaeologist, Ireland
34. Wayne Heimbach
35. Doita Datta
36. Donovan Ward
37. Hugo Le Gourrierec, director, assistant director cinéma, France
38. Dr Geoff Jordan
39. Sarah Sather, Assistant Editor, New York
40. Prof Ricardo Dominguez, UCSD, Visual Arts
41. Orla de Díez
42. Danisha, Sai University
43. Dr Christy Adeola Braham
44. Prof. Sean Purdy, Universidade de São Paulo
45. Shuddhabrata Sengupta, artist & curator, Raqs Media Collective, Delhi, India
46. Balasingham Skanthakumar, co-editor Polity magazine / director Social Scientists' Association of Sri Lanka
47. Prof. Barbara Taylor, Queen Mary University of London
48. N Jayaram, People's Union for Civil Liberties, India
49. Kerrigan Hayes
50. Dr Simone Jeger
51. Rashmi Varma, University of Warwick
52. Amina Ali, writer, New York, NY
53. Lea G
54. Dr Carolyn D’Cruz
55. Amaury Rodriguez, writer
56. Tori Ball, Durham University
57. Prof. Matthew Klugman, Victoria University
58. Mohammed Elnaiem
59. María Paula Hernández, PhD Candidate, La Trobe University
60. Juan-Camilo Riano-Rodriguez, PhD Candidate, Victoria University
61. Suraia Sahar
62. John Michael Colón, Writer & Editor, Strange Matters Magazine
63. Michael Karadjis, Western Sydney University
64. Dr S.N, UCL
65. Nicholas Bray
66. Antonios Tiganis, Aarhus University
67. Robin Yassin-Kassab, Writer
68. Joseph Daher, Independant Academic and Researcher
69. Wil Sahar Patrick, PhD Candidate, University of Victoria
70. Ian Parker, Anti-Capitalist Resistance Manchester
71. Simon Pearson, Anti Capitalist Musings & Anti Capitalist Resistance