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Argentine : Trois militants du PST assassinés

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Trois membres du Parti Socialiste des Travailleurs (PST — Partido Socialista de los Trabajadores), organisation sympathisante de la IVème Internationale en Argentine, ont été assassinés pendant le week-end des 1er et 2 novembre par les tueurs fascistes de l’Alliance Anti-Communiste Argentine (AAA — Alianza Anti-Comunista Argentina).

Les assassinats surgissent juste une semaine après les attaques des locaux du PST dans plusieurs villes. Le 6 novembre, la police fédérale prit le relais des fascistes en occupant les locaux du PST de Buenos Aires et en arrêtant au moins 5 camarades. La police occupa les locaux le lendemain de la déclaration de l’état de siège par le gouvernement, qui autorise à perquisitionner et arrêter sans mandat, à suspendre l’Habeas Corpus et qui donne le pouvoir à la présidente d’ordonner des arrestations à volonté et d’interdire toute réunion politique publique.

L’assassinat des camarades du PST faisait partie d’une vague de meurtres commis par l’AAA ces derniers mois, avec la tolérance et la complicité du régime. La manière dont ces assassinats ont été perpétrés rend ceci évident.

La nuit du 1er novembre, Ruben Bouzas, étudiant de 20 ans, qui était membre du PST depuis un an et demi, fut enlevé de son domicile dans la banlieue de Buenos Aires par un groupe d’hommes se présentant comme des policiers. Le lendemain son corps était retrouvé. Il avait été tué par des cartouches de fusil de chasse. La même nuit, Juan Carlos Nievas, militant ouvrier de 26 ans de l’usine Nestlé et militant du PST depuis plusieurs mois, fut enlevé de son domicile par un groupe d’hommes armés. Quelques heures plus tard il était retrouvé mort, victime également des mêmes cartouches.

La nuit du 3 novembre, César Robles, membre du Comité Exécutif National du PST, s’arrêta devant un marchand de glaces de Buenos Aires en sortant du Congrès national du PST. Là, un groupe armé le kidnappa. Deux heures plus tard son corps était retrouvé, criblé de balles de mitraillette. Robles, dirigeant de la grève des dockers sous la dictature d’Onganía, était le secrétaire du PST pour le Nord du Grand Buenos Aires et l’un des dirigeants les plus importants du parti.

Le PST avait déjà été la cible de la police et des attaques fascistes auparavant. La nuit du 22 octobre, 20 hommes armés faisaient irruption dans la maison d’un militant du PST, dans le quartier Merlo de Buenos Aires. Le camarade n’était pas chez lui. Mais trois de ses frères (tous ouvriers du bâtiment et sans activité politique) ainsi que sa mère s’y trouvaient. Les trois frères furent passés à tabac au point que les membres de leur propre famille ne purent pas les reconnaître ensuite. Le même jour, 30 hommes armés répartis dans deux camionnettes qui suivaient le cortège du gouverneur de Chivilcoy (province de Buenos Aires) dans un défilé officiel, s’en séparèrent pour attaquer les locaux du PST. Le 23 octobre à 5 heures du matin, les locaux nationaux du PST de Buenos Aires étaient attaqués par une bande fasciste. Des grenades furent jetées et une rafale de mitraillette perça le rideau de fer tiré sur la vitrine de la librairie de l’organisation.

La déclaration de l’état de siège par Isabel Perón était prétendument destinée à mettre fin à la « violence de la gauche et de la droite ». Mais la fonction réelle de cet état de siège est d’écraser l’aile militante du mouvement ouvrier argentin ; et c’est la seule solution ouverte à la bourgeoisie argentine et à son gouvernement. Il ne fait aucun doute que les terroristes d’extrême-droite ne subiront guère les conséquences de l’état de siège, mais verront au contraire leur liberté d’action élargie sous la protection de la police. L’occupation, le 7 novembre, des locaux du PST en est une première confirmation.

L’attaque de la bourgeoisie n’épargnera pas un seul secteur militant du mouvement ouvrier argentin. Les travailleurs doivent y répondre de la seule manière efficace qui existe : l’organisation de l’auto-défense armée la plus large, qui est maintenant une composante indispensable de tous les aspects des luttes de la classe ouvrière. Les batailles qui se profilent à l’horizon en Argentine seront décidées dans les rues, les quartiers et les entreprises et non dans les tribunaux ou au Parlement.

L’exemple du Chili s’impose comme une preuve. Le mouvement ouvrier dans le monde entier doit organiser la solidarité avec les victimes de la violence fasciste et la lutte des travailleurs argentins pour la révolution socialiste :

Solidarité avec le PST et toutes les victimes de la violence fasciste !
Auto-défense armée contre les gangsters fascistes et le gouvernement qui les soutient !

Novembre 1974

Lettre hebdomadaire