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Vive l’indépendance de la Guinée-Bissau !

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À la suite de l’accord signé à Alger le 26 août 1974, entre le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert) et le Portugal, nous saluons l’accession à l’indépendance de l’État de Guinée-Bissau. Nous saluons également les dix-huit années de lutte courageuse du peuple de Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert, animées par le PAIGC.

La situation ouverte au Portugal depuis avril dernier est tout autant le produit de la montée des luttes en Europe et au Portugal que la conséquence des luttes armées menées par le PAIGC, le MPLA et le FRELIMO. Miné par une guerre coloniale, le régime fasciste de Salazar est enfin tombé, réalisant ainsi ce que le regretté Amílcar Cabral (odieusement assassiné en janvier 1973) écrivait il y a dix ans :

« Si la chute du fascisme… peut ne pas conduire à la fin du colonialisme portugais, nous sommes sûrs que la liquidation du colonialisme portugais entraînera la destruction du fascisme au Portugal. »

Certes, le nouveau gouvernement portugais, surveillé par l’impérialisme, n’est pas prêt encore à régler le problème de l’Angola et du Mozambique dans cette partie de l’Afrique où les régimes racistes de la Rhodésie et de l’Afrique du Sud entendent frapper en leur sein et à leur porte les premiers coups portés par les masses africaines opprimées.

L’union des peuples africains en lutte, l’indispensable soutien du mouvement ouvrier international s’avèrent plus que jamais nécessaires pour déjouer toutes les manœuvres de l’impérialisme, qui cherchera, malgré tout, à maintenir le statu quo, par le biais de solutions de force ou de solutions néocoloniales.

Lentement, mais sûrement, la montée des masses africaines en lutte se précise, et cette première sécession acquise les armes à la main (et non pas octroyée comme ce fut le cas des indépendances des années 60), est le reflet significatif de cette tendance des peuples africains à faire irruption sur la scène politique pour prendre en main leur propre avenir, contre l’impérialisme et ses fidèles sujets, les régimes néocoloniaux.

À l’heure où le régime de Spínola tente de faire rentrer dans le rang la classe ouvrière portugaise (lois sur le droit de grève), nul ne peut nier que la lutte des peuples des colonies est intimement liée à celle du prolétariat portugais, et que, devant toutes les manœuvres de la bourgeoisie portugaise visant à refuser l’indépendance immédiate et inconditionnelle de l’Angola, du Mozambique et des îles du Cap-Vert, la victoire des ouvriers resterait le plus sûr garant de la libération du joug colonial.

Conscients de cela, les marxistes révolutionnaires, et avant tout la Ligue Communiste Internationaliste du Portugal, continuent leur lutte pour le socialisme.

VIVE L’INDÉPENDANCE DE LA GUINÉE-BISSAU !

POUR L’INDÉPENDANCE IMMÉDIATE ET INCONDITIONNELLE DES ÎLES DU CAP-VERT, DE L’ANGOLA ET DU MOZAMBIQUE !

SOUTIEN TOTAL AU PAIGC, AU MPLA ET AU FRELIMO !

CONTRE L’IMPÉRIALISME ET LES SOLUTIONS NÉOCOLONIALES !

POUR LA RÉVOLUTION SOCIALISTE !

Été 1974

Lettre hebdomadaire