Les organisations qui composent la Rencontre nationale pour la Défense des droits du Peuple (ENDP) et d’autres courants anti-impérialistes, dans une position d’indépendance de classe et de tout autre pouvoir oppressif, nous prenons position face à la grave situation que traverse notre pays après les attaques criminelles perpétrées par les États-Unis et le gouvernement de Donald Trump sur le sol vénézuélien, et nous assumons la défense du droit à l’autodétermination du Venezuela et de la souveraineté nationale. Nous appelons à rejeter l’agression militaire et l’offensive impérialiste contre le pays.
1. Condamnation de la lâche agression militaire étatsunienne sur le sol vénézuélien
Nous exprimons notre rejet catégorique des bombardements menés par le gouvernement de Donald Trump dans la nuit du 3 janvier dernier sur Caracas et diverses zones du territoire national. Nous dénonçons cette action comme une violation flagrante de la souveraineté, une agression criminelle contre le peuple vénézuélien dont la conséquence se traduit par l’imposition d’un gouvernement sous tutelle impérialiste au Venezuela, dont la mission est d’imposer un programme colonial à la nation, à notre pétrole et à ses ressources stratégiques.
L’attaque militaire généralisée contre le pays, qui a causé la mort d’une centaine de personnes, militaires et civils, est la continuation et le point culminant d’une agression impérialiste systématique qui va des diverses mesures de coercition (« sanctions ») appliquées depuis de longues années jusqu’à l’encerclement militaire dans les Caraïbes, en passant par les bombardements et les assassinats de sang-froid en haute mer. Ils s’inscrivent dans un programme de domination continentale, dans la résurgence de la néfaste « doctrine Monroe », qui revendique le droit des États-Unis d’imposer leurs intérêts aux peuples du continent, comme un atout dans leur concurrence avec d’autres puissances. L’attaque et la soumission nationale du Venezuela sont ainsi utilisées comme exemple pour intimider d’autres pays de la région.
Nous exprimons notre solidarité avec les familles des personnes décédées victimes de l’agression, ainsi qu’avec celles qui ont été touchées par la destruction de leurs maisons ou des bâtiments publics. Nous exprimons également notre solidarité avec celles et ceux qui ont été affectés émotionnellement par les bombardements.
Nous exprimons également notre solidarité avec les communautés de Fuerte Tiuna, El Hatillo, les paroisses El Paraíso, San Juan, 23 de Enero, les secteurs proches de La Carlota, ainsi qu’avec les habitants de Caracas, de Miranda et de La Guaira en général, qui vivent depuis ce jour dans la confusion et l’angoisse face à la possibilité d’une nouvelle attaque.
En tant qu’organisations opposées au gouvernement vénézuélien, nous condamnons fermement les politiciens patronaux qui, dans l’opposition pro-impérialiste, applaudissent l’agression militaire contre le pays et le plan de soumission nationale de Trump. María Corina Machado, Leopoldo López, Antonio Ledezma et tous ceux qui partagent cette politique méritent le rejet le plus ferme de la part du peuple travailleur vénézuélien.
2. Rejet de l’enlèvement de Nicolás Maduro et Cilia Flores
Malgré nos profondes divergences politiques avec son gouvernement, nous rejetons l’enlèvement de Nicolás Maduro Moros et Cilia Flores par des forces militaires étrangères. Nous exigeons des informations officielles et le respect de leurs droits humains, ainsi que leur libération, car nous ne reconnaissons en aucun cas à l’impérialisme le droit d’arrêter et de juger un dirigeant vénézuélien, ce qui relève uniquement de la compétence de notre propre peuple.
Nous exigeons le respect des principes d’autodétermination du peuple vénézuélien. Aucune puissance étrangère n’a la compétence pour agir en tant que « gendarme du monde » ni pour appliquer ses lois de manière extraterritoriale sur le sol vénézuélien.
3. Le peuple vénézuélien a le droit inaliénable de discuter et de décider de son destin
Avec l’offensive néocoloniale brutale contre le pays, ce n’est pas seulement le destin d’un gouvernement qui est en jeu, c’est le présent et l’avenir du peuple vénézuélien. La condition la plus élémentaire d’un pays souverain est remise en question. Ce qui est proposé, c’est que la gestion des ressources nationales et des fruits du travail national se fasse à Washington, depuis les bureaux du président des États-Unis, lors de ses réunions avec les magnats etatsuniens et d’autres pays. Il s’agit d’un recul historique sans précédent.
Il est inacceptable que la classe ouvrière, la jeunesse et les secteurs populaires du pays soient mis à l’écart ! Nous exigeons la pleine liberté démocratique pour contester et lutter contre les prétentions néocoloniales insolentes sur le pays. Le droit de tenir des assemblées libres de toute contrainte sur les lieux de travail, d’étude et dans les communautés, afin de débattre de la situation et de définir les mesures à prendre pour répondre aux intentions de soumission nationale. Le libre droit de réunion et de manifestation.
4. Notre rejet de l’impérialisme s’inscrit dans le cadre d’une opposition véritablement démocratique et de gauche au gouvernement vénézuélien.
Notre condamnation de l’agression impérialiste n’implique aucun soutien politique à la direction qui a détenu le pouvoir ni au gouvernement collaborateur mis en place après l’intervention des États-Unis. Nous sommes d’accord pour souligner que :
• Le gouvernement a mis en œuvre une austérité économique brutale qui a totalement détruit les droits de la classe ouvrière acquis au cours d’années de luttes. À l’ajustement drastique du gouvernement pour payer la dette extérieure se sont ajoutées les mesures de coercition impérialistes (« sanctions »), qui visaient à étouffer l’économie nationale déjà en crise, aggravant les difficultés. La politique du gouvernement a fait peser les conséquences de toute la crise sur les droits de la classe ouvrière et les conditions de vie du peuple, tandis que les intérêts des classes propriétaires à l’intérieur et à l’extérieur ont été préservés, générant une inégalité sociale toujours plus grande : tout pour les entrepreneurs et les patrons, rien pour les travailleurs, telle a été en fait la logique du gouvernement. Il est donc urgent de sauver les salaires et les retraites, de rétablir les prestations sociales et de restituer les droits syndicaux et du travail qui ont été supprimés.
• Nous dénonçons également la persistance de l’emprisonnement de personnes, militantes ou non, pour des motifs politiques. Ces mécanismes de répression utilisés par le gouvernement ont contribué à aggraver sa dérive autoritaire. Ces mécanismes doivent être abrogés, comme la « Loi sur la Haine ».
• Les libérations qui ont lieu sous la pression de l’impérialisme méritent la solidarité et la mobilisation populaire afin d’accélérer ce processus et d’accorder la pleine liberté à toutes les personnes libérées.
• Nous exigeons la reconnaissance de tous les droits démocratiques du peuple vénézuélien ; par conséquent, il faut accélérer la libération totale des prisonniers politiques et répondre à la demande des familles, des organisations sociales et politiques qui se sont battues pour leur libération, et atténuer la douleur causée à des milliers de familles vénézuéliennes qui sont confrontées à cette situation difficile et injuste.
• Les arrestations et les perquisitions arbitraires, les disparitions forcées et les fouilles sans mandat judiciaire par les forces de police et les groupes paramilitaires doivent cesser immédiatement.
• Nous dénonçons l’opacité inacceptable qui entoure la réponse des systèmes de défense nationale et l’impact réel (victimes et dommages) des attaques du 3 janvier. Nous exigeons du gouvernement actuel de Delcy Rodríguez qu’il explique les faits en toute transparence, qu’il informe la population de l’identité des personnes assassinées lors de cet attentat criminel, et qu’il rende compte des dommages structurels, de leurs coûts et des estimations des répercussions sur la population.
• Nous exigeons également que le salaire minimum soit rétabli comme un droit pour la classe ouvrière vénézuélienne, conformément à l’article 91 de la CRBV, et que d’autres mesures d’urgence soient prises afin de rétablir des conditions de vie dignes pour l’ensemble de la population.
5. Nous nous opposons à tout type de gouvernement sous tutelle des États-Unis
Dans le cadre de l’attaque brutale et de l’extorsion militaire impérialiste, le gouvernement Trump impose des mesures drastiques pour contrôler les ressources du pays, qui sont acceptées docilement par le gouvernement vénézuélien. La « collaboration » et la « cordialité » avec l’impérialisme sont les lignes directrices proposées par le gouvernement de Delcy Rodríguez, facilitant l’avancée néocoloniale, pratiquement comme un gouvernement sous tutelle des États-Unis pour livrer notre pétrole et les autres richesses naturelles du pays.
Nous rejetons toute forme de coopération sous les injonctions de Washington, qu’il s’agisse de la manière dont ils tentent de nous imposer la gestion de l’industrie pétrolière nationale et du reste des ressources naturelles et énergétiques vénézuéliennes, ou du contrôle de l’économie nationale et des relations internationales.
Nous mettons en garde contre la soumission du gouvernement vénézuélien, avec sa collaboration et sa « coopération » avec celui de Trump, à livrer notre pétrole et les autres richesses naturelles et énergétiques du pays.
6. Appel au peuple vénézuélien et à la solidarité internationale pour se mobiliser, une réponse massive et internationaliste est nécessaire
Trump prétend avec arrogance passer outre le peuple vénézuélien et son histoire de lutte indépendantiste et anti-impérialiste, s’autoproclamant « président par intérim du Venezuela » et imposant à notre nation des pressions colonialistes abusives.
Aujourd’hui plus que jamais, nous avons le besoin impérieux et urgent de travailler pour l’unité de la classe ouvrière et du peuple vénézuélien exploité autour de ses intérêts de classe, et pour le rétablissement de la souveraineté nationale.
L’organisation et la mobilisation populaire et de la classe ouvrière sont indispensables pour surmonter la domination impérialiste que l’on tente de nous imposer. C’est pourquoi il faut retrouver la possibilité d’organiser des assemblées et de promouvoir des espaces de rencontre où participe le peuple vénézuélien, qui s’opposent clairement à l’interventionnisme, où l’on discute de ce qui s’est passé et où l’on formule une série de revendications pour résoudre la crise à partir des secteurs populaires et de la classe ouvrière.
En ces temps difficiles, nous devons nous préparer à développer différentes formes efficaces de lutte pour défendre la souveraineté nationale et les droits de notre peuple, en dénonçant et en nous organisant contre tout ce qui implique la cession de nos ressources pétrolières, minérales et naturelles ou la tutelle étrangère.
Le destin du Venezuela ne doit pas être décidé par des négociateurs ou sous la contrainte de Washington, mais par la volonté souveraine de son peuple.
Nous exhortons le peuple travailleur vénézuélien, les peuples d’Amérique latine et les forces démocratiques du monde entier à manifester contre cette agression militaire. La sortie de crise doit être ouvrière et populaire, rejetant à la fois l’interventionnisme néocolonial de Trump et la poursuite d’un modèle qui soutient et privilégie les intérêts des entrepreneurs de toute origine nationale, des riches et des nouveaux riches, au prix de la suppression des droits économiques, sociaux et politiques des masses laborieuses.
Toute l’Amérique latine est menacée et nos peuples doivent s’unir pour affronter et freiner l’envahisseur etatsunien, ses nouvelles formes de colonisation et l’extension de ses intérêts impérialistes sur les nations latino-américaines. Nous appelons à la plus large mobilisation possible en Amérique latine et aux États-Unis mêmes. En ce sens, nous proposons une grande mobilisation internationale capable de freiner l’agression impérialiste. Nous appelons la jeunesse, la classe ouvrière et l’intelligentsia progressiste des États-Unis à s’opposer résolument à leur propre impérialisme.
Dehors l’impérialisme yankee du Venezuela et de l’Amérique latine !
Retrait du blocus militaire yankee des côtes du Venezuela !
Pour les libertés démocratiques totales afin de lutter contre les prétentions néocoloniales de Trump et pour tous les droits du peuple travailleur !
Non à la capitulation nationale !
Pour la restitution des droits de la classe ouvrière !
Signataires
PPT- APR
Partido Comunista de Venezuela (PCV-Dignidad) Movimiento Popular Alternativo (MPA)
Revolución Comunista Liga de Trabajadores por el Socialismo (LTS) Partido Socialismo y Libertad (PSL) Marea Socialista Unidad Socialista de Los Trabajadores (UST) Bloqueo Histórico Popular (BHP)
Le 26 janvier 2026
www.aporrea.org/tiburon/a349163.html
Appel des organisations signataires à un rassemblement devant le Bureau du Défenseur du peuple à Caracas, le 28 janvier 2026