Les vagues successives de la mobilisation des masses iraniennes, l’impact de la crise économique, le soulèvement de Tabriz, l’incendie d’Abadan, les manifestations géantes de Téhéran, l’exode rural... sont les données fondamentales — déjà exposées dans Inprecor 35, 36 et 39 — sur lesquelles s’appuient les auteurs pour poursuivre leur analyse.
Javad Sadeeg et Azar Tabari sont respectivement membres dirigeants de la Ligue Satar (organisation sympathisante de la IVe Internationale en Iran) et de l’Organisation des partisans iraniens de la IVe Internationale au Moyen-Orient et en Europe. Ces deux groupes s’apprêtent alors à fusionner pour former une section de la IVe Internationale en Iran.
La lutte prolétarienne massive contre l’anéantissement économique se déroule au sein d’un mouvement plus large des opprimés. Les alliés du prolétariat — les paysans, les nationalités opprimées, les femmes, les jeunes, les artisans, les petits commerçants et les soldats — sont tous à un degré ou à un autre impliqués dans ce mouvement.
Pendant les événements de cette année, ces alliés de la classe ouvrière ont commencé à former leurs propres contingents indépendants. Ce sont eux qui ont été les plus touchés économiquement, car ils forment le noyau massif du prolétariat et de la paysannerie pauvre. Dans la lutte en cours, ils ont joué, dans une grande mesure, le rôle d’avant-garde sociale du mouvement. Ils ont constitué les secteurs les plus militants de la lutte. Ce n’était donc pas accidentel que le saut qualitatif du mouvement de masse commence avec l’explosion de Tabriz, au centre de la nationalité opprimée d’Azerbaïdjan.
Lors de la vague de manifestations qui a suivi, avant le massacre du 8 septembre, la paysannerie déracinée qui a rejoint les rangs du prolétariat urbain, car composée aussi de travailleurs non qualifiés, a joué un rôle central.
C’est sur la base des luttes de ces couches opprimées qu’un puissant mouvement de grèves du prolétariat industriel a été déclenché et a conduit aux grèves d’autres travailleurs, y compris la grève nationale des instituteurs et celles des fonctionnaires.
Pour la première fois un certain lien a été établi entre le prolétariat urbain et les paysans — par la participation active des paysans déracinés aux luttes de la ville.
Entraînés par les luttes de la classe ouvrière, les paysans ont effectué des manifestations et des marches, et il est arrivé qu’ils manifestent jusqu’aux villes les plus proches. La plupart de ces actions ont jusqu’ici eu lieu au Kurdistan, et elles ont concerné des milliers de paysans.
Les revendications des paysans concernent principalement la terre, les routes, et l’eau (ils protestent aussi contre la destruction du système traditionnel d’irrigation Qanat par l’introduction non planifiée de puits artésiens par les riches). D’autres revendications paysannes concernent la suppression des acomptes qu’ils doivent payer en loyer pour travailler leur propre terre, la suppression des entreprises agricoles détentrices de parts que le gouvernement leur a imposées, et la restitution de leur terre.
La conscience politique des masses paysannes commence à se développer. Par exemple, les paysans du village de Halab et des villages environnants ont tenu une cérémonie commémorative le 18 octobre pour Ismail Rostami (12 ans), qui avait été tué dans la ville voisine de Zanjan alors qu’il participait à une manifestation contre le Shah. Pour honorer la mémoire du jeune garçon assassiné, les paysans ont donné son nom au village. Environ 600 personnes de Zanjan ont assisté à cette cérémonie commémorative, après s’être frayées un chemin à travers des barrages routiers.
Le 20 octobre, environ 1500 paysans de Malek Abad ont fait une marche de dix miles jusqu’à la ville d’Arak pour protester contre l’emprisonnement de treize habitants de leur village. Les gendarmes les ont empêchés d’arriver jusqu’au bout. Les paysans ont dit à des reporters que les treize villageois emprisonnés avaient été injustement accusés d’avoir mis le feu à des puits artésiens appartenant à un millionnaire de la ville, Hojabr Yazdani. Ils ont ajouté que ces puits avaient asséché leurs Qanats un an auparavant, causant de graves sécheresses.
On peut déjà avoir quelques indications sur les luttes paysannes à venir. Dans ces luttes, comme cela apparaît déjà, les paysans demanderont de l’aide aux villes. Pour le prolétariat, les paysans pauvres constituent l’allié de classe le plus important.
Les liens entre les villes et les villages qui s’établissent par ces luttes doivent effacer des siècles d’isolement des paysans.
En ce qui concerne les nationalités opprimées, leurs sentiments nationalistes se sont intensifiés à la suite du soulèvement de février à Tabriz. On rapporte que dans certaines écoles d’Azerbaïdjan, par défi ouvert contre le régime, la langue turque interdite de l’Azerbaïdjan est utilisée à la place du persan officiel. Au Kurdistan le sentiment nationaliste s’est exprimé encore plus ouvertement dans l’appel pour un «Kurdistan libre», indiquant la profondeur de la rébellion kurde contre l’oppression nationale.
Il y a eu aussi une progression significative du sentiment national au Baluchistan. Dans leur lutte contre le régime du Shah, les étudiants baluchis ont appelé à un «Baluchistan libre». Leur lutte est liée à celle des Baluchis de l’État pakistanais en décomposition. Ces développements sont d’autant plus significatifs que l’on considère le fait que le régime iranien a eu une politique constante de répression brutale de toute manifestation de rébellion nationaliste.
Avec le développement du mouvement de masse, la lutte des nationalités opprimées pour l’autodétermination — composante vitale de la révolution iranienne — deviendra de plus en plus marquante et prendra un caractère massif.
LE RÔLE DES FEMMES DANS LE MOUVEMENT DE MASSE
Un développement remarquable et sans précédent des récents soulèvements a été la participation active et massive des femmes. Des dizaines de milliers de femmes ont manifesté et porté des banderoles dans toutes les villes importantes d’Iran où des manifestations contre le Shah ont eu lieu. Des femmes, organisées en cortèges séparés et couvertes de leurs chadors (voiles), ont conduit à la fraternisation avec les troupes de l’armée à Téhéran en leur lançant des fleurs. Même le journal officiel du gouvernement, le Rastakhiz, a dit des manifestations d’avant le 8 septembre : « La chose la plus visible était la participation active et massive des femmes aux côtés des hommes ».
Lors de la vague de grèves ouvrières actuelle, des revendications concernant des crèches ont été avancées et par les mineurs des mines de charbon et par les instituteurs en grève.
La participation des femmes aux manifestations a continué et s’est étendue aux zones rurales. La participation des étudiantes de l’université a eu une importance particulière ; leur militantisme devient bien connu.
Un des problèmes auxquels le régime doit maintenant faire face est celui des manifestations contre le Shah des teenagers et de leurs petits frères et sœurs. L’appel du régime aux parents pour qu’ils usent de leur autorité pour réfréner leurs enfants a été totalement inefficace. Des enfants de l’école élémentaire ont mis au point leurs propres rythmes colorés contre le Shah après leurs heures de classe. Un exemple en est celui-ci : «Combien de mots dans ‘Mort au Shah’?», chante un groupe d’enfants. «Trois mots : “Mort – au – Shah”», répondent leurs petits camarades.
En général, la majorité écrasante du mouvement est formée par la jeunesse. 60 % de la population a moins de vingt ans et ne se voit pas d’avenir dans ce système. Influencés par la radicalisation mondiale de la jeunesse, et n’ayant pas eu l’expérience de la défaite de la Seconde révolution, les jeunes sont optimistes sur l’issue de leurs luttes.
D’autres alliés du prolétariat à avoir rejoint le mouvement sont les artisans et les petits commerçants. Ils ont fait partie des premières victimes de l’inflation et ont été considérés comme boucs émissaires responsables de son augmentation. Les petits commerçants ont été le sujet des mises en scène «anti-profiteurs» périodiques du Shah.
Il devient de plus en plus évident que des forces énormes, au-delà du prolétariat, peuvent être gagnées, organisées et mobilisées dans le combat pour le socialisme en Iran.
Se gagner les alliés du prolétariat est un préliminaire nécessaire au succès des luttes révolutionnaires à venir. La classe ouvrière a besoin d’une direction qui puisse mener à bien cette tâche.
L’ABSENCE DE DIRECTION
Actuellement, le mouvement de masse en Iran n’a pas de direction apparente ni reconnue. La prédominance de personnalités religieuses dans la période d’avant le 8 septembre n’est pas la manifestation d’une direction mais exactement le contraire — celle d’une absence de direction.
En dépit des déclarations du haut Ulema, et malgré la propagande de la presse impérialiste, l’Islam ou un « État islamique » n’est pas le but des masses. La popularité de certaines personnalités religieuses dans le mouvement est due à :
- la défaite de 1953 et les trahisons des staliniens et des nationalistes bourgeois ;
- l’absence de parti politique ou de dirigeant qui pourrait exprimer le mécontentement des masses ;
- l’exil des dirigeants shiites les plus en vue, et leur opposition au Shah ;
- la légalité des mosquées, qui en a fait le centre des rassemblements de masse et de l’agitation contre le Shah et son régime ;
- le fait qu’en raison de leur proche contact avec les paysans et les pauvres des villes, les mullahs des échelons inférieurs ont tendance à refléter les sentiments des opprimés, à travers leur propre idéologie religieuse compliquée ;
- les liens traditionnels entre la hiérarchie religieuse et le Bazaar.
En plus de l’opposition religieuse, quelques-unes des personnalités nationalistes bourgeoises ayant appartenu au vieux Front national de Mossadegh ont recommencé à faire surface. Elles ont formé une nouvelle coalition de groupes. Néanmoins, comme cela avait déjà été le cas, les éléments dominants du Front national ont été des personnalités plus que des partis.
Une opposition verbale s’est aussi développée à l’intérieur du Majlis (parlement), dont les membres sont choisis par le Shah.
Aucun de ces groupes, y compris le Front national, n’a joué de rôle significatif dans l’organisation ou la direction du mouvement. En fait, la direction du Front national a voulu former un gouvernement de coalition, en maintenant le Shah sur son trône — avec la bénédiction de l’impérialisme US. Mais elle n’a pas pu convaincre l’Ayatollah Khomeyni. Khomeyni, un dirigeant shiite qui vit en exil depuis 1963, a fermement exigé l’abdication du Shah. Il est considéré comme le symbole le plus important de l’opposition au règne du Shah. Actuellement, les dirigeants du Front national sont d’accord pour suivre Khomeyni.
Le Parti Tudeh est le plus fort des courants staliniens. Les maoïstes sont en crise et presque inexistants en Iran. Le soutien accordé au Shah par la bureaucratie chinoise et le récent voyage en Iran de Hua ont intensifié la crise déjà profonde des tendances maoïstes iraniennes. Le Parti Tudeh publie un petit journal, Navid, à l’intérieur du pays. Mais sa taille et son influence sont insignifiantes par rapport à la période d’avant 1953. Néanmoins, à travers ce journal, le Parti Tudeh tente de mettre sur pied une coalition de toutes les forces qui sont « contre la dictature » ; parmi eux, les officiers de l’Armée et les marchands du Bazaar sont prédominants. La jeunesse révolutionnaire fuit le Parti Tudeh en raison de ses trahisons passées et aussi à cause de sa soumission à la bureaucratie soviétique, qui a jusqu’à maintenant toujours soutenu le Shah.
L’appareil politique du régime lui-même est aussi en crise. Le régime a chancelé sous les coups puissants portés par le mouvement de masse, et il a perdu son équilibre politique. Actuellement, il tente de discréditer quelques-unes des personnalités centrales du gouvernement, comme Hoveyda, qui a longtemps été Premier ministre, et l’ancien chef de la Savak, le général Nasiri. Ils ont été accusés de corruption et de détournement de fonds. Le Parti Rastakhiz du Shah, qui était le seul parti légal en Iran, avec un appareil énorme et des « millions » de membres, a été officiellement dissout.
LA MENACE D’INTERVENTION IMPÉRIALISTE
L’impérialisme mondial se tient derrière le régime vacillant et sa direction corrompue. Les impérialistes ont soutenu ce régime en tant que rempart de la contre-révolution dans la région et gardien local de leur vaste empire pétrolier (la région contient 60 à 70 % des réserves pétrolières actuellement prouvées). Les impérialistes n’ont pas l’intention de laisser tomber le Shah ; ou plutôt, ce qui est plus important, de laisser le système capitaliste être renversé en Iran. Le Président Carter (les « droits de l’homme ») l’a montré en appelant le boucher sanglant au téléphone pour l’assurer de son soutien, juste après le massacre du 8 septembre.
Entre-temps, le Pentagone a commencé ses préparatifs d’intervention directe en Iran. « Le Secrétaire à la Défense Harold Brown a déjà discuté de la possible “répartition des forces US appropriées dans la région (le Golfe Persique) pour soutenir des amis” et 100 000 hommes de troupes américains sont entraînés en vue d’une intervention éventuelle dans le Golfe », rapportait le Los Angeles Times du 17 août. L’armement sophistiqué de l’arsenal du Shah, ayant une valeur de 36 milliards de dollars, et la présence de 40 000 « conseillers » américains en Iran montrent l’importance des enjeux.
Les tentatives impérialistes pour soutenir le Shah et maintenir le capitalisme en Iran ont des possibilités limitées. L’impérialisme lui-même est aussi en crise, y compris une crise de direction. La faiblesse de l’impérialisme est ressentie par les masses, particulièrement depuis la défaite des Américains au Vietnam. En Iran, cela est devenu un facteur important de la radicalisation et de la mobilisation des jeunes.
La lutte des masses iraniennes a un caractère international, car elle a parmi ses ennemis principaux la bourgeoisie impérialiste. La tâche principale est de forger une direction qui puisse mener la lutte à la victoire.
LES TÂCHES DES TROTSKYSTES IRANIENS
Avec le développement à venir du soulèvement révolutionnaire en Iran, c’est l’entièreté du Programme de transition, dans son expression concrète par rapport à la réalité iranienne, qui sera à l’ordre du jour. Le travail préparatoire des trotskystes iraniens a déjà permis de créer les bases politiques pour la construction d’un puissant parti ouvrier, la section iranienne de la IVe Internationale.
Les revendications immédiates du prolétariat se sont rapidement combinées avec les revendications démocratiques et transitoires. À plusieurs occasions, les ouvriers grévistes ont décidé des quotas de production ; c’est ainsi que les grévistes des raffineries ont décidé de limiter la production aux quantités nécessitées par les besoins domestiques de la population iranienne. Cette tendance vers le contrôle ouvrier s’est accompagnée à plusieurs reprises de la revendication de l’ouverture des livres de compte.
Pour mener à bien leur combat et faire jouer tout leur poids social, les travailleurs ont besoin de disposer de leur propre syndicat. L’organisation d’une centrale syndicale centralisée à l’échelle nationale, indépendante et démocratique, est l’un des défis que le prolétariat iranien devra relever dans les semaines et les mois qui viennent.
Les revendications économiques immédiates se sont d’ores et déjà combinées avec des revendications politiques telles que l’abrogation de la loi martiale et la libération des prisonniers politiques. Le prolétariat s’est joint aux manifestations sous le mot d’ordre massivement repris de « Mort au Shah ». Cela pose la question du régime. Tandis que la bourgeoisie et la petite bourgeoisie s’emploient à mettre en œuvre leurs propres solutions, le prolétariat doit mettre en avant la solution qui est la sienne et qui correspond aux intérêts de la majorité.
Au contraire des points de vue bourgeois et impérialistes, une politique prolétarienne doit prendre en charge et défendre les aspirations démocratiques des masses. Cela inclut l’appel à une assemblée constituante librement élue pour déterminer la forme de gouvernement qui remplacera le régime assassin du Shah.
L’appel à une assemblée constituante doit être lié au renversement de la monarchie, à l’arrachement de la domination impérialiste, à l’émancipation de la paysannerie, au rétablissement des droits à l’autodétermination des nationalités opprimées, à la libération de la femme. Aucun gouvernement bourgeois ne sera désireux ou capable d’accomplir des tâches démocratiques aussi élémentaires.
POUR UNE RÉPUBLIQUE OUVRIÈRE ET PAYSANNE
Face au régime bourgeois, une politique prolétarienne appellera à la constitution d’une République ouvrière et paysanne. Ce n’est qu’au travers d’un tel régime que les masses sortiront de l’impasse actuelle que leur imposent l’impérialisme et le Shah et pourront aborder la transition socialiste. Le rythme rapide des développements révolutionnaires en Iran peut conduire à la création de formes élevées d’organes de lutte de classes, comités d’action et organismes de type soviétique.
Les tendances à l’auto-administration sont d’ores et déjà apparues dans des villes comme Amol, Sanadaj et Tabriz, où pendant quelque temps, c’est la population qui a pris en mains le contrôle de ces villes. À Amol et Sanadaj, des embryons de milices populaires ont été alors constitués. Les traditions des deux précédentes révolutions iraniennes peuvent jouer un rôle d’exemplarité pour la reconstitution d’organes révolutionnaires de double pouvoir et de leurs organismes de masse armés.
À l’heure actuelle, le mot d’ordre d’assemblée constituante est l’axe central de l’agitation et de la propagande des révolutionnaires. La carence centrale dans l’actuelle situation pré-révolutionnaire est précisément l’absence d’un parti prolétarien de type bolchévique capable d’organiser et de diriger la classe ouvrière et ses alliés vers le renversement du Shah, la prise du pouvoir et la révolution socialiste.
Le combat pour forger la section de la IVe Internationale dans l’État iranien est le but que se sont fixé les trotskystes iraniens.
UNE COQUILLE VIDELe Front national s’est reconstitué, il y a un peu plus d’un an, par l’unification de trois partis : le Parti Iran, libéral ; le Mellat Iran, de tradition nationaliste ; et la Ligue socialiste du mouvement national iranien, plus « progressiste », mais qui n’est pas marxiste. Le Front national, qui entretient des rapports suivis avec l’Internationale socialiste, n’est guère qu’un conglomérat de notables et d’intellectuels. Seul le Mellat Iran aurait une certaine implantation parmi les couches de « Bazaris ». Les trois partis ont donné le nom de Front national à leur coalition par référence à l’ancien parti de Mossadegh. À l’envoyée spéciale du Nouvel Observateur, l’un des dirigeants de l’opposition, Karim Laridji, reconnaissait que « le Front national n’existe pas. Il n’est constitué en réalité que de quelques vieux compagnons de Mossadegh bien incapables de prendre en main le gouvernement de l’Iran. Depuis un an, nous tentons de réaliser un vrai front entre les différents groupes et individus afin de présenter une solution valable pour remplacer le régime du Shah. Jusqu’à présent, nous avons échoué sur des questions d’ambition et de vanité personnelles ». |
Publié le 14 décembre 1978