Le Mouvement de la Révolution Socialiste déclare son soutien total à la lutte de la population de l’île d’Al Warraq et à la défense de son droit à rester sur ses terres et dans ses foyers, ainsi que son soutien à la campagne «L’île d’Al Warraq, on y reste !» et à ses revendications légitimes.
Ce qui se joue à Al Warraq n’est pas un simple différend autour d’un terrain ou de procédures administratives, mais un conflit patent sur le droit des citoyens au logement et à la sécurité, ainsi que leur droit à protéger leurs maisons et leurs terres contre les politiques d’expulsion et de déplacement.
Des années de restrictions et de blocus, de perturbations des services, d’entrave à l’entrée de matériaux de construction, de pressions sur les habitants et d’attaques répétées des appareils de sécurité ont créé un état de fait où les habitants de l’île sont contraints d’abandonner leurs maisons et leurs terres. Cet abandon est présenté comme une « vente consentie », alors qu’il est évident qu’il ne saurait y avoir de consentement réel lorsqu’une personne est piégée dans sa vie quotidienne, que ses moyens de subsistance sont restreints, que sa sécurité et sa liberté sont menacées, à un point tel que la vente de ce qu’elle possède devienne la seule option envisageable.
Nous condamnons la brutalité du ministère de l’Intérieur et des services de sécurité, ainsi que toutes les formes de répression, d’intimidation et de pression exercées contre la population de l’île. A chaque étape, la question d’Al Warraq a mis en lumière la nature de classe de l’État : quand il s’agit des droits des pauvres, les lois, procédures et sanctions sont pleinement appliquées, et quand il s’agit des intérêts des capitalistes et des investisseurs, l’expropriation, la re-planification et le développement deviennent des justifications suffisantes pour déraciner les gens de leurs lieux de vie.
Al Warraq n’est pas un cas isolé dans cette tragédie : depuis des années, nous assistons à toutes formes d’expropriation des pauvres, de saisie de terres et de remodelage des villes et des communautés au bénéfice des plus riches et des plus puissants. Ce que l’île vit aujourd’hui, c’est ce qu’on a vécu sous des formes et à des degrés divers, à Tossoun à Alexandrie, dans les résidences Awqaf à la Citadelle, ou à Nazlet el Samman, et dans d’autres zones où les habitants sont menacés de perdre leurs maisons et leurs communautés au nom du « développement » et de l’ « intérêt public ».
La force de la lutte de la population de l’île d’Al Warraq réside dans sa lutte et son organisation collective, ainsi que dans sa capacité à rester soudée pour affronter les attaques sécuritaires et celles, répétées, des agents du ministère de l’Intérieur. Aucun individu, si important son combat soit-il, ne peut affronter seul l’ensemble de l’appareil d’État, et aucune maison ne peut résister à un système intégré de pressions. Seule une lutte collective organisée peut protéger des droits et imposer des revendications.
Nous exigeons de l’État qu’il réponde immédiatement aux revendications des populations de l’île, qu’il cesse toutes les formes de restrictions et de pressions à leur égard, et nous le tenons pleinement responsable de la fourniture des services de base dont les habitants de l’île ont été privés, ainsi que de tout dommage ou violation subis à la suite des politiques restrictives qui durent depuis des années.
Nous affirmons que le droit d’une personne à sa maison et à sa terre n’est pas aboli parce que l’État a décidé que la zone a une valeur d’investissement plus élevée. Nous appelons tous les citoyens, politiques, écrivains, journalistes et tous ceux qui sont attachés aux droits et à la dignité du peuple à se solidariser avec la population de l’île d’Al Warraq et à défendre son droit à s’y maintenir, car la terre est un droit de ceux qui y vivent, et non de ceux qui peuvent se permettre de l’acheter ou d’en déloger les habitants par la force.
Le conflit sur l’île d’Al Warraq est un exemple des problèmes sociaux les plus explosifs de notre pays, qui ne peut être résolu par la répression, la police, la restriction, ou en forçant les gens à vendre sous pression. La solution réside dans la réponse aux revendications de la population, le respect de ses droits et l’arrêt des politiques de déracinement et d’expropriation des pauvres.
Plein soutien à «L’île d’Al Warraq, on y reste !»
Le 17 août 2026
Article source : باقون في جزيرة الوراق.. كل الدعم لنضال أهالي جزيرة الوراق – تيار الثورة الاشتراكية
(Traduction de l’arabe, Luiza Toscane)