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Déclaration de SSTI au meeting de la 18e université d’été du NPA-l’Anticapitaliste

© Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas.

Chères et chers camarades,

Merci pour votre invitation. Solidarité Socialiste avec les Travailleurs et Travailleuses d’Iran est une association qui lutte pour visibiliser les combats sociaux en Iran, soutenir les réseaux militants syndicaux et sociaux de l’intérieur. Nous nous opposons au capitalisme, à l’impérialisme et aux États réactionnaires. Nous partageons avec le NPA les combats du mouvement ouvrier international, la solidarité concrète avec les luttes des peuples pour leur droit à l’autodétermination, contre les impérialismes et les colonialismes.

La barbarie capitaliste mène la planète à la guerre et à la destruction. Au Moyen-Orient, le peuple palestinien subit le génocide mené par l’État d’Israël, l’occupation, les expulsions, les déplacements forcés, l’apartheid et la guerre. L’État d’Israël occupe une partie du Liban et de la Syrie, bombarde quotidiennement ses voisins. Cela ne serait pas possible sans le soutien des impérialismes, et en premier lieu sans le soutien de l’impérialisme étatsunien. Cela ne serait pas possible sans la complicité des États arabes de la région et notamment des pétromonarchies du golfe. La lutte du peuple palestinien est une menace pour l’ensemble des classes dirigeantes de la région, elle est une menace pour l’ordre impérialiste. L’objectif de la libération du peuple palestinien reste central pour l’ensemble des peuples de la région qui subissent simultanément la violence de l’impérialisme et de leurs propres États réactionnaires et dictatoriaux.

La République islamique d’Iran qui entend jouer le rôle de puissance régionale est un de ces États capitalistes, théocratiques et réactionnaires. Sa politique extérieure est guidée par les intérêts capitalistiques de ses dirigeants. La République islamique d’Iran n’a pas plus de considération pour la lutte des peuples de la région qu’elle n’a de considération pour les aspirations des peuples d’Iran. À l’extérieur et à ses frontières, la République islamique d’Iran a collaboré avec l’impérialisme étatsunien en Afghanistan et en Irak. Elle a accentué les divisions confessionnelles en Irak et ailleurs pour garantir ses intérêts capitalistiques et géopolitiques. Elle a participé à l’écrasement de la révolution syrienne en soutenant l’atroce dictature de Bachar el Assad.

En Iran, elle n’a eu de cesse de réprimer et d’écraser les contestations populaires, dont la dernière en janvier dernier. Les peuples d’Iran font face depuis 1979 à la violence politique et sociale de la dictature. Les femmes ont montré la voie de la résistance dès le 8 mars 1979 en manifestant contre l’ordre imposé par Khomeiny et les siens. Des générations de militantes et de militants ont résisté et ont été réprimés par la terreur, les tortures et les exécutions.

La République islamique d’Iran a dans le même temps mené des politiques néo-libérales brutales, ses dirigeants, notamment ceux des Gardiens de la révolution ont fait main basse sur l’ensemble des ressources du pays et se sont enrichis considérablement.

Dans le même temps, la République islamique d’Iran a abaissé le coût du travail ; en bon élève néolibéral, félicité par le FMI, elle a fait de la classe ouvrière iranienne une des mains-d’œuvre les moins chères de la région, tout en détruisant le code du travail et en empêchant la formation des organisations indépendantes de travailleurs.

Les peuples d’Iran subissent une crise environnementale accélérée par les politiques désastreuses de l’État iranien. Ils subissent une crise sociale qui ne cesse de s’approfondir avec une hyperinflation galopante qui rend la vie impossible. Les licenciements massifs, le recul permanent des droits des travailleur·ses, les retards de paiement de salaire et des pensions, les pénuries d’eau, d’électricité sont le quotidien de la population.

La jeunesse, les femmes, les travailleur·ses, les minorités nationales, les activistes écologistes, et les travailleur·ses immigré·es, notamment les afghan·es, les minorités sexuelles et de genre sont les principales victimes de ce régime dictatorial qui détient le record d’exécutions par habitant, qui torture systématiquement les détenu·es, qui arrête et réprime toutes celles et ceux qui lèvent la tête.

Depuis la guerre déclenchée par Trump et Netanyahou le 28 février dernier, les exécutions et les condamnations se sont encore accélérées. La crise sociale et économique s’est encore aggravée. Les peuples d’Iran sont les premières victimes de cette guerre impérialiste, comme ils sont les premières victimes des sanctions internationales. Les commandants des Gardiens de la révolution sont les premiers profiteurs de guerre, ils se sont enrichis grâce aux sanctions en contrôlant et organisant le marché noir et la formation des prix.

La guerre leur a permis de briser l’élan des luttes sociales et démocratiques, de réprimer massivement la population. Cette guerre impérialiste qui a fait des milliers de mort·es civil·es, des blessé·es, des dégâts sur les infrastructures civiles et essentielles de l’Iran, est comme celle contre l’Irak, une bénédiction pour la République islamique d’Iran. Les bombardements de Trump et Netanyahou ont certes éliminé des dirigeants, mais leur objectif n’est pas de faire chuter ce régime et encore moins de libérer les femmes ou les peuples d’Iran bien sûr. Cette guerre impérialiste n’a qu’un seul objectif : modifier les rapports de forces dans la région et asseoir la mainmise de l’impérialisme US sur les hydrocarbures et les voies stratégiques du commerce, tout ceci dans le cadre de sa concurrence inter-impérialiste avec la Chine. Cette guerre a aussi bien sûr pour objectif de faire de son allié, l’État génocidaire d’Israël, la puissance incontestée de la région.

Si nous souhaitons la défaite de Trump et de Netanyahou, nous souhaitons dans le même temps la défaite et le renversement de la République islamique d’Iran par les luttes des travailleurs et des travailleuses, des femmes et de la jeunesse. Cet État capitaliste, réactionnaire et corrompu ne peut être une alternative à l’ordre impérialiste, cet État n’est pas anti-impérialiste. Il n’a rien de progressiste ni d’émancipateur pour qui que ce soit. Ni en Iran, ni ailleurs.

Les anti-impérialistes et anticapitalistes doivent construire un mouvement de solidarité internationale par en bas, indépendant des États, sans concession face à la réaction des puissances régionales réactionnaires et à la domination des États impérialistes. L’internationalisme ne peut se compromettre dans le campisme. Il ne peut tolérer les exécutions à Téhéran, nier les massacres commis par le régime iranien, occulter le joug dictatorial du régime iranien et passer par perte et profit les aspirations légitimes des peuples d’Iran au nom du soutien à la lutte du peuple palestinien. Aucune lutte n’est subalterne. Aucun peuple ne doit être sacrifié au nom d’enjeux géopolitiques obscurs. Cela est un véritable obstacle à la solidarité entre les peuples et les travailleurs. Ce poison de la division est le meilleur allié des classes dominantes de la région, l’État d’Israël et de son parrain étatsunien.

Ce que la République islamique d’Iran craint le plus c’est un nouveau soulèvement des peuples d’Iran, c’est la lutte quotidienne des travailleurs et des travailleuses, c’est le mouvement contre la peine de mort qui mène un combat héroïque du sein même des prisons d’Iran, c’est la résistance quotidienne des femmes qui fait reculer l’ordre réactionnaire en refusant le port obligatoire du voile et en gagnant des espaces de liberté et de mixité par un vaste mouvement courageux de désobéissance, c’est les luttes des peuples d’Iran pour leurs droits politiques, culturels et sociaux. Ce sont ces luttes que nous, militants et militantes de l’opposition soutenons et essayons de faire entendre ici et ailleurs. Ce sont ces luttes qui tendent la main aux luttes du peuple palestinien, du peuple kurde, aux luttes des femmes afghanes, aux luttes des peuples et des travailleurs de la région et aux luttes des peuples du monde entier. Ce sont ces luttes pour la justice sociale, la liberté et l’égalité qui renverseront la République islamique d’Iran. Alors

Vive la solidarité internationale,

Vive l’anti-impérialisme de classe,

Vive les luttes féministes, démocratiques et écologistes,

Vive la lutte des travailleurs et des peuples pour l’émancipation de toutes et tous !

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