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Corée du Nord : la dynastie Kim entre dans une nouvelle phase

par Andrea Ferrario

Le IXe Congrès du Parti du travail marque un tournant : Kim Jong Un a définitivement imposé son règne, renouvelé la direction et redéfini les priorités de Pyongyang.

Le IXe Congrès du Parti du travail de Corée, qui s’est achevé le 25 février après sept jours de travaux à Pyongyang avec la participation de cinq mille délégué.e.s et deux mille observateurs et observatrices, a été plus qu’un simple rituel de confirmation du pouvoir de Kim Jong Un. Pour en comprendre la portée, il faut partir d’un détail que la presse internationale n’a saisi que partiellement : sur les photos officielles des nouveaux dirigeants élus par le congrès, tous portent un badge avec le seul portrait de Kim Jong Un, sans les visages de son grand-père Kim Il Sung et de son père Kim Jong Il qui, jusqu’à hier, devaient obligatoirement accompagner chaque fonctionnaire du parti. Dans un pays où chaque symbole est étudié avec une précision obsessionnelle, ce changement a une forte valeur politique. Kim Jong Un, au pouvoir depuis quinze ans, a définitivement inauguré son ère. Dans son discours d’ouverture, il a évité les formules de déférence envers son grand-père et son père qui introduisaient auparavant chaque intervention officielle, et a revendiqué personnellement les résultats obtenus au cours des cinq dernières années, les présentant comme supérieurs à ceux de ses prédécesseurs.

Le congrès a ratifié ce tournant à tous les niveaux, qu’il soit doctrinal, institutionnel, militaire, économique ou diplomatique. Kim a été réélu secrétaire général par acclamation, selon une formule que le parti a qualifiée d’expression de la « volonté inébranlable » des délégué.e.s et du peuple. Contrairement à celle de 2021, sa réélection a été présentée comme une confirmation fondée sur les résultats qu’il a obtenus.

Le congrès a toutefois entériné sans trop de bruit cette nouvelle ère, en évitant tout ce qui aurait pu laisser penser à une rupture avec le passé. Depuis les conférences préparatoires au niveau local et provincial jusqu’au défilé final, chaque étape a été suivie selon une trame sans surprise, dépourvue du spectacle qui avait caractérisé les congrès précédents. Pour Kim Jong Un, la stabilité doit être le véritable pilier du régime, et le rétablissement de la périodicité quinquennale des congrès du Parti signifie que le régime est sorti d’un cycle de gestion permanente des crises et est entré dans ce que l’on pourrait qualifier d’équilibre à long terme. Ce congrès-ci fait en effet suite à une période historique où les congrès avaient été complètement abandonnés sans explication, avec un vide de trente-six ans entre 1980 et 2016. Depuis lors, la cadence quinquennale a été respectée, et le congrès s’est imposé comme le moment où le régime codifie ses changements.

Le contexte est très différent de celui du congrès précédent, tenu en janvier 2021. À l’époque, Kim Jong Un avait admis avec une franchise inhabituelle que « presque tous les secteurs » du plan économique avaient manqué leurs objectifs, dans un pays épuisé par les sanctions, le Covid et les catastrophes naturelles. Cette fois-ci, le ton était triomphaliste. Le dirigeant a parlé d’« optimisme et de confiance en l’avenir », affirmant que l’État s’était « consolidé de manière irréversible », une référence transparente à son arsenal nucléaire et aux changements intervenus dans le contexte international. La Banque centrale sud-coréenne estime que l’économie nord-coréenne a connu une croissance de 3,1 % en 2023 et de 3,7 % en 2024, même si une partie importante de cette croissance dépend de la coopération militaire avec la Russie et du vol de cryptomonnaies, qui aurait rapporté environ deux milliards de dollars rien qu’en 2025. Des recettes qui pourraient s’avérer éphémères.

L’architecture du pouvoir : qui monte, qui sort, qui compte

Le congrès a profondément bouleversé la structure dirigeante du parti. Au sein du Comité central, l’organe clé pour accéder aux postes de commandement, le taux de remplacement a atteint 52,5 % parmi les membres titulaires et 76,6 % parmi les suppléants, tandis que 23 des 39 membres du présidium exécutif ont été remplacés.

Les départs les plus importants concernent une génération de dirigeants qui avaient accompagné Kim Jong Un dans la première phase de son pouvoir ou qui appartenaient même à l’époque de son père. Choe Ryong Hae, 76 ans, président du présidium de l’Assemblée suprême du peuple et jusqu’à hier deuxième personnalité symbolique après le leader, a été exclu du Comité central, une décision qui laisse présager sa destitution de son poste de parlementaire lors de la réunion de l’Assemblée en mars. Avec lui, Ri Pyong Chol, une figure centrale dans le programme de développement des missiles, Kim Yong Chol, ancien chef des services de renseignement et négociateur nucléaire dont l’influence avait diminué après l’échec du sommet de Hanoï en 2019, et Ri Son Gwon, dernier directeur du Département du Front uni, l’organisme qui gérait les relations intercoréennes avant sa suppression, ont également quitté leurs fonctions. Le départ simultané de Kim Yong Chol et Ri Son Gwon, tous deux associés à l’ancienne ligne politique à l’égard de Séoul, est considéré comme cohérent avec la nouvelle doctrine des « deux États hostiles ». Dans le cas des représentants les plus âgés, la retraite plutôt que la purge violente représente une nouveauté dans la gestion de l’élite nord-coréenne, où le départ pacifique de la scène politique est historiquement rare.

La liste de ceux qui restent à leur poste ou gravissent les échelons du pouvoir fournit des indications supplémentaires. Jo Yong Won, jusqu’à hier secrétaire du parti chargé des affaires organisationnelles et considéré comme le numéro deux de facto, a quitté l’appareil du Comité central et le Département de la direction organisationnelle (DGO), le centre névralgique du contrôle des cadres. Compte tenu du départ à la retraite simultané de Choe Ryong Hae de la présidence de l’Assemblée suprême du peuple et du fait que les élections législatives ont deux ans de retard, il est très probable que Jo soit nommé à la tête de l’Assemblée, un poste officiel de haut niveau. Ri Il Hwan, secrétaire à la propagande, est entré au Comité permanent du Politburo, le sommet restreint du pouvoir. Jo Chun Ryong, responsable de l’industrie de l’armement, a été promu au Comité central, récompensé pour son rôle dans le développement de nouveaux systèmes d’armes, tandis que Jong Kyong Thaek est destiné à devenir vice-président de la Commission militaire centrale, la plus haute fonction militaire après Kim Jong Un. Le secrétariat du parti a été élargi de sept à onze membres, avec la création de nouveaux postes pour les organismes en charge du travail et de la construction, signe des priorités économiques pour les cinq prochaines années.

La nouvelle architecture du pouvoir

Kim Yo Jong et Kim Ju Ae : la famille au cœur du système

La promotion la plus commentée est celle de Kim Yo Jong, sœur du leader, promue de directrice adjointe à directrice du département des affaires générales du Comité central, avec un rang ministériel, et réintégrée comme membre suppléant du Politburo, un poste qu’elle avait quitté en 2021 à la suite des retombées de l’échec diplomatique des négociations avec Trump à Hanoï. Le nom du département, confirmé pour la première fois par la KCNA le 28 février, laisse place à plusieurs interprétations : il pourrait s’agir d’une fusion d’unités administratives sous le bureau exécutif de Kim Jong Un, ou d’une restructuration de l’ancien département du Front uni en un organisme relais entre le département international et le ministère des Affaires étrangères. Dans tous les cas, cette promotion officialise la supervision que Kim Yo Jong exerçait déjà depuis longtemps en tant que porte-parole du régime sur la politique étrangère et intercoréenne, mais aussi en tant que pivot dans les relations avec les États-Unis et la Russie. Dans les heures qui ont précédé l’ouverture du congrès, c’est elle qui a répondu de manière inhabituellement conciliante aux excuses exprimées par Séoul pour une série d’incursions de drones civils, déclarant qu’elle « appréciait beaucoup » cette reconnaissance, avant de confirmer le renforcement de la surveillance le long de la frontière sud. Ce double registre, ouverture tactique et fermeté stratégique, caractérise son action publique.

Kim Song Nam, directeur du département international du parti et expert de la Chine, a été nommé secrétaire du parti aux côtés de Kim Yo Jong. De cette configuration, avec cette dernière compétente pour les affaires générales et intercoréennes, Kim Song Nam pour la Chine et la ministre des Affaires étrangères Choe Son Hui pour les États-Unis et la Russie, émerge une troïka diplomatique qui sera au centre de la politique étrangère nord-coréenne dans les années à venir.

Quant à Kim Ju Ae, la fille adolescente de Kim Jong Un que les services de renseignement sud-coréens considèrent comme étant en phase de « désignation interne à la succession » , le congrès a envoyé des signaux soigneusement étudiés. Elle n’est pas apparue pendant les travaux proprement dits du congrès, ce qui était prévisible étant donné que le règlement du parti exige un âge minimum de 18 ans pour y participer, mais elle est apparue lors du défilé militaire final aux côtés de son père, tous deux vêtus d’une veste en cuir noir, dans une position protocolaire importante. Les services de renseignement sud-coréens ont indiqué au Parlement que Kim Ju Ae ne se contente plus d’assister aux événements, mais qu’elle écoute les rapports lors des cérémonies officielles et exprime son opinion sur la mise en œuvre des politiques, et qu’elle se serait vu attribuer un rôle au sein de la Direction chargée des missiles. Cependant, plusieurs observateurs ont le sentiment que le chemin qu’elle aura à parcourir est encore long et que, pour l’instant, son rôle consiste à rendre naturelle et évidente la succession héréditaire de la famille Kim, préparant ainsi le terrain pour une officialisation qui pourrait intervenir lors du prochain congrès, lorsqu’elle aura atteint l’âge de 18 ans.

Nucléaire et économie : le plan pour les cinq prochaines années

Le congrès a inscrit dans la doctrine du parti le concept de « Haekpangasoe », littéralement « gâchette nucléaire », un système intégré de réponse aux crises nucléaires conçu pour garantir que le bouclier atomique puisse être activé « rapidement et précisément à tout moment ». Ce terme marque le passage à une structure de commandement et de contrôle plus automatisée, qui inclut entre autres des capacités d’attaque préventive déjà prévues par la législation nationale. Kim Jong Un a présenté un plan quinquennal de défense qui prévoit l’augmentation du nombre d’ogives nucléaires, le développement de missiles balistiques intercontinentaux lancés depuis le sol et depuis des sous-marins, de drones équipés d’intelligence artificielle, de satellites de reconnaissance et de systèmes permettant de neutraliser les satellites ennemis. La nucléarisation des forces navales a été désignée comme une priorité, avec une allusion au développement d’un sous-marin à propulsion nucléaire. L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm estime que la Corée du Nord dispose d’environ 50 ogives, avec suffisamment de matériaux fissiles pour en produire 40 autres.

Un aspect qui mérite attention est l’importance croissante accordée aux forces conventionnelles. L’expérience de la guerre en Ukraine, où Pyongyang a envoyé des milliers de soldats, semble avoir convaincu le régime que les armes nucléaires fonctionnent principalement comme un moyen de dissuasion, tandis que les conflits réels nécessitent des capacités conventionnelles modernes. Les 50 lance-roquettes multiples de 600 mm présentés à la veille du congrès s’inscrivent dans cette logique. Le défilé final, le premier depuis 2015 à ne pas montrer de matériel militaire lourd, a mobilisé environ 14 000 soldats sans les grands systèmes de missiles qui sont habituellement les vedettes de ces manifestations, un choix qui reflète à la fois la confiance de Kim dans sa propre force de dissuasion et sa volonté de ne pas révéler d’informations opérationnelles à l’ennemi.

Sur le plan économique, le plan quinquennal 2026-2030 vise à « stabiliser et consolider » les bases productives et à lancer un « développement qualitatif progressif ». Le congrès a fixé parmi ses objectifs une production céréalière annuelle de 9,5 millions de tonnes d’ici 2030, soutenue par la remise en état de 300 000 hectares de terres côtières, et une augmentation de 150 % de la production d’acier et de fibres chimiques. L’autosuffisance alimentaire n’a pas été présentée uniquement comme un objectif interne, mais aussi comme un élément de la doctrine des « deux États hostiles », car en éliminant le besoin d’aide humanitaire sud-coréenne, Pyongyang entend rendre crédible et permanente la rupture avec Séoul. Sur un autre front, la politique « 20x10 », qui vise à développer l’industrie et les infrastructures de vingt territoires locaux par an pendant dix ans afin de rendre les provinces plus autosuffisantes, a été présentée comme la colonne vertébrale de cet effort, mais Kim Jong Un lui-même a admis dans son discours de clôture que les structures construites dans ce cadre « ne sont pas gérées et exploitées comme elles le devraient », dénonçant de graves négligences et irresponsabilités de la part des fonctionnaires locaux. Le fait que des hôpitaux et des usines inaugurés en grande pompe aient déjà rencontré des problèmes moins d’un an après leur ouverture jette une ombre sur la viabilité de ces plans ambitieux dans un pays qui reste étranglé par les sanctions internationales, avec un PIB par habitant estimé à environ 640 dollars et des pénuries alimentaires chroniques. Le congrès a également ordonné un renforcement des contrôles idéologiques, en particulier sur la jeunesse, par le biais de lois qui criminalisent l’accès aux informations et aux produits culturels étrangers, avec des peines qui, selon les témoignages recueillis par les organisations de défense des droits humains, vont du travail forcé à l’exécution.

Le plan pour les cinq prochaines années

Coexistence ou confrontation perpétuelle : les deux options de Kim Jong Un

Les déclarations de politique étrangère issues du congrès mettent en évidence la manière dont la Corée du Nord manœuvre à deux niveaux différents dans ses relations avec ses interlocuteurs. Kim Jong Un a laissé la porte ouverte aux États-Unis, tout en fixant des conditions plus strictes que dans un passé récent. « Il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas nous entendre avec les États-Unis », a-t-il déclaré, « s’ils respectent le statut actuel de notre pays, tel que défini dans la Constitution, et renoncent à leur politique hostile ». Il a ensuite ajouté que « les perspectives des relations entre la Corée du Nord et les États-Unis dépendent entièrement de l’attitude des États-Unis » et que Pyongyang est « prête à la coexistence pacifique comme à la confrontation perpétuelle » Cette formulation mérite d’être comparée au discours prononcé par Kim devant l’Assemblée populaire suprême en septembre 2025, au cours duquel il avait déclaré qu’il n’y avait « aucune raison de ne pas se rencontrer en face à face » si Washington acceptait la réalité. Au congrès, « s’entendre » a remplacé « se rencontrer en face à face », une expression moins précise etmoins contraignante, tandis que les conditions se sont durcies, avec la demande de reconnaissance explicite du statut nucléaire prévu par la Constitution et le renoncement à la politique d’hostilité, un objectif plus ambitieux que le simple fait « d’accepter la réalité ». Le durcissement des conditions reflète très probablement le fait que Kim se sent plus sûr de lui, ainsi que sa conviction que la Corée du Nord est désormais un acteur mondial de poids dans un contexte géopolitique qu’il perçoit comme favorable.

Quelques heures après la publication des déclarations du congrès, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que les États-Unis étaient « toujours prêts à écouter » les points de vue de tout gouvernement, citant explicitement la Corée du Nord. Le voyage de Trump en Chine prévu entre fin mars et début avril avait alimenté les spéculations sur un éventuel contact entre les deux dirigeants dans ce cadre. Mais quatre jours après la clôture du congrès, l’opération militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a causé la mort du guide suprême Khamenei, modifiant radicalement le contexte de ces déclarations. Pour Pyongyang, cet événement a confirmé de la manière la plus dramatique qui soit la nécessité de la dissuasion nucléaire. Après la capture de Maduro au Venezuela en janvier, Khamenei est le deuxième dirigeant considéré par le régime nord-coréen comme faisant partie du front anti-impérialiste à être éliminé, et ce en seulement deux mois. La déclaration officielle de condamnation de la Corée du Nord a qualifié cette opération de démonstration de la « nature hégémonique et du comportement de gangster » des États-Unis, un langage qui va à l’opposé du « il n’y a aucune raison de ne pas s’entendre » du Congrès. La phrase du rapport du Congrès selon laquelle « nos ennemis ne savent pas ce que nous planifions et calculons, et ils ne doivent pas le savoir » prend une résonance bien différente à la lumière des événements iraniens.

Les interprétations de ces derniers développements divergent. Pour certains analystes, le niveau de confiance de Pyongyang dans la sincérité de l’offre américaine de dialogue sans conditions préalables est désormais « proche de zéro », et Kim redoublera d’efforts pour renforcer son arsenal nucléaire au lieu de revenir à la table des négociations. D’autres avancent une interprétation paradoxale : précisément parce qu’il a vu ce qui arrive à ceux qui ignorent les offres de Trump, Kim pourrait avoir calculé qu’il ne serait pas en mesure de les rejeter indéfiniment. Quoi qu’il en soit, les conditions d’un accord substantiel restent très éloignées, Pyongyang demande en tout état de cause la reconnaissance de son statut de puissance nucléaire, tandis que Washington n’a pas encore officiellement abandonné l’objectif de la dénucléarisation.

Deux postures, une stratégie

À l’égard de Séoul, le ton a été celui d’une fermeture radicale. Kim Jong Un a qualifié d’« trompeuses » les ouvertures du président Lee Jae Myung, déclarant que la Corée du Sud serait « exclue à jamais de la catégorie des compatriotes » et que Pyongyang « n’avait absolument rien à discuter » avec elle. Le congrès a désigné la Corée du Sud comme « premier État hostile absolu » et « ennemi principal éternel », confirmant ainsi ce qui avait été proclamé en décembre 2023. Les menaces sont allées jusqu’à évoquer la possibilité d’« un recours à toute la force physique applicable à un État hostile, y compris une attaque préventive de dissuasion conformément à la législation nationale », et la possibilité d’un « effondrement complet de la Corée du Sud » en cas d’actions que Pyongyang jugerait préjudiciables à sa sécurité. Le président Lee Jae Myung a répondu en réaffirmant son engagement à normaliser les relations, tandis que le ministère sud-coréen de l’Unification a exprimé son « regret » face à la fermeture nord-coréenne, confirmant la poursuite de la politique de coexistence pacifique.

Cette asymétrie entre l’ouverture conditionnelle envers Washington et la fermeture envers Séoul reflète une stratégie bien établie : Kim Jong Un sait que c’est Washington, et non Séoul, qui peut alléger les sanctions et offrir la reconnaissance stratégique qu’il recherche. Les relations avec la Russie, cimentées par le pacte de défense mutuelle de 2024 et la coopération militaire en Ukraine, et celles avec la Chine, renforcées par le sommet tripartite de Pékin en septembre 2025, fournissent à Pyongyang un filet de sécurité qui lui permet de réduire la pression visant à l’amener à la table des négociations, sans pour autant éliminer son intérêt pour établir un canal direct avec les États-Unis. Le congrès n’a d’ailleurs mentionné ni la Russie ni la Chine dans ses discours officiels, se limitant à de vagues références aux « pays voisins » et aux « relations traditionnelles d’amitié et de coopération », un choix que les analystes attribuent à la volonté de projeter une image d’autosuffisance. Les prochains mois, à commencer par la prochaine réunion de l’Assemblée populaire suprême chargée de traduire en loi les décisions du congrès, diront si la double position de Kim est tenable ou si le choc des événements iraniens finira par fermer la porte que le congrès avait laissée entrouverte vers Washington.

Publié le 8 mars 2026 sur le blog de l’auteur, traduit pour ESSF par Pierre Vandevoorde avec l’aide de Deeplpro.

 

المؤلف - Auteur·es

Andrea Ferrario

Andrea Ferrario est traducteur indépendant spécialisé dans l’économie, la finance et les questions internationales. Il a été rédacteur du magazine Guerre&Pace et rédacteur en chef de la newsletter Notizie Est, spécialisée dans la région des Balkans. Au cours de la dernière décennie, il s’est principalement consacré à l’Asie de l’Est, en publiant régulièrement sur le site Crisi Globale, dont il est co-rédacteur en chef. Il publie un blog sur Substack.com.