L’impérialisme US a installé le présent régime lors d’un coup monté à l’instigation de la CIA en 1953. Washington a armé jusqu’aux dents et entraîné les tortureurs détestés de la SAVAK. À présent, Washington et les autres puissances impérialistes se précipitent au secours du Shah, appuyant sa pratique de la répression massive pour s’accrocher au trône. Le régime du Shah joue un rôle clé dans les plans contre-révolutionnaires de l’impérialisme dans toute la région et l’enjeu, à ses yeux, est fort élevé.
Les bureaucrates du Kremlin et de Pékin sont également venus à l’aide du Shah dès qu’il en a eu besoin, prenant prétexte de l’anniversaire du tyran pour exprimer publiquement leur soutien. Le « Président » Hua Kuo-feng a même fraternellement rendu visite au Shah durant l’été, au moment où les troupes de ce dernier tiraient sur les manifestants de rues. Peu après, la sœur du Shah reçut un accueil chaleureux à Moscou. Une fois de plus, la politique de coexistence pacifique montre son véritable visage contre-révolutionnaire.
Au même moment, même de son point de étroitement vue nationaliste, Moscou a été obligé de mettre en garde contre toute tentative de Washington d’intervenir directement militairement pour sauver le monarque chancelant ; ceci, en raison des frontières communes soviéto-iraniennes. Carter a d’ailleurs envoyé des ballons d’essai révélateurs de la possibilité d’une telle intervention. Les dangers d’une intervention impérialiste directe sont clairs : elle pourrait conduire à une guerre mondiale étant donné l’importance stratégique du pays.
L’année écoulée a vu se produire un soulèvement sans précédent des masses iraniennes contre l’État policier brutal du Shah Reza Pahlavi. Ce soulèvement intègre des couches sans cesse plus larges des masses laborieuses : étudiants, nationalités opprimées, pauvres des villes, femmes. Au cours des deux derniers mois, la classe ouvrière a fait jouer sa force de frappe en une vague de grèves de masse.
Les travailleurs ont combiné leurs revendications propres avec l’opposition politique au régime haï. Une fois de plus, nous voyons la dynamique de la classe ouvrière dans un pays semi-colonial tendant à prendre la tête de l’ensemble des masses laborieuses dans leur lutte pour la démocratie et l’amélioration des conditions de vie, ainsi que la tendance de cette lutte à transcroître en révolution socialiste.
Washington a tenté de décrire ce soulèvement puissant, l’un des plus considérables, des plus persistants et des plus héroïques de notre époque, comme une réponse religieuse conservatrice à la politique de « libéralisation » du Shah. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Ce grand mouvement élémentaire est dirigé contre vingt-cinq ans de répression exercée par l’un des régimes policiers les plus brutaux du monde ; contre le soutien impérialiste à ce régime et l’exploitation économique impérialiste ; contre la suppression violente des nationalités opprimées qui comprennent la majorité de la population ; contre la politique économique et sociale du Shah qui écrase les travailleurs des villes et des campagnes.
Début novembre, le Shah commença à jouer sa dernière carte : tenter d’écraser militairement le soulèvement. Mais ce fut plus facile à dire qu’à faire. Les masses ont fait montre d’un courage extraordinaire. Les protestations continuent dans de nombreuses villes. Les grèves ou les baisses de cadence du travail se poursuivent. Aucun secteur des masses n’a à ce jour été défait. Les batailles décisives sont encore à venir.
La IVe Internationale appelle le mouvement ouvrier international et tous les partisans des droits démocratiques à se solidariser avec les luttes des masses laborieuses iraniennes contre le Shah et son régime, à exiger que Washington et l’ensemble des puissances impérialistes cessent leur aide à ce régime et à demeurer vigilants contre toutes les tentatives d’intervention des impérialistes.
21 novembre 1978