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7 ans derrière les barreaux des prisons politiques du Shah

par Behrooz HAGHI MANI'E

Depuis mon arrestation, j’ai subi les tortures physiques et psychologiques les plus abominables ; leur nature et leur diversité sont connues de toutes les organisations et de tous les individus qui aiment la liberté et des progressistes du monde entier.

L’appel ci-dessous a été publié en avril 1978 par Behrooz Haghi Mani’e, prisonnier politique à Tabriz en Iran. La traduction anglaise en a été faite par le Comité pour la liberté artistique et intellectuelle en Iran, qui fait circuler l’appel à l’échelle internationale.

À l’honorable direction de la Commission des Nations Unies pour les droits de l’Homme :

Sept ans ont passé depuis que moi, Behrooz Haghi Mani’e, né à Tabriz et antérieurement instituteur dans plusieurs villages de l’Azerbaïdjan, fus arrêté et emprisonné par des agents armés de la SAVAK (la police iranienne), pour l’unique raison que le centre de contrôle idéologique du gouvernement n’aime pas mes idées.

Depuis mon arrestation, j’ai subi les tortures physiques et psychologiques les plus abominables ; leur nature et leur diversité sont connues de toutes les organisations et de tous les individus qui aiment la liberté et des progressistes du monde entier. Les dossiers fabriqués sur mon cas et rassemblés par le gouvernement au cours de toutes ces années de torture inhumaine ne contiennent pas un seul aveu pouvant confirmer les charges soulevées contre moi par la Cour militaire.

Selon l’article 5 de la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies, dont le gouvernement iranien est signataire : « Nul ne doit être soumis à la torture ou à des traitements ou des sanctions cruels ou dégradants. »

Selon l’article 131 du code pénal de l’Iran : « la torture est illégale et toutes les déclarations faites sous la torture par un accusé s’accusant lui, ou elle, ou accusant d’autres personnes sont irrecevables à des fins judiciaires ou administratives. »

Selon l’article 79 du Supplément à la Loi constitutionnelle d’Iran : « lorsqu’il s’agit de délits politiques, des journalistes et un jury doivent être présents au procès ». Et, selon l’article 72 de ce même Supplément à la Loi constitutionnelle d’Iran : « toutes les affaires politiques doivent passer devant une cour civile. »

Malgré cela, moi, comme des milliers d’autres prisonniers politiques, j’ai été déféré aux tribunaux militaires de Téhéran et là, contrairement aux lois mentionnées ci-dessus, je fus jugé secrètement en l’absence de jury et je fus condamné à la prison à vie.

Depuis le moment de mon arrestation, quand je fus transféré de chez moi à la capitale, on m’a interdit les visites et la correspondance. Cela fut une cause de grande anxiété et une épreuve psychologique pour ma famille, car pendant des mois, elle n’a eu aucune information sur moi.

Après ma condamnation, je fus exilé dans une autre prison. L’intention du régime lorsqu’il exile les prisonniers politiques dans les régions les plus éloignées du pays ne peut être autre que :

  1. Exercer une pression financière sur les proches du prisonnier et créer des difficultés extrêmes pour toute sa famille.
  2. Mettre le prisonnier en état d’inertie mentale et en conséquence lui faire subir un « lavage de cerveau ».
  3. Étouffer le tempérament révolutionnaire du prisonnier.
  4. Imposer la politique de répression du gouvernement en coupant le prisonnier de ses racines et de tout contact avec sa famille.
  5. Finalement, dénier au prisonnier le soutien moral et matériel qu’il ou elle pourrait recevoir de la part de gens conscients.

Pendant que j’étais détenu dans une cellule isolée de la prison de Sanandaj, tous les moments de ma détention me rapprochaient d’une mort consciente et graduelle, et je subissais toutes sortes d’insultes et de tortures barbares toute la journée. On répand la peur pour créer dans les prisons une atmosphère de domination policière et de répression ; les cris des prisonniers y sont étouffés et personne n’ose dire un mot contre les violations des droits des prisonniers.

Pendant des mois, j’ai lutté contre la mort dans une cellule infestée de puces et de punaises, à l’air saturé par l’odeur fétide des toilettes et privée de la lumière du soleil. Les gardiens refusaient de transmettre aux prisonniers les livres apportés en cadeau par les visiteurs. Mais les cris et les hurlements des prisonniers torturés dans les cachots ne nous étaient pas épargnés. Le cliquetis des chaînes autour des pieds des prisonniers se mêlait à leurs cris et à leurs hurlements.

Ma résistance et mon appui aux justes revendications des prisonniers rendaient les gardiens furieux. Ils montrèrent clairement leur nature réactionnaire quand ils traînèrent dans ma cellule un prisonnier mourant atteint de toutes sortes de maladies contagieuses. Selon le médecin de la prison, ce patient aurait sérieusement mis en danger la santé des prisonniers de droit commun s’il avait été placé dans leur section. J’ai demandé dans quelle école de médecine avait été démontrée l’immunité des prisonniers politiques aux maladies contagieuses.

Après deux ou trois jours, ce malheureux, qui n’avait reçu absolument aucune assistance médicale, mourut dans ma cellule. Après son décès, les gardiens, bafouant tous les droits humains, refusèrent ma demande légale de désinfection de ma résidence permanente (le cachot de la mort à petit feu) ; ils espéraient intensifier ainsi ma torture psychologique. Mais la persistance de la torture ne put semer dans mon esprit les germes de la soumission. Cela n’a fait que me rendre encore plus conscient de la nature barbare du régime.

En plein milieu d’une nuit de l’été 1972, les autorités pénitentiaires, qui m’avaient provoqué jusqu’à ce que je proteste, m’amenèrent dans la cour de la prison, me lièrent les mains dans le dos et me fouettèrent. On me força ensuite à me coucher sur le sol recouvert de sable et de petits morceaux de verre cassé. Alors, tandis que mon bras droit saignait et que j’avais toujours les mains attachées dans le dos, je fus obligé de m’étendre nu sur une plaque de ciment où ils me torturèrent pendant des heures.

Utilisant la même sorte d’accusations que celles qui sont ordinairement soulevées contre tous les prisonniers politiques — propagande communiste, insultes à Sa Majesté, incitation de prisonniers à la révolte, etc. — j’eus droit à un nouveau procès et on me condamna à trois ans d’emprisonnement.

Après cette mise en scène, je fus exilé à la prison de Bandar-Abbas, prison qui rappellera de douloureux souvenirs du passé dans l’esprit du peuple opprimé, une prison dans laquelle des centaines de gens ont perdu la vie soit à cause de la chaleur insupportable, soit à la suite de tortures. Des centaines de prisonniers ne sont jamais sortis de cette geôle et les membres de leurs familles ont espéré par milliers, en vain, le retour de ceux qu’elles aimaient.

Dans cette lointaine prison, à 3 000 kilomètres de ma famille et sous un climat d’une chaleur insupportable, la police pouvait appliquer sans restriction la politique répressive du gouvernement. L’un de mes amis, Sa’eed Kalantari, qui souffrait d’une hernie et d’asthme dus aux tortures pendant son interrogatoire, fut séparé de nous après 17 jours de grève collective. Il fut transféré à la prison de Ghezel-Ghaleh sous le prétexte de traitement médical. Mais après encore des mois de tortures, lui et huit autres prisonniers politiques furent exécutés sous le prétexte inventé de « tentative d’évasion ».

Dans cette prison également, la police eut recours à toutes sortes de traitements barbares pour soumettre les prisonniers politiques. Par exemple, avec l’aide d’éléments indésirables, la police s’arrangeait pour mettre du verre cassé ou des ordures dans la nourriture des prisonniers. Elle faisait répandre des rumeurs fausses sur les prisonniers pour les démolir. Dans le climat suffocant de Bandar-Abbas, les gardiens coupaient délibérément l’électricité et l’eau et, dans le but de nous dégrader encore plus, parlaient en plaisantant gaiement de leurs bureaux à air conditionné, si agréables. Ils pensaient ainsi provoquer leurs pensionnaires. Au mois de juillet, avec son climat meurtrier, les autorités de la prison et des officiers de police de la ville m’ont jeté dans une cellule torride et puante.

Aucun criminel n’est soumis à un pareil châtiment à cette époque de l’année. Tout mon corps commença à se couvrir de cloques et à enfler à cause de l’humidité intense et du manque d’oxygène. La souffrance cardiaque rendait chaque moment de cette mort lente de moins en moins tolérable. Mais la mort n’est pas venue.

Quelque temps après, les gardiens et les officiers de police de la ville me soumirent, ainsi que les autres prisonniers politiques, aux pires sortes de tortures parce que nous ne voulions pas céder. Nous commençâmes tous à vomir et l’un de mes amis, Hossein Khoshnevis, resta inconscient et en sang pendant plus de 24 heures.

Ces conditions de détention insupportables nous poussèrent — Mohammad Ali Partovi, mon compagnon martyrisé Behrooz Sanei, Hossein Khoshnevis et Behrooz Haghei — à entreprendre une grève de la faim dans la prison humide et chaude. En fait, nous préférions mourir de cette façon plutôt que de souffrir cette mort à petit feu sous la torture et les humiliations. Pendant 33 jours, nous continuâmes la grève de la faim, les pieds et les mains attachés.

Les gardiens, persistant dans leur acharnement, ne firent aucune attention à notre grève et à nos revendications. Le douzième jour de la grève, des agents de la SAVAK et des gardiens commencèrent à démolir les murs de la prison à coups de marteau, nous recouvrant de plâtre. Jusqu’au dernier jour, la police disait : « votre certificat de décès est déjà prêt et vous serez enterrés aussitôt que morts ; des centaines d’autres ont connu le même destin. »

Après 33 jours de lutte avec la mort, nous fûmes transférés à l’intérieur de l’enceinte de la prison. Tout notre argent et nos affaires nous avaient été volés. L’indifférence avec laquelle les autorités accueillaient nos plaintes et nos revendications, l’éloignement de nos familles, qui nous avait supprimé tout contact avec le monde extérieur, donnaient à la police toute liberté pour rogner comme elle le voulait nos droits élémentaires et nous faire souhaiter la mort.

Des mois plus tard, en septembre 1975, nous — Hossein Khoshnevis, Mohammad Ali Partovi, Behrooz Haghei — fûmes arrêtés en essayant de nous évader. Cela fut la meilleure des excuses pour permettre à la police de nous assassiner. Après avoir été arrêtés, nous fûmes battus si sévèrement qu’au bout de quelques minutes il ne restait plus rien de nos vêtements, lunettes et montres. Après plusieurs jours de torture constante et de pseudo-interrogatoires, nos cheveux et nos moustaches furent rasés d’une façon ridicule.

Accusant faussement l’un de nos compagnons, Behrooz Sani’e, et un étudiant du Collège agricole de Karaj de « tentative d’évasion », ils nous soumirent tous à la torture en même temps. Alors, sans aucune honte et se moquant totalement de nos droits les plus élémentaires, les gardiens nous introduisirent leurs bâtons dans le rectum sous le regard de prisonniers de droit commun. Au bout d’une semaine de torture physique et psychologique dans les cellules torrides et nauséabondes, Behrooz Sanei mourut et fut ainsi sauvé de l’agonie et de la mort lente.

Pendant ces quatre mois de torture ininterrompue, on ne nous donnait même pas suffisamment de pain à manger et nous ne fûmes jamais autorisés à utiliser suffisamment d’eau. On ne nous permettait pas d’aller aux toilettes sans les chaînes aux pieds. Dans ces conditions, nous étions obligés d’utiliser nos cellules comme toilettes. Nous étions restés enchaînés si longtemps que non seulement les chaînes nous avaient blessé les pieds, mais qu’elles avaient rouillé et qu’elles se cassèrent.

Au bout d’un certain temps, on nous mit chacun dans des cellules séparées. Pendant 24 heures, la police cogna constamment sur les toits, créant un écho effrayant à l’intérieur des cellules. L’air contaminé et l’état de notre peau entraînèrent une infection du sang. La durée des périodes de torture, le manque d’oxygène, la chaleur insupportable et l’odeur putride, la douleur extrême due à la pression des chaînes, la privation de nourriture et d’eau en quantité suffisante nous occasionnèrent diverses maladies et une faiblesse générale de l’organisme.

Après mon transfert à la prison de Mashhad en janvier 1976, je subis un examen médical au département de chirurgie de l’hôpital de Shahnaz. Les médecins recommandèrent une opération de l’intestin et des analyses de sang et d’urine pour savoir si j’avais la tuberculose. On découvrit que mes poumons fonctionnaient mal. J’ai dépensé des milliers de tomans de mon argent personnel pour acheter des médicaments. Et maintenant, 36 mois après la recommandation des médecins, les autorités pénitentiaires n’ont fait aucun arrangement pour l’opération ou pour faire soigner mes poumons.

Plus tard, lorsque je fus transféré à la prison de Tabriz, je subis un autre examen en février 1977, et de nouveau je fus signalé comme devant être opéré et soigné. Cependant, les autorités n’ont pas levé le petit doigt. Une telle indifférence a encore accru mes problèmes de santé. Cette négligence est la pratique courante et menace la vie de centaines de prisonniers politiques.

  1. J’en appelle à toutes les organisations autorisées, en particulier à l’honorable direction de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, au Comité de défense des prisonniers politiques iraniens, à la Croix-Rouge internationale, au Comité pour la défense et le progrès des droits de l’homme en Iran, et au Monde, journal estimé et progressiste, pour qu’ils utilisent leur pouvoir et leurs possibilités d’initiative pour organiser un tribunal international et mettre en accusation tous les tortionnaires iraniens, en particulier ceux qui sont responsables de la mort de mon compagnon de cellule, Behrooz Sanei, étudiant du Collège agricole de Karaj.
  2. Je vous demande de sauver la vie de milliers de prisonniers politiques en faisant progresser la reconnaissance des droits de l’homme et en exigeant le renforcement des normes internationales en ce qui concerne ces droits.

Avec le respect qui vous est dû,

Behrooz Haghi Mani’e, prisonnier politique à Tabriz, Iran

Avril 1978

L'appel que nous publions ci-dessous a été rendu public le 23 avril par 32 prisonniers politiques de Tabriz en Iran. La traduction en a été assurée par le Comité pour la liberté artistique et intellectuelle en Iran, qui fait circuler l'appel internationalement.

À l'honorable direction de la Commission des Nations Unies sur les droits de l'homme :

Nous, groupe de prisonniers politiques de Tabriz, vous informons respectueusement que nous avons été arrêtés par des agents de la SAVAK (la police secrète iranienne) parce que nous lisions un tract, ou un livre, ou participions à des manifestations à l'université.

Nous avons été interrogés sous la pression de tortures physiques et psychologiques. Sur la base des dossiers établis dans ces conditions, nous avons été condamnés à de longues peines de prison par des tribunaux militaires secrets qui se sont tenus à Tabriz et Téhéran.

En violation de l'article 131 du Code pénal iranien, qui condamne explicitement tous les actes de torture et de violence contre un accusé et considère comme sans valeur toutes les confessions d'auto-accusation, aussi bien que celles incriminant des tiers, extorquées par la torture.

En violation de l'article 72 du Supplément à la Loi constitutionnelle d'Iran, qui établit que *« toutes les affaires politiques doivent être soumises à des cours civiles, sauf cas indiqué par la loi »*.

En violation de l'article 76 du Supplément à la Loi constitutionnelle d'Iran, qui établit que tous les procès doivent être publics, à moins que leurs attendus ne soient considérés comme portant atteinte ou étant contraires à la moralité publique.

Et, en violation de l'article 39 du Supplément à la Loi constitutionnelle d'Iran, qui établit que *« pour les affaires politiques, des membres de la presse et un jury doivent être présents au tribunal »*, nos procès ont lieu devant des tribunaux militaires secrets et en l'absence d'un jury.

Au vu de récentes déclarations de personnalités gouvernementales à la presse ou à des organisations internationales, niant toute connaissance de l'usage de la torture dans le passé par l'Iran, nous, prisonniers politiques de Tabriz, demandons à être jugés de nouveau, par des tribunaux civils publics et en présence d'un jury.

Nous avons à maintes reprises fait parvenir aux autorités — à la fois verbalement et sous forme écrite — nos revendications des droits civiques. Elles nous ont répondu qu'exaucer nos demandes excédait les limites de l'autorité dont elles étaient investies. Nous faisons donc appel à vous pour obtenir par une prompte action satisfaction sur les points suivants :

1. Remise de tous les livres et journaux légaux iraniens et étrangers que nous apportent nos familles ;

2. Fourniture pour usage personnel de postes de radio à ondes courtes et de lecteurs de cassettes ;

3. Droit de visite de nos familles et de nos proches ;

4. Augmentation de notre ration alimentaire ;

5. Réduction des prix coûteux de l'intendance de la prison et son aménagement en coopérative ;

6. Accès au médecin de la prison et droit d'envoyer des malades dans les hôpitaux de la ville si nécessaire ;

7. Espace suffisant donné à chaque prisonnier ;

8. Institution d'ateliers de fabrication pour les prisonniers ;

9. Amélioration de la clinique dentaire de la prison et réparation de son équipement.

Comme nous n'avons reçu aucune réponse aux demandes ci-dessus, qui furent portées à l'attention de toutes les autorités responsables le 15 avril 1978, nous déclarons faire la grève des visites, à partir du 23 avril 1978.

**Signatures :**

Behrooz Haghi Mani'e, prison à vie

Ebrahim Dinkhah, prison à vie

Mohammad Azadghar, prison à vie

Sa'eed Kardan Haivaie, 15 ans de prison

Mashallah Saleemi, 7 ans de prison

Hematali Norouzpour, 10 ans de prison

Massoud Kamali, 5 ans de prison

Firooz Zalzadeh Milani, 10 ans de prison

Ebrahim Mazhabi, 5 ans de prison

Jafar Nadjafi, 10 ans de prison

Seyed Sadegh Seyed Nourani, 5 ans de prison

Majid Jamil Azar, 5 ans de prison

Gholam-Reza Partovi Nedjad, 5 ans de prison

Jebrael Zamani, 5 ans de prison

Akbar Sadeghi, 4 ans de prison

Ghafour Bahari, 5 ans de prison

Rahmat-Allah Elhami, 5 ans de prison

Hojat-Allah Elhami, 4 ans de prison

Ali Athari, 5 ans de prison

Bagher Zinali, 3 ans de prison

Rahim Saraj Rezaie, 3 ans de prison

Ahmad Lotfi-Nejad, 2 ans de prison

Majid Irvani, 4 ans de prison

Ahad Sorkhi, 7 ans de prison

Majid Jafari, 4 ans de prison

Ali Azadfar, 6 ans de prison

Mostafa Rezaie, 6 ans de prison

Mohammad-Taher Adami, 11 ans de prison

Ata Alizadeh, 4 ans de prison

Habib Kazemzadeh Mehdi, 4 ans de prison

Mohammad Bagher Farhadian, 2 ans de prison

Reza Piltan, 4 ans de prison